L’auto-école William’s forme les élèves qui le désirent sur une BMW i8 hybride. Un moyen de les sensibiliser à la vitesse, mais aussi de se distinguer de la concurrence et augmenter sa visibilité sur la route et sur les réseaux sociaux.
Apprendre à conduire avec plus de 360 ch sous le capot, c’est ce que propose à Rodez l’auto-école William’s. Pour cela, le directeur, William Lemaître a acheté une BMW i8. « Depuis la création de l’auto-école en 2 000, nous avons toujours eu des voitures atypiques, des Volkswagen New Beetle, puis des Mini Cooper que nous personnalisons. Ces véhicules dépoussièrent l’image un peu vieillotte de la profession ». Ils permettent aussi de se démarquer de la concurrence. « Plus nous sommes visibles, mieux c’est. Aujourd’hui, le modèle de la voiture joue beaucoup dans le choix d’une auto-école. » Alors, en plus de ses 35 Mini Cooper, William Lemaître a franchi une nouvelle étape en achetant une BMW i8. Un modèle hybride (électrique et essence), doté d’une boîte automatique « pour suivre la tendance ». Les deux moteurs couplés offrent une puissance de 362 ch. « Tout le monde me demande pourquoi mettre entre les mains des élèves un voiture aussi puissante ! Est-ce qu’on se pose la question quand on leur confie une moto de 140 ch, alors que la limitation de vitesse est la même que l’on soit à deux ou quatre roues ? ».
Répondre à la demande
« J’ai adapté un discours pédagogique autour de ces grosses cylindrées. J’explique aux élèves qu’ils peuvent faire crier le moteur sur circuit fermé, mais pas dans le flot de la circulation. Il faut toujours être humble vis-à-vis de la puissance d’un véhicule ». La motorisation hybride permet aussi de parler d’éco-conduite et de protection de l’environnement. « C’est hyper facile d’aborder ces thématiques avec une i8. La voiture est paramétrée pour indiquer les lieux où l’on peut rouler à l’électrique et ceux où il faut de la puissance ». Cet achat a été guidé par deux raisons. « Il fallait que je trouve une solution pour que l’on parle de nous. Comme outil de communication, une BMW i8, c’est juste énorme ! ». L’autre raison vise à répondre à la demande d’une partie de sa clientèle. « Depuis quelques années, des « VIP » viennent de Paris pour passer leur permis dans l’Aveyron. Nous avons formé la petite fille de Serge Dassault et les petits enfants de Jean-Claude Decaux », confie le directeur. « Tous me disaient qu’une fois leur permis en poche, ça allait les changer de passer d’une Mini Cooper à l’A8, voire à la Ferrari de leurs parents ». Il n’en a pas fallu plus pour acquérir un véhicule haut de gamme et proposer un service Premium. « C’est un produit qui permet de générer du résultat ». L’auto-école propose donc une formule à 2 990 euros correspondant à une formation de 4 jours (7 h de théorie et 14 h de pratique) intégrant un passage à l’examen. Depuis avril 2019, William’s auto-école a formé une petite dizaine d’élèves sur ce
modèle.
Communication rodée
Cette voiture est aussi un « puissant » vecteur de communication sur les réseaux sociaux. Le directeur s’est formé à ces nouvelles techniques pour maîtriser ces services et outils. « Nous utilisons des Dashcam, des GoPro et nous avons appris à monter des vidéos ». L’auto-école est aujourd’hui présente sur Facebook, Instagram, SnapChat et YouTube. « Nous organisons régulièrement des tirages au sort pour faire gagner des heures de conduite sur l’i8 ». Le tout accompagné d’un message simple : « William’s vient te chercher devant le lycée ». « J’ai juste envie de faire rêver nos élèves. Je ne m’inscris pas du tout dans un démarche de course à la puissance », insiste le directeur d’auto-école. L’heureux élu est alors pris en photo et filmé au volant de la BMW. L’objectif : avoir son heure de gloire sur la Toile. « Nous sommes dans une société où tout le monde se prend en photo. Avec ces campagnes de communication, nous avons explosé nos taux d’audience sur les réseaux sociaux. Cette BMW nous permet de sortir du lot ».
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Une auto-école 2.0 au printemps
William Lemaître est à la tête de 40 salariés et de 16 agences implantées dans quatre départements : Aveyron, Tarn, Haute-Garonne, Hérault. II prévoit d’en créer 9 autres. Si deux bureaux seront ouverts au printemps 2020 à Montpellier et Toulouse, l’Aveyronnais veut créer des agences en ligne. Pour ce projet, il vient d’achever la création d’une start-up. L’intérêt : lever des fonds auprès d’investisseurs privés afin de financer ses prochains développements. « Nous subis-sons les auto-écoles en ligne. Elles sont venues nous titiller sur notre terrain avec leurs techniques de marketing. À mon tour, je vais aller les titiller sur le leur avec les mêmes armes », résume le directeur. Et si pour l’heure, le gérant ne veut pas dévoiler sa stratégie, il conclut : « L’équilibre financier de nos structures est fragile. Nous avons perdu de la rentabilité. Il faut donc trouver des solutions pour recréer de la marge. Car ce n’est pas en faisant juste des heures de conduite que nous allons gagner de l’argent ».