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map Vie des régions — Avril 2021

Sophie Leclerc - « J’ai ouvert 2 jours avant le deuxième confinement ! »

Sophie Leclerc a ouvert à Brest, dans le Finistère, son auto-école baptisée Lignes de conduite juste trois jours avant le deuxième confinement de 2020. Un choix qu’elle ne regrette absolument pas.


C’est en avril 2020, en plein cœur de la crise sanitaire du coronavirus que Sophie Leclerc prévoyait d’ouvrir son auto-école à Brest. « J’ai toujours voulu m’installer à mon compte », explique-t-elle. Pour autant tout ne s’est pas passé comme elle l’avait programmé, pic épidémique et premier confinement obligent. Aussi elle a décidé de décaler l’ouverture de son établissement en septembre 2020. Mais ce n’est que le 28 octobre qu’elle a reçu son agrément préfectoral. Soit deux jours avant le deuxième confinement. « Forcément, je n’ai pas eu d’élèves car nous ne pouvions pas enseigner », rappelle-t-elle.


Fermeture après deux jours d’ouverture…
Elle donc baissé le rideau de son auto-école. « Je n’étais pas particulièrement inquiète car j’avais payé tous les travaux liés à mon installation. J’ai par ailleurs pu maintenir la trésorerie à flots car j’avais bloqué toutes les dépenses à l’exception du paiement du loyer ». C’est donc le 15 décembre 2020 qu’elle a officiellement lancé son activité. « Dès la levée de ce deuxième confinement, des élèves sont venus se renseigner. Puis, ils se sont inscrits ». Il faut dire que son école de conduite se situe dans une rue passante où la concurrence est limitée. De plus, avant de s’installer à son compte, Sophie Leclerc avait travaillé pendant quatre ans dans une auto-école située à 500 mètres de la sienne. « J’ai eu beaucoup d’élèves dont j’avais formé les grand frères et sœurs ».


De la restauration à l’enseignement
Le parcours de Sophie Leclerc n’est pas banal. Cette Nancéenne d’origine a travaillé pendant 12 ans dans le secteur de l’hôtellerie/restauration en tant que maître d’hôtel. Ce métier l’a entraînée au Luxembourg, puis à Tahiti et en Nouvelle-Zélande. C’est à la naissance de son premier enfant qu’avec son compagnon ils ont décidé de rentrer en France « car mon métier n’était plus compatible avec une vie de famille ». Suite à un bilan de compétence pour se réorienter, le métier d’enseignant de conduite émerge. « Je ne connaissais pas du tout ce métier », reconnaît-elle. Pour le découvrir, elle décide de passer une journée dans une auto-école. C’est la révélation. « C’est le métier que je voulais faire car j’aime transmettre mon savoir. Dans la restauration, je manageais une brigade. Mon but était d’insuffler un élan à mes équipes, de les conduire vers la réussite. Il fallait s’adapter et être réactif en permanence. Ce qui est également le cas quand on enseigne la conduite ». Elle décide donc de passer le Bepecaser qu’elle obtient en 2014. Et est ensuite recrutée par l’Auto-école Bahamas, à Brest, pour laquelle elle va travailler pendant 4 ans. Mais cette entreprise dépose le bilan en 2018. C’est le choc. Cinq mois après, « le temps d’accuser le coup », Sophie Leclerc décide de s’installer à son compte.


Attentisme des élèves, mais optimisme de la gérante
Aujourd’hui, son entreprise enregistre entre trois et quatre inscriptions par semaine. Lors de la réouverture, Sophie Leclerc a tout d’abord « récupéré » des élèves ayant échoué à l’examen pratique du permis B ou ayant obtenu leur Code en ligne. Puis, d’autres sont venus s’inscrire pour suivre l’ensemble de la formation. La partie théorique se déroule en visioconférence via la plateforme de Codes Rousseau. « Les élèves sont assez satisfaits dans l’ensemble, même si de mon côté je préfèrerais les avoir en face de moi. Mais nous n’avons pas le choix et nous devons nous adapter ». Tout comme elle a dû s’adapter aux mesures sanitaires imposées dans la voiture. « Elles ne créent pas de difficultés particulières, excepté le port du masque qui impacte la compréhension des élèves. Il faut parler fort. C’est plus gênant qu’embêtant », reconnaît-elle. Si l’activité a bien démarré et n’a pas été impactée par l’instauration du couvre-feu, Sophie Leclerc observe un attentisme dès que les média annoncent une conférence de presse du gouvernement sur les mesures de restriction sanitaire. « Il y a un attentisme lié à l’incertitude de ce qui sera mis en place. Une fois que les décisions gouvernementales sont prises, les élèves viennent s’inscrire. Ce qui n’empêche pas que nous n’avons aucun visibilité ». Pour autant, Sophie Leclerc ne va pas baisser les bras. Loin de là. « Je n’ai aucun regret et j’irai au bout de mon projet ». Et elle compte bien obtenir sa labellisation au printemps 2021. 


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