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warning Sécurité routière — Juillet 2020

Catégories d’usagers : hausse de la mortalité chez les cyclomotoristes et les cyclistes

Si la voiture concentre toujours plus de la moitié des victimes de la route, cette catégorie enregistre une légère baisse de la mortalité, contrairement à celles des usagers les plus vulnérables (piétons, cyclistes) qui sont en augmentation.


En 2019, 1 622 personnes qui se trouvaient à bord d’une voiture ont trouvé la mort dans un accident de voiture. Certes, cela représente environ la moitié des victimes de la route, mais c’est un peu moins qu’en 2018 où l’on avait comptabilisé 1 637 morts, (soit 15 tués de moins). Le bilan 2019 est donc en légère baisse par rapport à 2018, année qui avait déjà compté 130 morts de moins qu’en 2017.


Motocyclistes : la baisse se poursuit
Autre catégorie dont la mortalité est en baisse : les motocyclistes qui représentent 19 % du nombre total des tués sur la route. Avec 615 décès en 2019, les motocyclistes constituent la deuxième catégorie la plus touchée, derrière les voitures. Cependant, on compte 12 morts de moins chez les motocyclistes en 2019 par rapport à 2018 (soit - 2 %). À noter que 2018 avait déjà enregistré une baisse de la mortalité routière dans cette catégorie, avec 47 morts de moins par rapport à 2017, (soit -  6 %). La baisse bénéficie surtout aux 35-44 ans.


Véhicules lourds : la catégorie la moins accidentogène
Enfin, dernière catégorie qui enregistre une baisse de la mortalité routière en 2019 : les poids lourds. Avec 36 décès comptabilisés en 2019 contre 44 en 2018, cette catégorie est en diminution de 18  % par rapport à 2018. On notera que la catégorie PL ne représente que 1  % des victimes de la route alors qu’elle constitue une part importante du trafic routier sur le réseau français. Par ailleurs, ce sont les transports en commun qui comptabilisent le moins de morts, avec 4 morts en 2019 contre 3 en 2018. Par contre, on déplore que la mortalité routière de la catégorie des véhicules utilitaires qui était en baisse en 2018 (7 morts de moins qu’en 2017) est en hausse de 7  % en 2019 par rapport à 2018. En effet, on compte 6 morts de plus. Et fait préoccupant, 9 tués de plus chez les 18-24 ans.


Stabilité chez les cyclos
Avec 1 décès de plus en 2019 par rapport à 2018, la mortalité dans la catégorie des cyclos reste stable (134 tués en 2019 contre 133 en 2018) après une augmentation de 14  % en 2018 par rapport à 2017 (133 morts contre 117 en 2017). C’est plutôt rassurant, d’autant que le nombre de motocyclettes est en forte diminution ces dernières années.


Mortalité en hausse chez les cyclistes et les piétons
Autre phénomène préoccupant, l’augmentation du nombre de morts chez les cyclistes. Avec 187 décès en 2019, cela constitue une hausse de 7  % par rapport à 2018 (175 morts). Rien d’étonnant au regard de l’augmentation de ce mode de déplacement, qui, entre les grèves régulières de transports en commun et le coronavirus, devrait continuer à se développer notamment en milieu urbain. On constate que cette hausse de la mortalité chez les cyclistes touche surtout les ­55-64 ans. Alors, on a coutume de dire que « le vélo, ça ne s’oublie pas », mais il serait peut-être utile de penser à développer des formations courtes de pratique du vélo pour apprendre ou réapprendre à tenir l’équilibre, mais aussi à comprendre les règles du Code de la route qui s’applique au vélo. Sans parler du tracé des pistes cyclables qui n’est pas toujours très facile à comprendre… On notera que pour la première année, l’ONISR prend en compte dans son bilan d’accidentologie, la catégorie des Engins de déplacement personnel (EDP) motorisés. Une catégorie qui a enregistré 10 morts en 2019. Enfin dernière catégorie à enregistrer une augmentation de la mortalité en 2019 : les piétons. 483 piétons ont été victime d’un accident de la route et ont trouvé la mort, soit 12 de plus qu’en 2018, dont 1 usager d’EDP non motorisé que l’ONISR comptabilise dans cette catégorie. La catégorie des piétons représente 15 % des personnes décédées dans un accident de la route, et vient en troisième position après les voitures (50  %) et les motocyclistes (19  %). D’où l’importance de mettre en place des mesures pour les rendre plus visibles par les autres usagers de la route, comme le fait de supprimer des places de stationnement en amont des feux tricolores pour éviter que les piétons ne soient cachés par un véhicule stationné. On constate par ailleurs que la mortalité des piétons touchent essentiellement les seniors âgés de plus de 65 ans. Un phénomène qui risque de s’accentuer avec le vieillissement de la population française si l’on ne trouve pas des solutions pour mieux partager la route entre usagers de mobilité et d’âge différents. Un défi pour les années à venir.


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