Dans le Nord et le Pas-de-Calais, Yoann Lahousse a créé quatre établissements d’enseignement à la conduite 100% connectés. Ce recours au numérique lui permet de proposer des formations au permis B à moins de 1 000 euros. Explications.
Deux ans. C’est le temps qu’il a fallu à Yoann Lahousse pour peaufiner son projet d’auto-école 100 % connectée. Son postulat : proposer une formation au permis B pour un coût inférieur à 1 000 euros. « La numérisation a permis de diviser par presque deux le prix du permis », affirme ce dirigeant à la tête de quatre établissements situés à Aires-sur-la-Lyse, Saint-Omer, Arques et Hazebrouk. Pour cela, il a supprimé un ensemble de coûts qui, au final, alourdissent la facture payée par les élèves : frais administratifs, frais d’inscription…
Objectif : faciliter l’insertion des jeunes dans la vie active
« Mon objectif est de faciliter l’insertion des jeunes dans la vie active et le permis de conduire est un élément essentiel pour cela », explique-t-il. « Or le premier critère de choix d’une école de conduite tient au prix car les jeunes n’ont pas de budget pharamineux ». Autre facteur d’attractivité grâce à la numérisation de l’activité : l’allègement des contraintes administratives « qui prennent généralement beaucoup de temps », souligne Yoann Lahousse. En effet, avec l’aide d’un webmaster, il a créé une plateforme administrative destinée à ces opérations. « Chez nous, tout peut se faire en ligne : l’inscription aux examens, la réservation des heures de conduite ». Le chef d’entreprise utilise également une application mobile appelée SAROOL. Téléchargée par tous ses élèves, celle-ci permet de rester en contact avec eux 24h/24. L’application permet également de recevoir des notifications et les documents administratifs tels que l’ANTS, le NEPH… « Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas un crayon dans la poche mais un téléphone mobile. C’est leur outil de communication sur lequel nous nous appuyons. » Évidemment, le développement de ces outils digitaux a nécessité un investissement. « Quelques milliers d’euros », déclare Yoann Lahousse sans plus de précision.
Pas cher, mais pas low-cost
Fier du passage à l’ère numérique de ses établissements, cet ancien gendarme qui est passé « de la répression à la prévention » en devenant enseignant de conduite ne souhait, pour autant, pas aller vers le tout en ligne. « Les élèves ont besoin de la présence d’un moniteur. Cela les rassure ». Si les apprentis conducteurs commencent par étudier le Code en ligne, ils sont fortement incités à assister une fois par mois aux cours en salle. « Contrairement aux plateformes en ligne où les élèves sont seuls devant leur ordinateur, nous sommes derrière eux. Notre rôle est de les responsabiliser, de les rendre autonomes au travers de la prise en charge des démarches administratives. Nous leur laissons aussi la possibilité d’évaluer s’ils sont prêts à passer l’examen ». En sachant que les sept enseignants et enseignantes de cette entreprise ont fort heureusement le dernier mot. « Nous avons établi un suivi personnalisé de chaque élève. Nous contrôlons leur travail, évaluons s’ils sont prêts à passer l’examen. En fin de compte, nous avons très peu d’échecs ». Pour le code, Connect Permis affiche un taux de réussite supérieur à 96 %. Celui de la conduite se situe entre 60 et 70 % pour une quarantaine d’élèves présentés chaque mois à l’examen pratique. « Ce n’est pas parce que nous pratiquons des prix bas que nous sommes une auto-école low-cost », tient à préciser Yoann Lahousse.
Ouverture d’une quatrième agence à la fin du premier confinement
C’est en 2018 que ce chef d’entreprise s’est installé à son compte. Depuis, cet établissement connaît un fort développement que l’épidémie de coronavirus n’a pas freiné. « Depuis mai 2020, les inscriptions augmentent de 40 % par mois », affirme-t-il. C’est notamment pour répondre à cette demande que Yoann Lahousse a ouvert un quatrième établissement à la sortie du premier confinement. « Le numérique nous a permis de fortement communiquer pendant cette période et de rester en contact avec nos élèves. Donc de développer notre clientèle ».
Vers la labellisation de Connect Permis
La prochaine étape va consister à décrocher d’ici la fin de l’année la labellisation de son entreprise. « Elle validera la qualité de notre enseignement », estime Yoann Lahousse. Tout comme il prévoit de proposer à court terme la préparation au permis deux-roues. « Nous faisons régulièrement des études de marché pour répondre à la demande. Nous adressons aussi des questionnaires de satisfaction afin d’apporter des améliorations à notre enseignement. J’ai une gestion militaire de mon entreprise ! ». Et visiblement, ça marche (au pas) !