ENPC et l’association régionale pour l’intégration des sourds (Aris) ont développé en commun un second support d’apprentissage du Code de la route avec incrustation en langue des signes.
C’était une première ! En 2016, ENPC et l’association régionale pour l’intégration des sourds (Aris) proposaient le premier support d’apprentissage du Code de la route destiné aux personnes sourdes ou malentendantes. L’originalité du projet résidait dans une traduction en langue des signes incrustée dans l’image de chaque question. En effet auparavant, « on devait se contenter d’utiliser des supports classiques. Or, il faut savoir qu’environ 70 % des sourds sont également illettrés parce qu’ils n’ont pas pu suivre des études dans des structures adaptées à leur handicap, explique Jacky Rabot, directeur de l’auto-école associative Aris. Ils n’utilisent donc pas l’écriture pour communiquer, seulement la Langue des Signes Française (L.S.F.), qui est leur langue. »
Un travail de traduction complexe
Après le succès remporté par ce premier DVD test, ENPC et Aris ont donc concocté un second opus qui comporte 6 séries de 40 questions conformes à l’ETG. Un travail plus compliqué qu’il n’y paraît. Ainsi, trois personnes d’Aris ont participé à ce projet avec l’équipe de conception de ENPC : Jacky Rabot à la coordination, un interprète en L.S.F. chargé de traduire les textes écrits en langue de signe, mais également un traducteur sourd dont le rôle était de vulgariser la traduction en langue des signes. En effet, « les sourds n’ont pas tous le même niveau de langue, précise Jacky rabot. Il fallait donc s’assurer que la traduction que l’on proposait soit compréhensible par le plus grand nombre de personnes sourdes en France. »
Une demande forte
Ce support est un succès car nombre d’élèves « nous disent que c’est clair et qu’ils comprennent mieux qu’avant de disposer de tels supports pédagogiques », affirme le directeur de l’auto-école Aris, qui espère que la collaboration avec l’éditeur nantais ne s’arrêtera pas là. « C’est un premier pas. La demande est très forte, de la part des personnes sourdes, mais également d’écoles de conduite traditionnelles qui nous contactent et veulent savoir comme faire pour proposer des cours en langue de signes. » Il faut dire que si l’on ne dispose pas véritablement de chiffres sur le nombre de sourds et de malentendants en France, Jacky Rabot estime qu’ils représentent 2 pour 1 000 de la population française. Autant dire un nombre non négligeable.