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warning Sécurité routière — Novembre 2008

-2e journée européenne de la sécurité routière-
Des débats pour améliorer la sécurité routière en



Organisée à Paris le 13 octobre, la journée européenne de la sécurité routière a réuni environ 600 personnes autour de trois tables-rondes consacrées au thème de la sécurité routière en ville.


Les besoins des « usagers vulnérables », l’amélioration des infrastructures et l’évolution des comportements : tels étaient les thèmes des trois tables-rondes qui ont ponctué la 2e journée européenne de la sécurité routière consacrée à la sécurité routière en ville. Environ 600 personnes – associations, pouvoirs publics, entreprises… – se sont déplacées le 13 octobre à La Défense pour assister aux débats.
« Deux tiers des accidents de la route et un tiers des accidents mortels ont lieu en zone urbaine. C'est ce qui a motivé notre décision de consacrer cette deuxième édition de la Journée européenne à la sécurité routière dans nos villes », a expliqué Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne en charge des transports, pour ouvrir cette journée de discussion. « La Commission n'est certes pas directement compétente en matière de sécurité routière dans les villes, mais il nous appartient de privilégier le partage de bonnes pratiques et de sensibiliser les citoyens européens ».
PROTÉGER LES USAGERS VULNÉRABLES

Plus de 60 % de la population européenne vit en milieu urbain et 70 % des accidents se produisent dans les villes. « 33 % des tués en agglomération sont des piétons, 32 % des deux-roues, 27 % des personnes âgées. On doit absolument travailler sur ces populations les plus vulnérables », a affirmé Isabelle Kardacz, chef de l'unité « Sécurité routière » à la Commission européenne.
« Une étude pan-européenne montre que les véhicules sont principalement responsables des accidents dont sont victimes les usagers vulnérables. Il faut éduquer le plus tôt possible et sensibiliser les futurs conducteurs quand ils passent le permis », a estimé Jesper Christensen, secrétaire général de l'Association suédoise des motocyclistes.

Jill Allen-King de la Fédération européenne des malvoyants s'est faite la porte-parole des 50 millions de non-voyants européens, en soulignant leurs besoins (signal sonore aux feux, repères tactiles au sol…) et leurs difficultés (obstacles/véhicules sur le trottoir…). Selon elle, « les enseignants de la conduite devraient mieux informer ceux qui apprennent à conduire des besoins des piétons vulnérables ». Elle s'est par ailleurs élevée contre « le partage de l'espace [qui] est un concept très dangereux pour les non-voyants. Nous avons besoin que l'espace que l'on emprunte soit sûr ».


L'IMPORTANCE DE L'ÉDUCATION SOULIGNÉE


Espace partagé, qui était d'ailleurs décrit dans la table-ronde sur les infrastructures. La ville de Bohmte, en Allemagne, fait figure d'exemple. Plus de panneaux, plus de signalisation, plus de trottoirs… la route principale a été transformée en « shared space ». Selon le maire Klaus Goedejohann, la municipalité a impliqué les citoyens, tenu compte des demandes des non-voyants… « On n'a jamais vu à Bohmte des automobilistes qui roulent aussi doucement. Ils font plus attention aux piétons. Depuis début 2008, il n'y a pas eu un seul accident ».
Au cours des différentes tables-rondes, et tout particulièrement dans la troisième consacrée à l'amélioration des comportements des citoyens européens, les intervenants ont à plusieurs reprises souligné l'importance de l'éducation, et ce, dès le plus jeune âge. Chacun met en place diverses actions pour changer les comportements (message de sensibilisation aux passages piéton à Budapest en Hongrie, lutte contre l'alcool au volant en Pologne par des campagnes de sensibilisation et l'intégration de cette thématique dans la formation des auto-écoles, différents projets de travail de prévention dans les auto-écoles en Autriche, dispositif See-mi permettant d'alerter les poids lourds de la présence d'un cycliste à proximité, etc.). À chaque pays désormais de s'inspirer des meilleures pratiques…


Bérengère Huvey



VERS DES SANCTIONS ROUTIÈRES TRANSFRONTALIÈRES EN EUROPE

À l’occasion de la Journée européenne de la sécurité routière, la France a signé avec la Belgique un accord bilatéral permettant de poursuivre les contrevenants routiers de l'autre pays, comme c'est déjà le cas avec l'Allemagne, le Luxembourg et la Suisse. Ceci, en attendant l'aboutissement de la directive sur les poursuites transfrontalières, en discussion au sein de l'Union européenne. Dominique Bussereau, secrétaire d'État français aux transports, a d'ailleurs fait part de la volonté de la France de faire avancer ce dossier : « la présidence française de l'Union européenne marquera une avancée dans les mois qui viennent. Il faut que les conducteurs qui commettent une infraction dans un autre pays que le leur puissent être sanctionnés ».




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