Tandis que la réforme de l’examen moto avance, le Snica-Fo s’insurge contre la création d’un examen théorique spécifique qui ne va pas dans le sens d’une baisse du coût du permis.
Si le gouvernement a largement communiqué sur la nécessité de proposer un permis de conduire moins cher, afin de faciliter l’insertion dans la société et notamment l’insertion des jeunes dans la vie professionnelle, le Snica-Fo pointe un paradoxe. En effet, alors que l’examen moto est actuellement en cours de réforme afin de mieux préparer les futurs motards aux dangers de la route et donc de réduire l’accidentologie des deux-roues, le gouvernement travaille à la création d’une épreuve théorique spécifique pour cette catégorie. L’ETM pour « Épreuve théorique moto », sera calquée sur l’ETG, mais comportera des questions portant sur la problématique du deux-roues.
L’ETM, un coût supplémentaire ?
Pour le Snica-Fo, « cette nouveauté équivaut à un renchérissement du coût du permis de conduire dans la mesure où ces contenus étaient jusqu’alors validés gratuitement par les inspecteurs du permis de conduire lors de l’épreuve hors circulation ». Le syndicat des inspecteurs du permis de conduire souligne que « cette ETM sera désormais facturée par les prestataires privés, à l’instar de ce qui existe pour l’épreuve du Code de la route (ETG) », ce qui ne constitue pas une baisse du coût du permis puisque tous les candidats aux permis deux-roues devront passer l’ETM, même s’ils ont déjà obtenu l’ETG dans le cadre du permis B et que cette dernière est encore valable (pour rappel, l’obtention du Code de la route est valable cinq ans). Une critique qui exaspère le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, qui rappelle que les motards représentent une part très importante de l’accidentologie. Pour ce dernier, 30 euros ne pèsent pas lourd dans la balance quand il s’agit de sécurité routière, et notamment de sauver des vies.
Un risque de fraudes
Par ailleurs, le Snica-Fo craint que l’externalisation de ce nouvel examen théorique spécifique moto ne mette « en lumière de nombreuses fraudes et un taux d’échec important », avant de conclure : « À bien des égards, cette réforme du permis moto est à l’avenant de celle qui se profile pour l’enseignement de la conduite en général : confortation des plateformes Internet censées proposer un permis à moindre coût, Service national universel (SNU) vantant illusoirement les mérites d’un passage de l’ETG financé par l’État à l’issue d’une formation indigente synonyme d’un échec prévisible, inscription des élèves seuls sur Internet qui provoquera l’afflux de candidats insuffisamment préparés ».