Le 28 juillet dernier, une journée de prévention a été menée à Digne-les-Bains, chef-lieu du département des Alpes-de-Haute-Provence pour inciter les motards à s’équiper d’un gilet airbag.
Les chiffres sont éloquents. Sur le département des Alpes-de-Haute-Provence, les conducteurs de deux-roues motorisés ne représentent que 15% du trafic routier au plus fort de la saison estivale, mais sont impliqués dans 32% des accidents. Et cela concerne principalement des locaux puisque les deux-tiers des victimes de la route en deux-roues sont des résidents, souligne Charlie Roch, affilié au groupement ECF et à l’UNIDEC.
Un réseau routier exigeant
En cause, un réseau routier exigeant, avec des petites routes sinueuses sans grande visibilité, mais aussi souvent une vitesse inadaptée et un manque d’équipement de sécurité des motards. C’est pourquoi le département a organisé, le 28 juillet dernier, à Digne-les-Bains, une action visant à sensibiliser les conducteurs de deux-roues motorisés aux risques routiers et les inciter à s’équiper d’un gilet airbag.
Une démonstration de l’utilisation du gilet airbag
Ainsi, une présentation sur des mannequins de tous les types de gilets airbags a permis d’expliquer le fonctionnement, les avantages et inconvénients de chacun. Une démonstration de déclenchement a été proposée par le Pôle Éducation Routière DDT. Enfin, les participants ont pu assister à une mise en situation effectuée par Charlie Roch. Ce dernier a évolué à allure lente en butée de braquage et à allure normale « pour prouver que le port de cette protection ne gênait en rien la conduite de la machine et qu’elle ne se déclenchait pas intempestivement en cas d’oubli lors de la descente du pilote ». Enfin, un stand était consacré à la trajectoire de sécurité, avec des explications données par les gendarmes de l’Escadron de sécurité routière.
Une opération dans la continuité du PDASR
Cette opération s’inscrit dans la continuité du Plan départemental d’actions de sécurité routière (PDASR). Une première phase de sensibilisation avait été initiée, avec la participation des moto-écoles, des IPCSR et des concessionnaires de la région. Lors des examens, les IPCSR qui avaient reçu un gilet airbag, effectuaient systématiquement une démonstration avec cet équipement. Les jeunes recevaient ensuite un bon de réduction à valoir sur l’achat d’un gilet airbag. Malheureusement, « le bilan que nous avons dressé de cette première phase expérimentale, aussi encourageante soit-elle, s’est avérée en demi-teinte, regrette Charlie Roch. Dans les faits, les nouveaux motards ont été peu nombreux à solliciter l’aide financière pour acquérir ce gilet. Aussi une réflexion multidisciplinaire nous a convaincus d’étoffer ce dispositif ». Cette fois, les moto-écoles ont reçu trois gilets airbags financés par la DSR et se sont s’engagées à faire la promotion du port de cet équipement lors de l’apprentissage pour que leur utilisation deviennent un réflexe chez les jeunes motards. À l’issue de leur formation, ces derniers continuent à bénéficier d’un tarif préférentiel chez les concessionnaires partenaires pour l’achat d’un gilet airbag. Pour autant, le gilet n’est pas miraculeux. « Lors de la journée d’action du 28 juillet, j’ai insisté sur le fait que le gilet airbag, salvateur dans bien des cas de chutes, n’empêche pas l’accident. Pour diminuer drastiquement la sinistralité, chaque pilote doit adopter la conduite préventive, plus faite de savoirs être que de savoirs faire. Elle consiste essentiellement à prévoir le scénario le plus pessimiste face aux situations. Exemple : positionner pied et mains devant les freins à l’approche d’une zone sans visibilité. Ça ne coute rien, mais fait gagner une demie seconde, soit 24 mètres à seulement 80 km/h. De quoi peut-être faire la différence entre un coup de chaud et l’accident », conclut Charlie Roch.