De plus en plus de villes décident d’abaisser la vitesse maximale à 30 km/h dans certaines rues. Cette mesure est-elle acceptée et respectée par les automobilistes ?
Depuis le 31 août dernier, la vitesse maximale autorisée a été abaissée à 30 km/h dans la majeure partie des rues de Nantes. Cela concerne 600 km de voirie, soit 80 % contre 43 % en décembre 2019. Une décision qui a été prise par le conseil municipal à la sortie du confinement, afin de renforcer la sécurité de tous, piétons mais aussi cyclistes dont le nombre a considérablement augmenté. Une façon également, toujours selon la mairie de Nantes, de réduire les nuisances sonores. Cette décision s’inscrit dans le cadre du plan piéton-vélo et les habitants sont invités à donner leur avis sur Internet jusqu’au 15 octobre. Nantes n’est pas pionnière en la matière. Dès 2016, Grenoble avait vu la vitesse maximale autorisée abaissée à 30 km/h, sous l’impulsion du maire écologiste, Éric Piolle. Même chose à Strasbourg et peut-être bientôt à Paris, où la maire Anne Hidalgo ne cache pas son désir de passer toutes les rues de la Capitale à 30 km/h.
Une prise de conscience qui ne se traduit pas dans les actes
Cette mesure est-elle respectée ? Eléments de réponse avec Le Nouvel observatoire des risques routiers et de la mobilité, réalisé par les associations Prévention Routière et Attitude Prévention en partenariat avec Opinionway. Selon l’observatoire, 89 % des conducteurs reconnaissent que le passage de 50 à 30 km/h réduit la distance de freinage en cas d’urgence, 82 % que cela diminue le risque de blesser un piéton en cas de collision, 78 % que cela permet de mieux voir ce qui se passe aux abords de la route et 73 % que cela favorise le partage de la route. Par ailleurs, 9 Français sur 10 plébiscitent l’abaissement de la vitesse près des écoles. Mais cette prise de conscience se traduit-elle par des actes ? Pas vraiment. Si l’on en croit l’observatoire, 74 % avouent avoir du mal à respecter la limitation à 30 km/h. Un constat qui descend à 28 % lorsque la vitesse est limitée à 50 km/h en ville et 12 % pour 130 km/h sur autoroute. Grâce à une méthode d’enquête plus poussée que le simple sondage basé sur du déclaratif, Le Nouvel observatoire des risques routiers et de la mobilité permet de confronter les déclarations à la réalité du terrain. Ainsi, il a été observé que pendant 20,2 % du temps de circulation dans les zones 30, les automobilistes roulent au-dessus de cette limite. Cependant, à l’approche d’une école, ils lèvent plus facilement le pied puisque seul 10 % du temps, le véhicule est au-dessus des 30 km/h. Par ailleurs, on remarque que plus la limitation de vitesse est élevée, plus elle est respectée. Ce taux passe donc à 11,5 % pour les limitations de vitesse à 50 km/h et à 3,2 % pour 130 km/h. Il sera intéressant de mener l’enquête sur plusieurs années pour voir si le taux d’acceptation et surtout de respect de la limitation de vitesse, notamment à 30 km/h, augmente.