L’auto-école Abrivado propose depuis octobre 2019 des leçons de conduite sur une Tesla model 3. Cette voiture électrique de 430 ch devrait permettre de développer la clientèle et réaliser des économies de carburant et d’entretien.
La Tesla model 3 de Louis Baissat ne passe pas inaperçue dans les rues de Lunel. Et pour cause, depuis octobre 2019, le directeur de l’auto-école Abrivado enseigne la conduite sur ce modèle venu des États‑Unis. « C’est la première fois en France qu’une Tesla est équipée de doubles commandes pour la formation à la conduite », affirme-t-il. Louis Baissat dit « avoir eu un coup de cœur » pour ce véhicule quand son fils, fan d’Elon Musk, le fondateur de SpaceX, lui a proposé d’en acheter une. « C’est la voiture du futur et j’ai eu envie de la faire découvrir à mes élèves ». Un véhicule à la pointe de la technologie. D’une part pour sa motorisation électrique mais aussi pour ses équipements avant-gardistes. Le tableau de bord a été remplacé par une tablette centrale reliée à un ordinateur de bord. « C’est à partir de là que nous paramétrons toutes les données concernant la conduite. C’est aussi sur cette tablette que s’affiche le compte-tours, la vitesse… ». Autre innovation : ses équipements. « Elle est dotée de 8 caméras et de 19 capteurs ultra‑son pour détecter les obstacles, les espaces latéraux, les bandes blanches, adapter l’allure en fonction de la courbe des virages. Selon les crash-tests du magazine Auto-Plus, c’est la voiture la plus sûre au monde. Elle ne chasse pas car des capteurs l’empêchent de déraper, notamment sur route mouillée », détaille Louis Baissat, visiblement conquis.
Des leçons un peu plus chères
Louis Baissat compte développer deux nouvelles prestations : la formation B 96 et B 78. « J’ai plusieurs demandes d’inscription en ce sens. Des personnes tractant des vans ou des grands bateaux souhaitent se former sur la Tesla », indique-t-il. Des élèves en conduite accompagnée sont eux-aussi intéressés. « Bien souvent leurs parents ont des SUV. Aussi leurs enfants sont surpris quand ils passent de la Peugeot 208 à ces voitures de grand gabarit ». Pour « s’offrir » ce modèle, l’auto-école Abrivado a dû débourser 43 000 euros, l’État ayant versé en plus une prime de 6 000 euros. Ce coût d’investissement justifie une légère augmentation du prix de l’heure de conduite. « Nous la facturons 55 euros contre 48 euros sur les Peugeot », précise le directeur. « Nous allons payer des mensualités de 700 euros TTC, soit le double que pour les 208. Mais ce n’est pas du tout la même voiture ! La Tesla est super agréable à conduire car silencieuse, souple et dotée d’une grande puissance ». Pour autant le moteur sera bridé lorsque les élèves la prendront en main. Cette opération s’effectue « à la carte » à partir de l’ordinateur de bord. « Au lieu de monter de 0 à 100 km/h en 5,2 secondes, nous atteindrons cette vitesse en 14 secondes ou plus ». Pour le directeur de l’auto-école, ce véhicule est un « superbe outil » pour aborder la transition énergétique. « Les élèves vont vite se rendre compte qu’ils bénéficieront de toutes les possibilités d’un voiture thermique avec une différence : la Tesla ne pollue pas et n’a pas besoin de passer à la pompe ! ».
Zéro entretien
Par ailleurs, outre son « côté fun » et moderne, ce modèle va générer des économies. « Une recharge de la batterie coûte entre 8 et 9 euros si on le fait à la maison ». Le tout pour une autonomie de 460 km avec des batteries garanties pendant 8 ans. Autre avantage : la Tesla ne requiert quasiment pas d’entretien. Il n’y a pas de courroie de distribution, ni de filtres à changer. Pas de vidange non plus à effectuer. « Les seules pièces qu’il faudra remplacer sont les essuie-glaces, les pneus et les plaquettes de frein. Ce qui coûtera sensiblement le même prix que pour les 208 ». Louis Baissat a fait ses calculs : il devrait économiser 3 000 euros par an. Par contre, il espère bien augmenter de 10 % le nombre d’inscriptions !