Le 1er mars dernier, Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, en charge des PME, a reçu à Bercy, les fédérations patronales de la profession, afin de discuter et élaborer un plan de relance pour le secteur de la formation à la conduite.
Un ministre à l’écoute, ouvert à la discussion et en demande de propositions émanant de la profession. Tel est apparu, une nouvelle fois, Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, en charge des PME. Souvenez-vous, le 4 décembre 2020, il s’était rendu à l’auto-école Dalayrac, à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, avant de tenir une réunion à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne en présence de plusieurs écoles de conduite et des organisations syndicales. L’objectif était d’établir un premier bilan concernant la reprise d’activité des auto-écoles à la sortie du deuxième confinement et d’évaluer les difficultés et les besoins de la profession.
Les fédérations invitées à Bercy
Un premier contact qui n’est pas resté sans suite. Le ministre a en effet convié les représentants de la profession à participer à une nouvelle réunion, au ministère de l’Économie, le 1er mars 2021, pour avancer sur le plan de relance. Étaient présents : les trois syndicats (CNPA-ESR, UNIC et UNIDEC), le dirigeant d’En Voiture Simone, ainsi que la déléguée à la Sécurité routière, Marie Gautier-Melleray, qui assistait à la réunion par visioconférence.
Un plan de relance en trois axes
Les discussions ont porté sur un plan de relance pour la profession qui s’articule autour de trois axes : l’aide à l’innovation des écoles de conduite, le « verdissement » de leurs flottes et l’aide au financement de la formation au permis de conduire pour les élèves. Concernant l’aide à l’innovation des écoles de conduite, les fédérations ont redemandé la création d’un fonds destiné à aider les écoles de conduite de proximité à se moderniser afin d’intégrer de vrais parcours d’enseignement collectif digitaux comprenant des simulateurs de conduite, un équipement en salle en matériel visio, mais également des tablettes numériques, etc. Une aide financière qui permettrait également d’avoir des locaux plus spacieux -et donc plus chers- pour installer correctement tous ces nouveaux outils pédagogiques. Pour ce qui est de la transition vers une flotte dite plus propre, la profession n’est pas réfractaire à travailler avec des véhicules électriques. Mais elle demande à bénéficier d’aides comme les particuliers, afin que l’acquisition de véhicules électriques ne pèse pas plus lourdement sur la trésorerie de l’auto-école qu’une flotte de véhicules thermiques. La profession demande également que le déploiement des bornes de chargement s’accélère afin de faciliter l’utilisation des véhicules électriques dans le cadre de la formation à la conduite. Alain Griset a affirmé travailler sur ces sujets qui devraient, selon lui, aboutir d’ici deux ans. Enfin, pour inciter les jeunes à passer leur permis sur un véhicule électrique qui donne droit à conduire uniquement un véhicule à boîte automatique, mais ne pas les pénaliser s’ils doivent conduire un véhicule à boîte manuelle (dans le cadre de leur travail, par exemple), le CNPA-ESR et l’UNIDEC demandent la suppression du délai de 3 mois pour pouvoir suivre la formation de 7 heures sur boîte manuelle en école de conduite. L’UNIC se dit défavorable à cette proposition, contrairement au ministre. De son côté, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière a indiqué qu’elle n’était pas opposée à cette mesure qui relève du ministère de l’Intérieur à qui elle allait soumettre la demande. Dernier volet du plan de relance : les aides au financement de la formation au permis de conduire pour permettre à un plus grand nombre de Français de passer le permis. Les fédérations ont, à nouveau, demander la portabilité du Compte formation personnel des parents vers les enfants. Mais sur ce point, le ministère a affirmé qu’il se heurtait à un blocage de la part du ministère du Travail. Par contre, Alain Griset a dit constater une baisse du permis à 1 euro par jour comme mode de financement. C’est pourquoi, il voudrait augmenter l’assiette en passant de 1 200 à 1 800 euros pour toucher un plus grand nombre de bénéficiaires potentiels. Les syndicats ont cependant souligné que le premier frein portait sur le manque d’informations et de fléchage du dispositif. Par ailleurs, il serait intéressant d’assouplir la fourchette de remboursement, en permettant de verser non pas un euro par jour, mais plus. C’est souvent une demande des élèves et de leurs parents qui voudraient rembourser plus rapidement le coût de la formation. à l’heure où nous bouclons ce magazine, les fédérations n’avaient pas eu de retour de la part d’Alain Griset, mais le ministre s’est engagé à les recontacter pour poursuivre la construction du plan de relance.