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campaign Syndicats — Octobre 2019

Congrès UNIC : les raisons de la colère

Le 16ème congrès UNIC s’est tenu les 4 et 5 octobre 2019 à La Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie. Un moment de rassemblement pour les adhérents de l’UNIC qui ont exprimé leurs craintes et leur colère quant à l’avenir de leur profession qui doit faire face à une ingérence de l’État plus en plus prégnante.


Cette année, aucun représentant de la délégation à la Sécurité routière n’avait fait le déplacement au congrès de l’UNIC. Et pour cause, le syndicat n’avait pas envoyé d’invitations ! « Nous n’avons pas jugé utile d’inviter le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, car explique Philippe Colombani, président de l’UNIC, il n’apporte pas grand-chose, si ce n’est donner des informations que nous connaissons généralement déjà. Surtout, il écoute, mais au final, il applique la réforme sans tenir compte de la colère des adhérents. C’est pourquoi nous avons préféré rester entre amis et prendre du temps pour travailler sur l’avenir de l’UNIC. »


La profession spoliée de la formation théorique
Il est vrai que les sujets provoquant de la colère ne manquent pas. En tête d’une liste à la Prévert : le Service national universel (SNU) qui propose, entre autres, une préparation à l’épreuve théorique générale avec l’octroi d’un accès gratuit à une plateforme d’apprentissage en e-learning, pendant un an, en vue de se présenter à l’ETG. « On constate que l’État enlève aux écoles de conduite le peu de Code qu’il leurs reste, or c’est la partie rentable de nos établissements », s’insurge Philippe Colombani, avant d’alerter : « Mais je pense que l’État ne connaît pas bien les jeunes… Si les jeunes ont accès au e-learning pendant un an, la plupart ne vont s’y mettre que le dernier mois et échouer à l’ETG. » Autre sujet d’inquiétude : le développement de la conduite encadrée dans le cadre des Centre de formation des apprentis (CFA). Si à la base, l’idée est louable, le président de l’UNIC craint que les CFA n’embauchent leurs propres formateurs à la conduite en interne comme c’était le cas à l’armée du temps du service militaire. « Pour moi, c’est un nouveau danger pour la profession, déclare Philippe Colombani. Avec le SNU, on perd le Code. Si les CFA se mettent à former à la conduite, que va-t-il rester aux écoles de conduite ? »

Candilib, une expérimentation à surveiller de près
Dans la liste des sujets qui fâchent, le président de l’UNIC pointe également du doigt Candilib. « Cela fait trente ans que l’État n’arrive pas à gérer le problème des délais d’obtention des places d’examen. En appliquant un délai minimum plus ou moins long en fonction du nombre de fautes effectuées à ceux qui auront échoué et qui voudront repasser l’examen, l’État a trouvé un moyen de gérer indirectement le manque de places ! », ironise le président de l’UNIC. « C’est un sujet dangereux, prévient Philippe Colombani. Car si les auto-écoles pourront être mandatées pour inscrire un élève, elles devront réserver une place en indiquant son nom. Or elles ne savent pas forcément quand l’élève sera prêt à passer l’examen. Et encore moins à quel moment plusieurs de leurs élèves seront prêts en même temps, car les auto-écoles ne vont pas emmener un seul élève à la fois passer l’examen ! Cela va nous obliger à travailler autrement et c’est ni plus, ni moins qu’une intrusion de l’administration dans la gestion de nos activités. »
Une expérimentation est prévue début 2020 dans cinq départements (Aude, Gard, Gers, Haute-Garonne et Hérault) afin d’identifier les éventuels problèmes et d’améliorer le système. « De l’enfumage ! », pour Philippe Colombani, qui déplore que « les cinq départements choisis pour l’expérimentation ne sont, justement pas des départements où l’on rencontre actuellement beaucoup de problèmes. La DSR nous dit que lors d’une expérimentation, on ne peut pas tout expérimenter… Alors à quoi sert cette expérimentation ? En réalité, je pense que tout est déjà décidé et que cette expérimentation n’est rien d’autre que de l’enfumage ! ».


Le livret numérique, une intrusion de l’État…
Énervé, le président de l’UNIC l’est encore plus lorsque l’on aborde le sujet du livret numérique. Si Philippe Colombani reconnaît que le livret numérique va permettre de connaître clairement l’identité des accompagnateurs et devrait ainsi enfin donner les moyens à l’État de lutter contre les accompagnateurs qui travaillent clandestinement, il rappelle à ses adhérents que le livret comportera un grand nombre d’informations : identité de l’élève, identité des formateurs, nombre d’heures de cours, etc. « Attention, prévient-il, Bercy veut avoir accès à ces informations ! C’est la liberté des prix, mais on nous ressert les boulons, au nom de la transparence au profit du consommateur. Cette libéralisation ne nous convient pas. En fait, au nom d’une pseudo transparence, c’est la Corée du nord ! », conclut le président de l’UNIC qui ne décolère pas.


Procès Ornikar : en attente de la décision de la Cour de cassation
Un espoir cependant : la Cour de cassation a enfin examiné le 19 septembre dernier le dossier qui appose l’UNIC à Ornikar. Elle devrait rendre sa décision publique durant la première quinzaine de novembre. « Si l’on perd en cassation, cela signifiera que l’agrément deviendra national. Mais si l’on gagne, c’est un retour au procès de 2014 contre Ornikar et la lutte pour que l’agrément reste départemental reprendra. Si l’on gagne, la profession pourra remercier les adhérents de l’UNIC ! ».


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