Début novembre, les transporteurs, auto-écoles, taxis et ambulanciers ont bloqué les principaux carrefours routiers de l’île. Outre une baisse de 10 centimes du gazole par les pétroliers, ils ont obtenu une enveloppe de 2,5 millions d’euros par la région.Cinq jours durant, du 6 au 10 novembre, des professionnels de la route – auto-écoles, transporteurs, taxis et ambulanciers – ont bloqué la Réunion en installant des barrages routiers aux principaux carrefours routiers de l’île. Au cœur de leur mécontentement : le prix trop élevé du carburant. Réunis en intersyndicale, ils demandaient une baisse de 20 centimes d’euros du prix du carburant.
Du côté des écoles de conduite, c’est le CNPA (conseil national des professions automobiles) branche Formation du conducteur (FDC) de la Réunion qui a appelé à la mobilisation. Environ une cinquantaine de véhicules-écoles se sont répartis à différents barrages, situés au pont de la rivière Saint-Étienne (entre Saint-Pierre et Saint-Louis), à Saint-Denis (au nord de l’île), au Tampon, à Saint-Joseph et à Saint-Pierre (au sud) avec pour ce dernier barrage des poids lourds et super lourds. « La Réunion était paralysée. Aux barrages filtrants, nous laissions passer au ralenti les voitures particulières, mais aucun véhicule touchant à l'activité professionnelle (fourgonnette, poids lourd, taxi, auto-école) », témoigne Léonus Dubard, président du CNPA - FDC réunionais.
MENACE DE GRÈVE DÈS OCTOBRELes menaces de grève ont été lancées début octobre. L’intersyndicale réclamait alors une table ronde avec les institutions et collectivités locales. Et si les professionnels se sont mobilisés, c’est que cette table ronde ne pointait pas le bout de son nez et aussi parce que « au départ, la région et l’État ne voulaient rien donner », explique Léonus Dubard.
D’ailleurs, le premier geste a été accompli par les compagnies pétrolières, selon le président du syndicat : « Une première ristourne de 5 centimes d’euros a été consentie par les pétroliers, puis une deuxième, également de 5 centimes ». L’ensemble des automobilistes bénéficient donc depuis novembre de cette baisse du prix du carburant, qui établit le tarif du gazole à 1,15 euro le litre et celui du sans plomb à 1,44 euro.
Le 10 novembre, l’intersyndicale a finalement été reçue à la chambre de commerce, en présence notamment du vice-président de la région. Région, qui a fini par accorder une enveloppe de 2,5 millions d'euros, provenant de l'excédent d'octroi de mer (taxe sur les produits qui entrent à La Réunion).
DEMANDE D’UN CARBURANT DÉTAXÉ POUR LES AUTO-ÉCOLESLe 19 novembre, les transporteurs se sont réunis pour décider des modalités de partage de cette somme. « Pour les auto-écoles, sera versé 65 euros par mois et par véhicule dans la limite de 10 véhicules par entreprise », explique Léonus Dubard. Cette aide s’applique pour la première fois sur les factures du 14 novembre au 15 décembre.
« Nous ne sommes pas vraiment satisfaits de ce que nous avons obtenu, car nous savons qu’à l’épuisement des 2,5 millions d’euros, il faudra trouver une solution, déclare Léonus Dubard. Nous voudrions que les auto-écoles soient reconnues comme faisant partie des professionnels de la route pour bénéficier d’un carburant détaxé. Au CNPA - FDC, nous allons faire un courrier aux membres du gouvernement pour demander que les auto-écoles bénéficient d’un système de détaxe ».
Bérengère Huvey