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school Formation — Novembre 2018

Formation post-permis de 7 heures : Quid du contenu de la formation des élèves et des enseignants ?

Si à l’heure où nous bouclons ce magazine, la date de mise en œuvre de la formation post-permis non obligatoire de 7 heures initialement prévue pour le 1er janvier 2019 devait être repoussée et que les arrêtés définissant le contenu des formations pour les élèves comme pour les enseignants n’étaient pas encore parus, La Tribune des Auto-Écoles vous présente les pistes retenues lors du dernier CSER.


La formation complémentaire de 7 heures devra se tenir au cours d’une même journée et intervenir entre six mois et un an après l’obtention d’un premier permis de conduire. Le nombre d’élèves devrait être compris entre six et douze pour les cours en salle et ne pas excéder neuf stagiaires pour les exercices sur piste.
La formation se compose d’un « module visant à améliorer la compréhension et la gestion de situations complexes » et d’un « module visant à rendre les déplacements plus sûrs et plus citoyens par des choix de mobilité responsables ».


Découpage des 7 heures du programme
Les 7 heures de formation se découpent en six séquences avec des objectifs précis. Premier point, la construction du groupe qui alterne les techniques de présentation en privilégiant les techniques dynamiques a pour but de « créer un climat favorable aux échanges et à la réflexion ». Cette séquence d’une durée de 30 minutes doit conduire les stagiaires à « faire part de leur expérience (types de trajet, situations de presqu’accident rencontrées…) ». La séquence suivante d’une durée d’une heure vise à permettre aux élèves de s’autoévaluer et plus précisément de connaître et de prendre en compte leurs limites en tant que conducteur. Cette autoévaluation s’effectue « à partir du questionnaire d’autoévaluation renseigné avant l’entrée en formation » en exploitant les réponses « de façon interactive » lors de « travaux en sous-groupe pour prendre en compte les problématiques des élèves ». À noter qu’il est possible de débuter cette séance par un exercice sur simulateur ou sur piste. La troisième séquence se déroule sur une heure et quinze minutes. Intitulée « Perception des risques », elle a pour but de permettre au conducteur novice de se positionner face au risque en se confrontant à la perception des autres. Grâce à l’utilisation de supports comme des photos et/ou des vidéos présentant des risques en situation de conduite, cette partie de la formation a pour objectif de « prendre en compte les différents points de vue », « de mettre en avant la subjectivité du risque » pour mieux l’appréhender. L’étape suivante, également d’une durée d’une heure et quinze minutes, doit normalement clôturer la matinée de formation. Elle aborde les situations complexes. Il s’agit alors de « travailler sur des situations de conduite complexes mettant en jeu plusieurs types de comportements et d’usagers » pour les comprendre et surtout les résoudre. Encore une fois, l’enseignant peut s’appuyer sur des supports visuels tels que des photos et des vidéos, voire utiliser un simulateur de conduite.
Après une matinée consacrée à « améliorer la compréhension et la gestion des situations complexes », la formation reprend l’après-midi avec cette fois un travail qui consiste à « rendre son déplacement plus sûr et plus citoyen par ses choix de mobilité responsables ». Cette seconde partie de la formation débute donc par une cinquième séquence baptisée « Choix de mobilité ». Celle-ci « s’appuie sur les réponses du questionnaire d’autoévaluation renseigné avant l’entrée en formation et qui traitent des gestions de mobilité ». Durant une heure et demie, les stagiaires vont travailler « en sous-groupe » afin de « faire émerger ce qui détermine (leurs) choix de mobilité et ce qui les influence ». Il est aussi question en utilisant « des outils statistiques présentant des modes de déplacement caractéristiques des jeunes » de « faire connaître les possibilités et l’intérêt de l’utilisation de modes alternatifs de déplacement ». Enfin, la sixième et dernière séquence intitulée « Mobilité et thématique caractérisques des jeunes » vise à « être capable de construire et anticiper ses déplacements », à « être capable de résister aux influences » et « être conscient de la conséquence de ses décisions ». Pour cela, l’enseignant est amené à travailler à partir de situations types, par exemple, les sorties festives, la conduite de nuit, les déplacements à plusieurs, la gestion des distracteurs, etc. en animant la séance avec des outils permettant d’élaborer une suite à un scénario, d’imaginer les dangers non visibles, d’aider à devenir capable de refuser, d’exprimer son désaccord, d’être une force de proposition ou encore capable de fédérer. La formation s’achève avec un bilan d’engagement. Ainsi, dix minutes sont consacrées à donner une dernière fois la parole aux stagiaires qui s’engagent chacun leur tour oralement vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis du groupe à adopter une conduite responsable.



Une formation pour les Bepecaser uniquement
Comme le précise le décret 2018-715 paru au Journal Officiel du 3 août 2018, cette formation ne pourra être proposée que par les écoles de conduite ayant un label reconnu par l’État, ainsi que les associations exerçant leur activité dans le champ de l’insertion ou la réinsertions sociales ou professionnelles à condition que ces dernières aient un label de qualité prévu par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Par ailleurs, elle doit être animée par un enseignant de la conduite qualifié. Lors du congrès CER, Emmanuel Barbe, délégué à la sécurité routière a précisé que les titulaires d’un BAFM du Titre Pro ECSR ne nécessitaient pas de formation supplémentaire pour dispenser cette nouvelle formation. Seuls les Bepecaser souhaitant animer cette journée post-permis doivent suivre une formation spécifique pour compléter leurs compétences.


Focus sur le programme de la formation des Bepecaser
Cette formation se déroule sur trois journées, chacune d’une durée de 7 heures effectives quotidiennes dans les établissements de formation agréés aux formations des candidats aux titres ou diplômes exigés pour l’exercice de la profession d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière. Le stage est animé par un BAFM et le nombre de stagiaire doit être compris entre six et quinze personnes.
La formation aborde les « savoirs et savoir-faire transversaux pour l’ensemble de la formation complémentaire » : connaissance des caractéristiques de l’accidentalité des conducteurs, des éléments de base de la psychologie de publics cible, des techniques d’animation de groupe, des principes généraux du développement durable ou encore des modes alternatifs de transport disponibles sur le territoire. Elle forme ensuite les enseignants de la conduite à l’analyse du questionnaire d’autoévaluation rempli par les conducteurs novices participant au stage post-permis, et notamment à « déterminer et à repérer les tendances du groupe et les profils des participants ». Enfin, l’essentiel de la formation de ces trois jours consiste à prendre point par point les six séquences du programme de la formation de 7 heures et à transmettre les connaissances nécessaires, ainsi que des clefs pour permettre aux enseignants de la conduite d’animer efficacement cette nouvelle formation. 


S. A.


Délivrance d’une attestation de suivi d’enseignement


Que ce soit pour la formation de trois jours pour les Bepecaser ou la formation post-permis de 7 heures pour les conducteurs novices, l’établissement de formation à la conduite délivre une attestation de suivi de formation à l’issue de l’enseignement. Dans le cas de la formation pour les Bepecaser, le responsable de l’établissement transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu de la formation, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celle-ci et conserve dans ses archives la liste des bénéficiaires de cette formation pendant cinq ans. Pour le stage post-permis, la formation complémentaire doit être déclarée au préfet du département du lieu où elle se déroule au moins huit jours avant la date prévue. Puis, l’école de conduite doit conserver pendant cinq ans, dans ses archives, la liste des bénéficiaires, ainsi que les feuilles d’émargement, qu’elle devra présenter en cas de contrôle.


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