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work Gestion & management — Juillet 2018

Bien-être au travail : au volant, la santé, c’est une question de sécurité

Être enseignant de la conduite n’est pas un métier comme un autre ! Le moindre souci de santé susceptible de retentir sur votre attention, peut conduire à l’accident. Votre santé, c’est l’affaire de tous.


Les enseignants de la conduite sont responsables et tout à fait capables de sentir qu’ils ne peuvent pas assumer leurs cours quand ils sont malades. Le problème, c’est plutôt le souci de santé insidieux, évoluant à bas bruit et auquel on ne prête pas assez attention.


Ce qui peut affecter votre vigilance à votre insu
1/ Les troubles du sommeil ou/et une mauvaise hygiène de vie
• De quoi s’agit-il ? Petits ou gros dormeurs, levés à l’aube ou couche-tard, nous sommes tous différents. Une fois repérée la catégorie à laquelle vous appartenez, il n’y a plus qu’à garder le rythme. Lorsque vous êtes en phase avec vos rythmes, vous vous réveillez en forme. Si vous êtes fatigué au réveil, vous risquez de vous endormir en milieu de journée et donc pendant un cours de conduite. Les signes avant-coureur d’une baisse de vigilance sont bien connus : crispations douloureuses dans le cou, les épaules, le dos et les membres, impression d’être mal installé, envie fréquente de changer de position, picotement des yeux, tête lourde et bâillements précèdent généralement de peu les passages à vide (absences pouvant durer une vingtaine de minutes) puis l’endormissement.
• Comment y remédier ? Soyez le plus régulier possible dans vos heures de coucher et de lever et dormez dans de bonnes conditions, c’est-à-dire dans une chambre au calme, si possible plongée dans le noir complet pour ne pas perturber la sécrétion de mélatonine qui règle toutes vos horloges biologiques internes. Pour favoriser une sécrétion optimale de mélatonine, exposez-vous à la lumière naturelle de bon matin, consommez des aliments riches en mélatonine (avoine, orge, maïs, riz, tomate, banane) ou en tryptophane, son précurseur : amandes, soja, volailles, mais évitez l’alcool et le tabac qui altèrent sa production.
• À ne plus faire : normalement, durant la nuit, le taux de mélatonine augmente, la température diminue et vous sombrez dans le sommeil, sans ressentir la faim. Au lever du soleil, c’est l’inverse : sous l’action de la lumière, des cellules de la rétine envoient un message au cerveau pour lui demander de baisser la production de mélatonine et d’augmenter celle de cortisol et de ghréline qui induisent le réveil et la faim. Le problème est que la lumière bleue des ordinateurs, portables, tablettes, etc. ont exactement les mêmes effets que les rayons du soleil. Ce n’est pas sans conséquence : se coucher une heure plus tard pour passer du temps sur son portable, sa tablette ou son ordinateur fait chuter votre taux de mélatonine d’environ un quart (23 %), de quoi perturber grandement votre sommeil. Et contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les quelques recettes habituellement données – comme prendre des excitants, fumer une cigarette, ouvrir la fenêtre du véhicule, manger une sucrerie – qui vont vous réveiller après une nuit trop courte, bien au contraire. Quand l’envie de dormir est la plus forte, la seule solution est de vous octroyer une micro sieste, ce qui n’est évidemment pas compatible avec un cours de conduite, à moins d’avoir prévu une pause dédiée, après le déjeuner par exemple.


2/ Une maladie sous-jacente
• De quoi s’agit-il ? De nombreuses affections sont susceptibles d’entraîner une fatigue physique et/ou psychique, mais avec certaines d’entre elles, la fatigue est au premier plan. C’est par exemple le cas d’une hypothyroïdie (la glande thyroïdienne fonctionnant au ralenti), qui entraîne un ralentissement général de toutes les grandes fonctions de l’organisme. Autre cause fréquente de fatigue et notamment de coups de pompe, voire de malaises potentiellement dangereux au volant : un diabète mal équilibré. Il y a aussi le syndrome d’apnées du sommeil, à l’origine de très nombreux micro réveils de nuit et donc, d’une vigilance en berne le jour. Enfin, de nombreuses infections, la plupart des cancers, etc. s’accompagnent aussi d’une grosse fatigue. Parfois encore, c’est une carence qui provoque une baisse importante du tonus, la plus fréquente étant la carence en fer chez une femme sujette aux règles abondantes. À l’inverse, une surcharge en fer, le plus souvent d’origine génétique (hémochromatose), peut entraîner une fatigue chronique inexpliquée que rien ne vient soulager.
• Comment y remédier ? Contrairement à la fatigue banale, liée à une surcharge ponctuelle de travail par exemple, la fatigue pathologique ne disparaît pas avec de bonnes nuits de sommeil. C’est donc sa persistance anormale en dépit du repos, qui doit donner l’alerte. Les causes médicales d’une fatigue étant nombreuses et variées, il n’y a pas d’autre choix que de consulter en vue d’un bilan. En effet, le traitement le plus efficace d’une fatigue chronique est celui de sa cause.
• À ne plus faire : prendre des excitants ou des vitamines en cures, n’a jamais permis de résoudre l’une de ces affections. Au contraire, pendant que vous prenez ces compléments alimentaires, vous retardez le moment de voir le médecin et donc, le diagnostic et la prise d’un traitement efficace. Dans certains cas (comme une surcharge en fer par exemple), prendre des cocktails de sels minéraux et de vitamines, aggrave même le problème. Prendre des sucreries pour parer des coups de pompe alors que vous êtes peut-être diabétique sans le savoir, contribue également au déséquilibre de la maladie.


3/ De nombreux médicaments
• De quoi s’agit-il ? La liste des médicaments susceptibles de diminuer la vigilance est très longue (jusqu’à 1 700 pourraient présenter des risques à des degrés divers) : antalgiques, anti-inflammatoires, anti allergiques, antitussifs, tranquillisants, somnifères, etc. sont les plus connus, mais il y en a beaucoup d’autres. Et nous ne sommes pas tous égaux face à ce risque. Une signalisation apparaît bien sur les boîtes, avec 3 niveaux de dangers : jaune, orange ou rouge pour les plus dangereux. Mais encore faut-il respecter la consigne. Outre les médicaments susceptibles d’altérer la vigilance, il en existe qui peuvent aussi gêner la vision. Sont notamment concernés ceux qui provoquent une sécheresse oculaire ou une dilatation des pupilles. Cela peut se traduire par des symptômes gênants comme une plus grande sensibilité à la lumière, des éblouissements, une vision floue, des difficultés d’ajustement lors du passage de l’obscurité à la lumière, etc., mais les principaux intéressés ne font pas spécialement le rapprochement entre leur traitement (antihypertenseur, anti inflammatoire, anti allergique, etc.) et ces symptômes visuels, d’où l’importance de bien lire les notices et de toujours préciser à son médecin et à son pharmacien que son travail de moniteur demande une vigilance et une bonne vision de tous les instants !
• Comment y remédier ? Le médecin a souvent moyen de prescrire un autre traitement qui n’affecte pas la vigilance ou la vision à la place de celui qui a posé problème, ou encore, de le prescrire à des horaires moins gênants. Encore faut-il lui en parler et ne pas prendre d’initiative soi-même (en changeant les horaires de la prise ou en supprimant celle du matin, par exemple) car la prise en charge de la maladie reste le plus important.
• À ne plus faire : lorsque vous prenez un médicament, faites le avec de l’eau et aucune autre boisson. En effet, le jus de pamplemousse par exemple libère des enzymes qui peuvent avoir pour effet de ralentir la « digestion » du médicament : il reste alors plus longtemps dans le corps (un peu comme si vous aviez pris une dose plus forte). D’autres boissons comme l’alcool peuvent aussi interférer avec certains médicaments et en accroître les effets sur la vigilance.


4/ Des toxiques
• De quoi s’agit-il ? Les deux toxiques les plus consommés au volant et impliqués dans le plus d’accidents sont l’alcool et le cannabis. Sous l’emprise de l’alcool, le champ visuel rétrécit. De plus, celui qui a bu devient plus sensible à l’éblouissement. L’alcool altère aussi l’appréciation des distances entre deux véhicules. Et surtout, il donne l’impression que tout est possible : qu’il y a le temps de doubler quand ce n’est pas le cas, que telle manœuvre est faisable alors qu’il n’en est rien. Conséquence : une personne sous l’emprise de l’alcool prend davantage de risques alors que ses réflexes sont moindres et sa perception des obstacles, altérée. Il n’est clairement pas possible de donner un cours convenable dans de telles conditions ! Quant au cannabis qui n’a rien d’une drogue douce, il multiplie par deux les risques d’accidents mortels et par quinze en cas d’association avec de l’alcool. Le cannabis entraîne une hypersensibilité à la lumière. C’est le tétrahydrocannabinol, encore appelé THC, qui est responsable des principaux effets du cannabis et d’une vasodilatation (d’où les yeux rouges), mais aussi d’une chute de la tension artérielle parfois source de malaise. Au niveau de la rétine, le THC semble également ralentir la vitesse de l’influx nerveux qui véhicule les informations visuelles jusqu’au cerveau. Vision double, difficultés pour voir net les objets à différentes distances, spasmes incontrôlés avec fermeture des paupières, mouvements d’oscillations involontaires du globe oculaire ont également été décrits chez des consommateurs de cannabis, avec un effet dose : le risque s’accroît avec la dose consommée. Enfin, on ne compte plus les effets délétères de ces toxiques sur la santé (risque de cancers accru, altération des fonctions cognitives, etc.).
• Comment y remédier ? Ni le moniteur, ni l’élève ne doivent être sous l’emprise de l’alcool et/ou du cannabis et ce n’est pas négociable. Il ne faut pas hésiter à vous faire aider pour vous sevrer totalement : le médecin est soumis au secret professionnel et se faire ainsi « coacher » par un tiers multiplie les chances de succès.
• À ne plus faire : avec une profession qui vous oblige à passer un grand nombre d’heures sur la route, il n’est pas possible de dissocier totalement la vie privée de la vie professionnelle. En effet, l’alcool et le joint pris dans la nuit dans un cadre festif, peuvent encore avoir des effets délétères au petit matin, lors de la reprise des cours, d’autant qu’il n’y a pas de règle universelle : certains sont plus sensibles que d’autres aux effets générés par ces toxiques.


5/ Le stress
• De quoi s’agit-il ? Outre les soucis personnels du quotidien et des parents d’élèves pas toujours objectifs sur les performances de leur adolescent, le métier de moniteur demande une concentration permanente, source de stress. De là à contracter involontairement les muscles de la nuque et ainsi provoquer des maux de tête, il n’y a qu’un pas. Or plus c’est douloureux, plus c’est source de stress. Et ce stress chronique pousse à adopter des comportements qui ont prouvé leur caractère cancérigène, comme fumer ou boire trop d’alcool. Le stress chronique augmente aussi le risque d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, d’infections (en épuisant les défenses immunitaires), de troubles du sommeil, de difficultés de concentration, de troubles du comportement alimentaire, d’anxiété généralisée, de dépression, avec une baisse de l’espérance de vie à la clé. Enfin, l’excès de cortisol (hormone du stress) a enfin pour effet de bloquer la libre circulation des informations dans le cerveau. Il devient donc plus difficile de se concentrer et de prendre des décisions ou des initiatives.
• Comment y remédier ? Pour les moniteurs, tout commence par plus de confort. Il suffit parfois de revoir sa position dans la voiture – recul du siège, hauteur du volant, réglage des rétroviseurs, etc. – pour que les maux de tête liés à des petites tensions musculaires disparaissent. C’est cependant insuffisant en cas de stress important et dans ce cas, il n’y a pas d’autre choix que de trouver des parades à ces différentes sources de stress. Cela peut passer, selon les cas, par un réaménagement de l’emploi du temps, par plus de fermeté vis-à-vis des parents ou des élèves indélicats, etc. Enfin, puisque l’organisme supporte mal d’être stressé de façon chronique, il faut disposer de petits moyens pour diminuer votre niveau de stress : sport, yoga, relaxation, sorties entre amis, ateliers du rire, pratique d’un art, voyages réguliers, etc. Se faire souvent plaisir aide effectivement à mieux relativiser les soucis. Enfin, en cas de coup de stress, le simple fait de respirer amplement, avec le ventre, au rythme de 5 secondes d’inspiration et de 5 secondes d’expiration, aide à diminuer les tensions.
• À ne plus faire : laisser les problèmes s’accumuler, c’est prendre le risque d’être de plus en plus stressé. Au contraire, si vous avez prévu d’avance que tel problème pourrait survenir et que vous avez déjà réfléchi aux moyens d’y remédier, vous êtes nettement moins stressé quand cela se présente.


Ce qui affecte votre capacité à analyser la situation en temps réel
1/ Une cataracte parfois précoce (40 ans) chez le myope
• De quoi s’agit-il ? Contrairement à la cataracte touchant les plus de 65 ans, la cataracte nucléaire peut concerner des personnes beaucoup plus jeunes, parfois même des trentenaires qui ne s’attendent pas à rencontrer des problèmes oculaires de ce type. Être myope ou avoir pris des corticoïdes par voie orale au long cours, sont deux causes fréquentes de cette cataracte précoce. En cas de cataracte nucléaire, c’est un sentiment de « flou visuel » qui prédomine. La vision de près est épargnée, mais la baisse de la vision de loin peut vite évoluer. En plus de cette « myopisation », il arrive que l’un des deux yeux se mette à voir double. Mal voir de loin et voir double est évidemment très gênant sur la route, d’autant qu’à ces symptômes peuvent s’en associer d’autres, comme une perte de la vision des contrastes et un éblouissement anormal.
• Comment y remédier ? Comme avec n’importe quelle cataracte, il n’existe pas de traitement médical : il n’y a pas d’autre choix que d’opérer. Il n’est pas possible d’opérer les deux yeux le même jour : s’il y a besoin d’intervenir sur les deux, cela se fait en général avec une semaine d’intervalle. L’ophtalmologue retire le cristallin devenu opaque et le remplace par un implant à votre vue (seule l’enveloppe du cristallin reste en place). Avantage : si vous portiez des lunettes ou des lentilles auparavant, il y a de bonnes chances pour que ce ne soit plus nécessaire. Seul bémol : l’enveloppe laissée en place est très souvent le siège à son tour, d’une opacification : en moyenne dans les deux ans qui suivent. On parle alors de « cataracte secondaire » ou « d’opacification capsulaire ». Une séance de laser réalisée au cabinet de l’ophtalmologue est alors nécessaire pour retrouver une bonne vision.
• À ne plus faire : rien ne sert d’attendre si vous pensez être atteints de ces troubles visuels car il n’y a aucune chance pour qu’ils régressent, au contraire. Or la perte visuelle peut être majeure quand le noyau du cristallin est opaque.


2/ La presbytie autour de la cinquantaine
• De quoi s’agit-il ? Il ne s’agit pas d’une maladie, mais du vieillissement normal de l’œil. Le cristallin n’arrive plus à se contracter avec l’âge pour faire la mise au point et du coup, la vision de près se trouble, jusqu’à devenir impossible. Ce n’est pas tant gênant sur la route que pour remplir la fiche de suivi de l’élève.
• Comment y remédier ? Des lunettes à verres progressifs ou des lentilles progressives, permettent de voir net de près comme de loin, souvent après un petit temps d’adaptation. Et lorsqu’il y a besoin de se faire opérer de la cataracte, l’ophtalmologue peut mettre un implant (à la place du cristallin devenu opaque) qui va aussi corriger cette mauvaise vision de près. De quoi faire d’une pierre, deux coups !
• À ne plus faire : les lunettes loupes vendues en grande surface ne sont pas forcément bien adaptées à votre vision. En dépannage (lunettes cassées par exemple), pourquoi pas, mais sinon, rien ne remplace des lunettes obtenues sur prescription de l’ophtalmologue et qui tiennent compte de vos autres défauts visuels.


3/ Certaines affections oculaires
• De quoi s’agit-il ? Plusieurs maladies évolutives peuvent retentir sur la vision. C’est par exemple le cas du glaucome chronique, en rapport avec une compression du nerf optique lorsqu’il règne une trop forte pression à l’intérieur de l’œil. Cela se traduit par un voile devant l’œil malade et à ce stade, des lésions irréversibles sont déjà présentes. Autre affection fréquente : l’atteinte des petits vaisseaux nourriciers de la rétine en rapport avec un diabète (rétinopathie diabétique) ou avec une hypertension artérielle (rétinopathie hypertensive). L’évolution est longtemps silencieuse, mais en cas d’hémorragies et d’œdèmes, cela se traduit par la perte de la vision des détails. Enfin, une atteinte de la macula, c’est-à-dire de la partie centrale de la rétine, est à déplorer dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge ou DLMA (première cause de malvoyance des plus de soixante ans) : l’un des premiers symptômes à donner l’alerte est la perception déformée des lignes droites.
• Comment y remédier ? La plupart des glaucomes chroniques se traitent à l’aide de collyres donnés à vie ou par laser ou microchirurgie. En cas de rétinopathie, il faut traiter la cause (diabète ou hypertension) et faire surveiller la rétine par l’ophtalmologue, afin qu’il traite d’éventuels vaisseaux anormaux au laser, dès qu’il en repère. Dans la DMLA, il y a moyen de freiner l’évolution de la maladie dans la forme à évolution rapide. Pour réduire les risques de complications il faut en finir avec la cigarette et avoir une alimentation riche en vitamines C, E, en bêta carotène, en zinc et en oméga 3 (légumes, fruits, poissons gras des mers froides, etc.).
• À ne plus faire : étant donné que ces affections évoluent initialement en silence, il ne faut pas attendre d’avoir des problèmes de vue pour consulter à intervalles réguliers, surtout si vous êtes diabétique ou hypertendu. À partir de 45 ans, il est conseillé de voir l’ophtalmologue au moins tous les trois ans.


4/ Des troubles auditifs liés au vieillissement (presbyacousie)
• De quoi s’agit-il ? La presbyacousie correspond à la perte progressive de l’audition du fait du vieillissement naturel des petites artères nourricières de l’oreille interne et du nerf auditif. Ne pas bien entendre le bruit d’un autre véhicule peut être gênant, surtout s’il est situé dans l’angle mort. Même si l’ouïe n’est pas autant sollicitée que la vision dans la conduite, elle peut apporter des informations précieuses au conducteur et/ou au moniteur et il serait donc dommage de s’en passer. Enfin, la presbyacousie gêne les échanges avec l’élève pendant le cours.
• Comment y remédier ? L’ORL commence par vérifier l’absence de bouchons de cérumen dans les conduits auditifs et l’état des tympans. Il pratique ensuite un audiogramme, examen indolore permettant de quantifier l’importance du déficit et de repérer les sons mal perçus. En cas de presbyacousie, les sons graves sont mieux perçus que les sons aigus. Enfin, l’ORL vous lit une liste de mots préétablis et vous demande de les répéter. Cette audiométrie vocale lui permet de faire la différence entre des mots entendus mais déformés (donc finalement incompréhensibles) et des mots entendus de façon parfaitement intelligible. À l’issue de ce bilan, l’ORL peut être amené à vous prescrire des aides auditives.
• À ne plus faire : le vieillissement n’est pas la seule cause d’une baisse auditive. Un bruit trop excessif et/ou prolongé peut avoir des effets dévastateurs, d’où l’importance de mieux vous protéger dans les situations à risque. Attention également avec la prise prolongée de certains médicaments accessibles même en automédication : le paracétamol pris au long cours pourrait rendre la cochlée (organe de l’audition située dans l’oreille interne), plus vulnérable aux dommages induits par le bruit. Les anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS) réduisent l’approvisionnement en sang – et donc en oxygène – à son niveau.
5/ Des bourdonnements d’oreille (acouphènes)
• De quoi s’agit-il ? Il s’agit de bruits parasites, entendus dans la tête sans être générés par un son extérieur. Ils traduisent le plus souvent une perte auditive suite à une agression de l’oreille interne. La principale cause de survenue de ces sons « fantômes » est une exposition à des bruits trop importants et une perte auditive associée est assez fréquente. Ces sifflements ou ces bourdonnements d’oreille sont souvent sources d’irritabilité, d’anxiété et de troubles de la concentration.
• Comment y remédier ? S’il est aussi important de prévenir les bourdonnements d’oreille en protégeant davantage ses oreilles des bruits excessifs, c’est parce qu’une fois présents, il n’y a aucun médicament qui permette de les faire disparaître. Tout au plus peut-on apprendre à vivre avec.
• À ne plus faire : effectuer certains travaux sans protection auditive, rester près des enceintes dans un concert, etc., c’est prendre de gros risques pour ses oreilles. Dans une moindre mesure, il faut aussi se méfier des médicaments toxiques pour les cellules de l’oreille interne : de nombreux anti-inflammatoires sont dans ce cas (dont l’ibuprofène). On compte également des signalements d’acouphènes (ce qui ne veut pas forcément dire que le médicament est en cause), après la prise d’antibiotiques, d’antiallergiques, de diurétiques, d’anti arythmiques, d’antihypertenseurs, d’anticonvulsivants, de médicaments utilisés en cancérologie, d’antipaludéens, d’anti ulcéreux, d’antidépresseurs, etc. (liste sur www.france-acouphenes.org/index.php/pathologies/medicaments-ototoxiques), d’où prudence.


Ce qui peut gêner votre capacité à réagir en situation d’urgence
1/ Un trouble musculo squelettique
• De quoi s’agit-il ? Les troubles musculo squelettiques (TMS), responsables de douleurs, maladresse et manque de force, risquent d’apparaître avec tout travail répétitif, nécessitant des efforts excessifs, dans la même position et sous pression. Autrement dit, rester des heures dans un véhicule, en enchaînant les cours et en refaisant les mêmes gestes, expose à ces TMS.
• Comment y remédier ? Pour soulager les muscles les plus sollicités, le travail doit se faire dans la position la moins contraignante. Il n’y a donc pas de solution universelle, mais des adaptations à trouver pour chacun en fonction de sa taille, de sa corpulence, etc. Dans un véhicule, il est conseillé d’avoir les cuisses horizontales, les bras et les genoux légèrement pliés, le haut du dos parfaitement calé dans le siège et le bas du dos, éventuellement maintenu par une ceinture lombaire. Un bon réglage du siège, des rétroviseurs, etc. est aussi important pour ne pas vous contorsionner tout au long de la journée. Entre deux cours, mieux vaut vous lever, faire quelques pas et/ou étirements. À faire également, pour réduire les tensions musculaires : alterner si possible des tâches différentes, faisant intervenir d’autres groupes musculaires (par exemple, en donnant un cours sur route suivi d’un autre, dédié aux manœuvres). En outre, avoir trop chaud ou trop froid est un facteur de stress et de contracture des muscles : il faut donc impérativement compenser par une tenue vestimentaire adaptée à la météo. Si des mesures simples permettent d’éviter les TMS, cela se complique lorsqu’elles sont déjà présentes. Cette maladie professionnelle est à l’origine de nombreux arrêts de travail, parfois d’interventions chirurgicales et même de reconversions professionnelles.
• À ne plus faire : sauter la pause déjeuner permet d’économiser du temps sur le moment, mais risque vite de se payer par des douleurs musculaires. Mieux vaut utiliser ce laps de temps pour manger sainement (d’autant que le surpoids peut aggraver des tensions musculaires) et faire une promenade si le temps le permet ou tout autre exercice apprécié, l’important étant de permettre aux groupes musculaires les plus sollicités, de se détendre. Les enseignants de la conduite sujets à l’insuffisance veineuse – qui se manifeste par des jambes lourdes, douloureuses, surtout en fin de journée – ont tout intérêt à marcher, courir, nager ou pédaler.


2/ Une autre affection douloureuse
• De quoi s’agit-il ? De nombreuses affections peuvent être à l’origine d’une douleur suffisamment importante pour gêner le travail du moniteur. Parmi elles, les neuropathies des petites fibres peuvent entraîner une gêne majeure : au moins 20 % des diabétiques seraient concernés (et pas seulement eux). Elle est responsable de douleurs inexpliquées se manifestant sous la forme de brûlures, picotements, fourmillements, décharges électriques, froid douloureux, démangeaisons alors que la peau est d’apparence normale. Parfois encore, les douleurs sont déclenchées par le simple contact avec un vêtement ! De plus, à côté de cette douleur aux caractéristiques bien particulières, des signes neurovégétatifs peuvent apparaître : par exemple, une production anormale de sueur (trop ou pas assez) et/ou de salive et/ou de larmes, des mains moites ou qui gonflent ou qui changent de couleur, une vessie capricieuse, des troubles digestifs, des troubles érectiles, des troubles vasomoteurs (œdèmes des pieds et des mains, rougeurs, etc.). Dans ces neuropathies, le signal douloureux est anormalement amplifié.
• Comment y remédier ? Le diagnostic se fait dans des services hospitaliers de neurologie ou de médecine interne ou de dermatologie. En attendant la mise au point de médicaments spécifiques, certains antiépileptiques et/ou antidépresseurs peuvent être prescrits car ils soulagent la douleur et les démangeaisons.
• À ne plus faire : prendre des antalgiques ne sert à rien dans ces neuropathies des petites fibres. Le soulagement n’est pas au rendez-vous et il y a un vrai risque de somnolence au volant.


3/ Une affection chronique mal équilibrée
• De quoi s’agit-il ? Toute affection chronique – diabète, asthme, allergie, etc. – peut connaître des phases d’exacerbation lorsque le traitement est mal suivi. Or ces crises peuvent être très graves, allant jusqu’à provoquer des malaises, voire des pertes de connaissance.
• Comment y remédier ? Se faire suivre régulièrement pour sa pathologie chronique, suivre le traitement préconisé et faire toutes les vérifications nécessaires pour s’assurer de son efficacité, c’est le B.a-BA.
• À ne plus faire : négliger sa maladie chronique car sa prise en charge est contraignante et qu’elle ne fait pas forcément souffrir au quotidien, c’est prendre le risque de passer plusieurs années en très mauvaise santé.


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