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diversity_3 Social — Avril 2020

Bretagne : continuer à conduire pour rester autonome

Dans le Finistère, le dispositif Vas-Y de la fondation Ildys propose aux plus de 60 ans des ateliers de conduite destinés à les maintenir au volant pour qu’ils restent autonomes. Ces remises à niveau sont dispensées par un enseignant de la conduite et un ergothérapeute.


En 2019, trois cents Finistériens âgés de 60 ans et plus, ont suivi une ou plusieurs séances de conduite proposées par la fondation Ildys, dans le cadre du dispositif Vas-Y. Ce dispositif propose des ateliers et des conférences destinées aux seniors sur différentes thématiques dont la conduite et la mobilité. « La Bretagne est un département rural où l’usage de la voiture est primordial pour garder son autonomie et rester à domicile le plus longtemps possible quand on avance en âge », explique Justine Guiriec, ergothérapeute au sein de la fondation Ildys. Cet acteur breton de la santé et de la solidarité intervient dans les domaines de la santé, de l’accompagnement des personnes âgées et de la protection de l’enfance.


Désamorcer l’angoisse de prendre le volant
Depuis 2017, cette fondation a souhaité proposer aux plus de 60 ans une remise à niveau de leurs connaissances en matière de conduite. L’objectif : pérenniser leur capacité à se déplacer en voiture. Pour cela, elle a noué un partenariat avec l’auto-école sociale Feu Vert Mobilité. « Les personnes qui suivent nos ateliers ont passé leur permis il y a 40 ou 50 ans. La plupart ont réduit leur périmètre de conduite car elles se sont fait klaxonner ou redoutent de conduire au milieu de la circulation dense. D’autres estiment que leurs capacités attentionnelles ont diminué », poursuit Ludovic Laoc, enseignant de la conduite. À cela s’ajoute le sentiment d’être dépassé par les nouvelles réglementations : notamment les différentes limitations de vitesse, le Code de la rue, les sens giratoires, chicanes, voies d’insertion. Des éléments mal appréhendés par les Seniors provoquant de l’angoisse au volant et parfois des conduites à risques.


Identifier les habitudes de conduite
« Il s’agit de leur redonner confiance. Tout d’abord en leur permettant de suivre des ateliers sur le Code de la route et d’expliquer les signalisations qu’ils ne connaissent pas ou ne comprennent pas ». Ensuite, vient la possibilité de prendre une, deux, voire trois leçons de conduite. Mais avant de prendre le volant, chaque candidat s’entretient avec l’ergothérapeute et l’enseignant. L’objectif : recueillir leurs habitudes de conduite, de vie, leurs interrogations, leurs craintes, leurs attentes. Cet entretien comprend également un volet santé. « Nous leur demandons s’ils prennent des médicaments, observons comment ils marchent, comment ils écrivent, comment ils s’installent dans la voiture. Cela nous permet de cerner les capacités de la personne », indique Justine Guiriec.


Proposer une conduite sur mesure
Cette « check-list » achevée, le trio prend alors la route. « La première séance de conduite est du sur-mesure en ce sens où la personne choisit les lieux où elle veut aller », précise Ludovic Laoc. « Ce qui permet de la rassurer en évoluant dans l’environnement qu’elle connait. Puis au fur et à mesure, nous corrigeons les défauts et entrons dans le vif du sujet avec des mises en pratique élargies ». Telles que le franchissement d’un sens giratoire ou la conduite en secteur urbain. « Parfois nous préconisons une voiture automatique quand nous constatons que la boîte manuelle devient un peu limite en termes de gestion de la double tâche », poursuit l’ergothérapeute. « Notre but est de pérenniser leur déplacement et de trouver des solutions pour qu’ils continuent de conduire en toute sécurité ». C’est pourquoi, il leur est aussi proposé d’assister à des conférences plus ciblées sur l’audition, la vision ou de participer à des ateliers d’activité physique. « Nous sommes dans une démarche de prévention, pas d’obligation. Si nous détectons un problème de santé qui nécessite une régularisation du permis de conduire, nous les invitons à rencontrer le médecin agréé par la préfecture ». 


Christine Cabiron


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