Le groupe Sanef qui exploite 2 063 km d’autoroutes observe depuis 2012 les comportements des automobilistes sur son réseau. Cette 7ème édition de l’Observatoire Sanef des comportements met en évidence une légère amélioration, même si des efforts restent à faire.
Les conducteurs français lèvent légèrement le pied sur autoroute. C’est ce que démontre la 7ème édition de l’Observatoire Sanef. Après une stabilisation de la vitesse moyenne à 127 km/h pendant quatre ans (de 2012 à 2015), puis une augmentation en 2016 à 129 km/h, la baisse amorcée en 2017 à 218 km/h se poursuit en 2018 avec une vitesse moyenne constatée à 127 km/h. Ce résultat très positif puisque la vitesse légale sur autoroute est généralement de 130 km/h, cache cependant une réalité moins rose. En effet, étant donné que l’on parle de moyenne, il y a forcément des conducteurs qui roulent moins vite, mais aussi des automobilistes qui dépassent la vitesse légale. Ainsi, 38 % roulent au-dessus de 130 km/h et 4 % dépassent même les 150 km/h. Sur la voie de gauche, la vitesse moyenne constatée est de 137 km/h. Certes c’est au-dessus de la vitesse autorisée, mais si l’on regarde le verre à moitié plein, on constate que cela représente un point de moins qu’en 2017.
Gardez vos distances !
Rouler vite pose d’autant plus un problème de sécurité si le conducteur ne respecte pas les interdistances. Or toujours selon l’Observatoire Sanef, 23 % des conducteurs roulent trop près du véhicule qui les précède. C’est tout de même un peu moins qu’en 2017 où l’on enregistrait 25 % des conducteurs qui ne respectaient pas les distances de sécurité. Si l’on compare les trois voies d’autoroute, on constate que ce mauvais comportement est plus fréquent sur la voie du milieu (29 %) contre 22 % sur la voie de gauche et 17 % sur celle de droite.
Ne restez pas sur la voie du milieu sans raison !
Si la voie du milieu comptabilise le plus grand nombre d’automobilistes qui ne respectent pas les interdistances, c’est aussi celle qui concentre le plus de circulation. En effet, 37 % des automobilistes restent sur cette voie centrale alors qu’ils pourraient se rabattre. Une position qui semblent confortable pour ces conducteurs mais qui est interdite et peut être sanctionnée par une amende de 35 euros. Par ailleurs, ce comportement a une nette tendance à énerver fortement les autres automobilistes qui peuvent être tentés de faire une queue de poisson avant d’aller se positionner sur la voie de droite pour faire comprendre au conducteur sur la voie du milieu qu’il doit se rabattre. Quand ils ne dépassent pas par la droite, ce qui est interdit et passible d’une amende de 135 euros et d’un retrait de trois points.
Pensez aux clignotants !
Autre sujet d’agacement : les clignotants. Si cet équipement est monté de série sur tous les véhicules, certains conducteurs semblent encore penser que c’est une option. Selon l’Observatoire Sanef, en 2018, ce sont 35 % des automobilistes qui ne mettent pas leur clignotant pour indiquer une intention de dépassement. La situation se dégrade par rapport à 2017 (26 %). Et ils sont 48 % à ne pas actionner leur clignotant au moment de se rabattre. Étonnement, on observe cependant une amélioration sur ce dernier point puisqu’ils étaient 51 % en 2017.
Téléphoner ou conduire, il faut choisir !
Dernier comportement étudié : l’usage du téléphone au volant. En 2018, 5 % des conducteurs ont été surpris le téléphone à la main. Si ce chiffre semble relativement raisonnable de prime abord, il s’avère alarmant quand on sait que l’usage du téléphone en conduisant multiplie par 5 le risque d’avoir un accident. Surtout, il marque une nette hausse de ce comportement inadapté à la conduite puisqu’en 2017, le taux était de 4,1 %. D’où l’importance de faire régulièrement des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière sous plusieurs formes afin d’espérer toucher le plus grand nombre de conducteurs.