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warning Sécurité routière — Avril 2018

Limitation à 80 km/h : Le feuilleton continue…

Passera ? Ne passera pas ? La limitation à 80 km/h sur certaines portions de routes prévue au 1er juillet 2018 n’en finit pas de provoquer la polémique. Pour autant le gouvernement n’entend pas faire marche arrière.


L’annonce faite par le Premier ministre, Édouard Philippe, le 9 janvier dernier, portant sur la baisse « de 90 à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur les routes à double-sens, sans séparateur central en dehors des routes à deux fois deux voies et des routes à trois voies qui sont conçues pour permettre des dépassements sécurisés » n’en finit pas de susciter la polémique.


Des élus montent au créneau
Après le Sénat qui a auditionné sur le sujet le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, le 24 janvier dernier, et demandé la mise en place de commissions chargées d’évaluer l’efficacité et l’intérêt de cette mesure, des élus et des présidents de 28 départements sont montés au créneau pour demander que le passage à 80 km/h ne soit appliqué qu’au cas par cas. La fronde est telle qu’il semblerait que le Premier ministre ait envisagé de reculer la date d’entrée en vigueur de cette mesure impopulaire, voire même de la reléguer aux calandres grecques.


Une marche arrière impossible pour le gouvernement
Une marche arrière qui serait cependant un aveu d’impuissance de la part d’Édouard Philippe qui tenait jusqu’à présent un discours ferme sur la nécessité de prendre des mesures de ruptures pour réduire significativement les accidents sur les routes. Pour rappel, le Premier ministre estimait, lors de son discours du 9 janvier à Matignon, qu’en « la matière, toutes les études le montrent, en France comme en Europe, seules sont véritablement efficaces les mesures dites de rupture, c’est-à-dire les mesures qui modifient en profondeur le comportement des conducteurs. Je pense au port obligatoire de la ceinture de sécurité en 1973 ; je pense à l’abaissement à 50 km/h de la vitesse en agglomération en 1990, au permis à points en 1992 ou encore au déploiement des radars fixes en 2002.Tous ceux qui se souviennent de la mise en place de ces mesures savent qu’elles n’ont pas exactement suscité l’enthousiasme au moment où elles ont été prises, loin de là mais 10 ans, 20 ans, 30 ans plus tard, que constate-t-on ? D’abord que ces mesures étaient justifiées en ce qu’elles ont permis une diminution réelle, mesurable, manifeste du nombre de morts et ensuite, passé la réaction initiale, le scepticisme, la mauvaise humeur, parfois la colère, ces nouvelles règles se sont progressivement intégrées. » Difficile donc après de un tel discours de faire marche arrière sans perdre la face. C’est pourquoi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a confirmé, le 7 mars, que « le dispositif prévu » sera bel et bien mis en œuvre au 1er juillet 2018. De son côté, Emmanuel Barbe, a été chargé de faire une explication de texte et de démontrer les bienfaits de la mesure dans les différents départements français pour faire passer la pilule auprès des élus et des citoyens.


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