La Délégation à la sécurité routière lance une nouvelle campagne de prévention pour alerter des dangers que constitue la prise de cannabis pour un conducteur.
Sur les 3 477 personnes qui ont perdu la vie sur les routes de France, 752 ont été tuées dans un accident qui avait pour cause la conduite sous l’emprise de stupéfiants. Cela représente environ 22 % des accidents mortels. Un fléau qui touche surtout les jeunes puisque, selon les statistiques de l’ONISR, parmi les conducteurs âgés de 18 à 24 ans impliqués dans un accident mortel, 20 % sont positifs à au moins un stupéfiant. Cette proportion passe à 22 % pour les 25-34 ans. Si le conducteur consommateur-type de l’usage de cannabis est donc souvent un jeune, il est également essentiellement de sexe masculin. Ainsi, 93 % des conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants dans les accidents mortels sont des hommes. Et pour ne rien arranger, la moitié des conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants présentaient également un taux d’alcool illégal, sachant que le cocktail cannabis/alcool multiplie par 29 le risque de causer un accident mortel.
La consommation de cannabis est interdite
Pour tenter de sensibiliser les fumeurs de cannabis aux dangers qu’ils encourent en prenant le volant et qu’ils font encourir aux autres usagers de la route, la Délégation à la sécurité routière lance une nouvelle campagne de prévention routière. Outre une affiche qui rappelle que la consommation de cannabis est illégale, un film est diffusé à la télévision et au cinéma. On y voit un groupe de personnes effondrées au beau milieu d’un nuage de fumée, lors d’un enterrement dans un cimetière, avec en voix off, le jeune homme décédé qui explique qu’il a fait « une erreur » en prenant le volant après avoir consommé du cannabis et pensé que fumer du cannabis et conduire était sans danger.
Une altération du temps de réaction
« Fumer des joints représente un danger supplémentaire quand l’usager prend le volant, explique le Professeur Nicolas Simon. Cet usager aura tout simplement des réflexes beaucoup plus lents, en d’autres termes, une diminution de son temps de réaction. » Pourtant, si ces faits sont bel et bien avérés, la plupart des consommateurs ne semblent pas avoir conscience des risques. C’est d’autant plus inquiétant que l’Office français des drogues et de la Toxicomanie (OFDT) rappelait en 2017 que le cannabis est consommé par plus de 5 millions de personnes (au moins une fois dans l’année) et près de 700 000 de manière quotidienne…