Dans le cadre de ses actions de prévention, MMA a organisé le 12 avril dernier, le premier crash-test d’une voiture contre un mannequin utilisateur d’une trottinette. L’occasion de rappeler quelques règles de sécurité et de faire le point sur la réglementation pour le moins assez floue.
Phénomène essentiellement urbain, l’utilisation d’une trottinette électrique se développe cependant de plus en plus dans les grandes villes. Rien qu’à Paris, ce sont pas moins de 15 000 trottinettes électriques qui sont proposées à la location en libre-service et ce nombre devrait passer à 40 000 d’ici la fin de l’année. Un mode de déplacement pratique et ludique mais qui n’est pas sans dangerosité.
Des blessures souvent graves
Si l’on ne dispose pas de chiffres précis sur l’accidentalité des utilisateurs de trottinettes –les trottinettes étant comptabilisées dans la même catégorie que les rollers–, les statistiques ont recensé 284 blessés et 5 tués dans cette catégorie en 2017. « Les services hospitaliers alertent et constatent une hausse des admissions liées aux accidents de trottinettes », déclare Cécile Lechère, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. La plupart du temps, les blessés présentent des entorses, des fractures du nez et/ou des avant-bras. Mais cela peut être plus grave. Ainsi, près de 40 % souffrent d’un traumatisme crânien.
C’est pourquoi le 12 avril dernier, MMA a organisé pour la première fois, un crash-test entre une voiture roulant à 50 km/h et un mannequin de 50 kg sur une trottinette. Sans surprise, le choc a été spectaculaire. Le mannequin a été propulsé dans les airs, avant de venir taper sur le pare-brise de la voiture et de l’exploser, puis d’être projeté sur la chaussée à une dizaine de mètres.
Bien vérifier que l’on est assuré
« L’objectif est de montrer les risques encourus pour une meilleure prise de conscience des dangers de la trottinette et de délivrer des conseils pour circuler en ville », explique Cécile Lechère qui rappelle qu’il est « obligatoire de déclarer toute trottinette électrique à son assureur et de vérifier que l’on est bien couvert en cas d’accident ». Sur ce point, il n’est pas inutile de souligner que la plupart des loueurs de trottinettes dans la capital ont prévu des clauses « de décharge de responsabilité et d’acceptation des risques » dans leurs contrats. En d’autres termes, en cas d’accident, ils ne sont pas responsables.
S’équiper correctement et respecter le Code de la route
C’est pourquoi, « il est important de s’équiper d’un casque homologué, de gants, de genouillères, de coudières pour se protéger en cas de chute, mais aussi mettre des vêtements réfléchissants pour être vu par les autres usagers de la route, souligne Cécile Lechère. Il faut bien évidemment respecter le Code de la route, notamment les feux de signalisation, mais aussi laisser la priorité aux usagers vulnérables ».
Car si comme le démontre le crash-test réalisé par MMA, les utilisateurs de trottinettes sont vulnérables face à un véhicule, ils peuvent devenir eux-mêmes un danger pour les piétons. Ironie de l’histoire, le 12 avril, quelques heures après l’opération de communication de MMA, un octogénaire qui traversait sur un passage piéton à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, était percuté par un jeune homme en trottinette. Projeté à trois mètres, l’octogénaire succombait trois jours plus tard des suites d’un traumatisme crânien.
Un flou juridique
Si respecter la réglementation semble être une évidence, force est de constater que pour l’heure, il existe un flou juridique. « Sur le trottoir, il ne faut pas rouler à plus de 6 km/h » rappelle Cécile Lechère. Mais certaines villes ont décidé d’interdire la circulation des trottinettes électriques sur les trottoirs. C’est le cas de Paris, qui prévoit même une amende de 135 euros pour les contrevenants pris en flagrant délit en train de rouler sur les trottoirs. Désormais, dans la capitale, les utilisateurs de trottinettes doivent partager la route avec les autres véhicules, ce qui n’est pas forcément très sécurisant pour eux… Ils sont cependant tolérés sur les pistes cyclables et les voies de bus. Avec la multiplicité des modes de déplacement, il devient difficile de permettre à tout le monde de circuler en toute sécurité, sans gêner les autres types d’usagers. Une problématique prise en compte par la loi d’orientation des mobilités (LOM) qui devrait clarifier les règles de circulation pour les trottinettes électriques et édicter une règle applicable au niveau national. Ainsi, selon le délégué à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, une réglementation « alignée sur celle des vélos » devrait voir le jour cet été via une modification du Code de la route pour donner un statut à ces nouveaux engins de déplacement personnel (EDP).
S. A.