Après deux mois de fermeture administrative, l’activité a repris à plein régime pour la plupart des écoles de conduite. Pour autant, à la vue de leur trésorerie, nombre d’exploitants s’inquiètent pour l’avenir de leur entreprise. Voici quelques conseils pour redresser la barre.
Dès le début du confinement, le ministère des Finances a pris plusieurs mesures pour éviter au maximum la faillite des entreprises françaises.
Solliciter le prêt garanti par l’Etat
Parmi elles, le prêt garanti par l’Etat (PGE). Beaucoup d’écoles de conduite ont déjà déposé un dossier. Si vous ne l’avez pas fait, sachez qu’il n’est pas trop tard. En effet, le dispositif reste ouvert jusqu’au 31 décembre 2020. Le prêt accordé peut aller jusqu’à trois années de chiffre d’affaires ou deux années de masse salariales pour les nouvelles entreprises. Pour obtenir un prêt, vous devez vous adresser à votre banque habituelle pour obtenir un accord de principe. Puis, avec cet accord, connectez-vous sur Attestation-pge.bpifrance.fr pour créer votre attestation. Enfin, adressez-la à votre banque pour valider le prêt. Le principe est le suivant : vous ne remboursez rien la première année, puis vous pouvez rembourser sur une durée de cinq ans, avec un taux qui varie en fonction des établissements bancaires.
Souscrire un prêt sans garantie
Il est également possible de demander un prêt sans garantie à la Bpi. Si, par exemple, vous n’êtes pas éligible au PGE, il existe le prêt Rebond qui peut aller de 10 000 à 30 000 euros selon les régions. Il est remboursable sur sept ans, avec un différé de deux ans, avec un taux fixe préférentiel pouvant varier selon les régions. À noter que le prêt Rebond peut être cumulé avec le PGE. Si vous avez un besoin de trésorerie ponctuel, vous pouvez aussi vous tourner vers le prêt Atout. Les montants octroyés vont de 50 000 à 5 000 000 euros pour une PME.
Demander à reporter ses échéances fiscales et sociales
Pendant le confinement, le gouvernement a permis de reporter les dettes fiscales et sociales. L’activité ayant repris, il est toujours possible de demander à reporter les dettes fiscales et sociales, exceptée la part salariale. Pour cela, il faut adresser un dossier à la Commission départementale des chefs des services financiers (CCSF) proposant un étalement de la dette sur une durée n’excédant pas 24 mois. Un formulaire de demande de délai de paiement simplifié pour les entreprises de moins de dix salariés est téléchargeable sur impots.gouv.fr. Sachez que le fait de saisir la CCSF évite que votre entreprise soit identifiée comme mauvais payeur sur votre Kbis.
Négocier avec les fournisseurs
Pour beaucoup, arrêt de l’activité a signifié : arrêt de rentrée d’argent. Si votre trésorerie est au plus bas et qu’il vous est difficile, voir impossible de régler vos fournisseurs, l’erreur serait de faire l’autruche. Au contraire, prenez les devant en contactant directement vos fournisseurs pour essayer de négocier des délais de paiement. Dans le cas d’une école de conduite, le nombre de fournisseurs est relativement restreint. Si cela vous paraît trop compliqué, mais que vous n’êtes pas en situation de cessation de paiement, sachez que vous pouvez vous tourner vers le tribunal de commerce pour ouvrir une procédure de mandat ad hoc. Un mandataire que vous pouvez choisir vous-même ou qui est nommé par le président du tribunal se charge de négocier avec vos créanciers. Ce dernier est nommé pour trois mois renouvelables. Si votre entreprise est en cessation de paiement depuis moins de 45 jours, vous pouvez avoir recours à la procédure de conciliation. Dans ce cas, c’est un conciliateur qui sera nommé pour quatre mois. Troisième option, si la situation financière de votre entreprise est plus grave mais que vous n’êtes tout de même pas en situation de cessation de paiement, vous pouvez opter pour une procédure de sauvegarde. Cela vous permet de suspendre vos dettes pendant dix-huit mois, en attendant des rentrées d’argent si vous savez que c’est prévu. De prime abord, l’idée de placer son entreprise en procédure de sauvegarde peut faire peur. Pourtant, il ne faut pas l’écarter car cela peut permettre à une entreprise de passer un moment difficile, avant de repartir sur de bonnes bases. Or, l’arrêt de l’activité pendant deux mois dû à la fermeture administrative des écoles de conduite est un événement exceptionnel difficile à gérer pour des petites structures, même si ces dernières n’étaient pas en grande difficulté avant la crise du coronavirus.
S’entourer pour tenir financièrement et mentalement
Un seul mot : anticipez ! N’attendez pas d’être dans une situation inextricable pour réagir. Gérer une entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a forcément des hauts et des bas. Surtout, il n’y a pas de honte à avoir à demander de l’aide. Comme on vient de le voir, il existe différentes procédures pour éviter la faillite de votre entreprise. N’hésitez pas à les solliciter. Pensez également à vous entourer, en demandant conseils auprès des chambres de commerce et de l’industrie ou de collègues de la profession via les syndicats et les réseaux. Mais ne restez pas isolé !