L’Anper a tenu son assemblée générale annuelle le 18 juin dernier à Toulon. Une séance qui ressemblait à une réunion de crise avec un nouveau président qui entend trouver au plus vite des solutions pour redresser l’Association.
La séance s’est ouverte sur une explication de Patrice Bessone, président du CNPA-ER et nouvellement à la tête de l’Anper. Et pour cause, si Nicolas Boissel avait été réélu président de l’Anper le 3 juillet 2017 lors du Conseil d’administration, Patrice Bessone, alors vice-président a pris la présidence de l’association le 22 janvier 2018. « Ce n’est pas une sanction du travail de Nicolas Boissel », a tenu à préciser le nouveau président, « mais la situation est compliquée. L’Anper va mal économiquement comme le secteur auto-école et nous avons besoin d’un symbole fort pour que tout le monde comprenne que l’Anper appartient au CNPA-ER ».
Intégration de l’Anper au CNPA-ER
Si l’Anper est une émanation du CNPA-ER et tient d’ailleurs symboliquement son assemblée générale annuelle dans le cadre du congrès CNPA-ER, Patrice Bessone a annoncé que l’Anper serait « intégrée au CNPA-ER afin que tous ceux qui sont au CNPA-ER, soient également adhérents de l’Anper ». Une façon d’affirmer plus fortement le lien de parenté entre le syndicat et l’association, mais aussi un moyen de lutter contre l’érosion des adhésions. En 2017, l’Anper comptait 347 entreprises pour 650 points de vente, ce qui marque une légère baisse par rapport à 2016. Pour augmenter le nombre d’adhérents, Patrice Bessone a profité de l’assemblée générale pour lancer un challenge aux congressistes présents : chaque adhérent a la charge de parrainer au moins un nouveau venu d’ici l’an prochain.
Une demande de stages en baisse
Il est vrai que la situation est effectivement compliquée pour l’Anper. Outre les adhésions, la demande de stages dispensés par l’Association est également en baisse. Ce constat est notamment criant pour le PAP. En 2017, 157 stages ont été effectués par des centres de formation membres de l’Anper, contre 182 en 2016, mais 481 en 2013. « On doit arriver à reprendre notre place ! », a déclaré Patrice Bessone qui a missionné son équipe pour trouver des solutions d’ici trois mois.
Lancement d’outils pédagogique et de gestion
Une équipe pourtant dynamique qui ne compte pas ses heures pour élaborer et proposer de nouvelles thématiques de stages en fonction des besoins de la profession, mais aussi de nouveaux outils pédagogique et de gestion à ses adhérents. Ainsi, l’Anper a développé un produit pédagogique à destination des enseignants qui se définit comme une aide aux cours théoriques. Ce document à télécharger comporte neufs cours et vise selon Lorenzo Lefebvre, à l’origine du projet, « à faire la différence avec les plateformes qui ne proposent que des QCM. Il faut mettre les élèves au cœur de la formation et valoriser l’enseignant ». Ce travail a été applaudi par la salle. L’Anper a également créé un logiciel de gestion. Baptisé Ma Gestion Zen, ce logiciel métier a pour but « de répondre aux attentes de gestion au quotidien de tous et de ne pas enfermer dans l’utilisation de certains produits pédagogiques de tel ou tel éditeur », a expliqué Alain Martin, qui a travaillé sur le dossier. L’Anper a par ailleurs dévoilé trois vidéos du CNPA-ER destinées à être diffusées sur les réseaux sociaux pour redorer l’image de la profession tout en adressant des messages de sécurité routière. Ces trois vidéos portent sur des thèmes simples : savoir prendre un rond-point, comment se comporter lors d’un accident et, emprunter un passage à niveau en toute sécurité. Les vidéos s’achèvent sur ce message : « En voiture, on n’a pas toujours 10 secondes pour se décider ». Cette initiative a remporté un vif succès auprès des adhérents. Du coup, de nouvelles vidéos pourraient être tournées sur d’autres thèmes.
Une élection sous le signe du deuil
Enfin, comme tous les ans, l’Anper a procédé au renouvellement par tiers de son bureau. Mais cette année, l’élection portait le signe du deuil avec la disparition soudaine de Yann Le Dantec, victime d’une crise cardiaque la semaine précédente. Patrice Bessone qui avait rendu hommage en ouverture de séance à cet homme « généreux, ouvert et serviable » a indiqué que Yann Le Dantec, qui arrivait en fin de mandat, « avait annoncé son souhait de se représenter et de se réinvestir dans l’action pour sa région Bretagne ». Le destin en aura décidé autrement. Encore sous le choc de cette triste nouvelle, les membres du bureau ont décidé « de laisser vacant le poste lors de cette élection par respect symbolique », a indiqué le président de l’Anper. Ce n’est que le 5 juin que le Conseil d’administration a procédé au remplacement de Yann Le Dantec par Yann Thomas, alors responsable départemental de la Haute-Garonne. Par contre, Emmanuel Masson, dont le mandat arrivait également à sa fin, s’est représenté et a été réélu à l’unanimité.