← Retour à la liste
campaign Syndicats — Mars 2018

Le CNPA et l’UNIDEC interpellent TF1

Suite à la diffusion d’un reportage sur le permis de conduire en ligne diffusé le 18 janvier 2018 lors du Journal télévisé de 20 heures sur TF1, deux fédérations s’insurgent.


Le reportage s’intitulait « J’ai testé le permis de conduire en ligne » et vantait les avantages, notamment financiers, d’opter pour une plateforme en ligne plutôt que de s’inscrire dans une école de conduite traditionnelle. Un reportage diffusé à une heure de grande écoute, à savoir le JT de 20 heures sur TF1.


Lettres à Gilles Bouleau
Un sujet dont la présentation a fait bondir la plupart des auto-écoles dites « traditionnelles » et qui a valu à Gilles Bouleau, présentateur et rédacteur en chef de recevoir des lettres de la part du CNPA-ER et de l’UNIDEC pour demander un droit de réponse. « Comment peut-on sérieusement penser que la sécurité routière dépend du temps de cerveau disponible que l’on a, le soir, sur son canapé ? », s’indigne Patrice Bessone, président du CNPA-ER. « Dans ce reportage, vous faites la promotion sans aucune limite, d’un soit disant nouveau moyen pour se former au permis de conduire moins cher, sans véritablement apporter la preuve de vos allégations », s’insurge Patrick Mirouse, président de l’UNIDEC. Avant de souligner que « pour l’équité de votre reportage, il aurait été très intéressant d’interviewer des élèves déçus qui, après avoir « testé » le système mis à l’honneur dans votre journal, n’ont pu aller jusqu’au bout de leur formation ! Ces mêmes élèves qui, depuis ces tentatives malheureuses, sont aujourd’hui dans nos écoles de conduite pour parfaire et terminer leur formation au permis de conduire ! » Mais au-delà de la forme du traitement de l’information, Patrice Mirouse tient à souligner que les écoles de conduite classiques « utilisent déjà depuis plus de dix ans les supports numériques. Certaines écoles sont même allées jusqu’à développer des outils de simulation pratique virtuelle au travers de serious game ». Une façon de rappeler que les auto-écoles en ligne ne sont parfois pas plus modernes et connectées que les établissements de formation à la conduite classiques.


Polémique sur les taux de réussite…
Autre sujet qui a fait bondir le président de l’UNIDEC : les taux de réussite. « Les taux de réussite avancés dans votre reportage sont particulièrement imprécis et ne reflètent en rien la réalité ! Si effectivement, aujourd’hui il est possible de réussir son examen du Code de la route grâce à l’outil internet, encore est-il important de dénoncer que malheureusement ce résultat repose uniquement sur un « bachotage des questions d’examen », au détriment de l’apprentissage des règles du Code de la route et de leurs compréhensions que seul un enseignement pédagogique en présentiel peut apporter. »


…et sur les moniteurs indépendants
Une opinion que partage Patrice Bessone pour qui « la sécurité routière mérite une éducation par des organismes agréés, dont c’est le métier, qui vont apprendre aux jeunes à conduire, oui, mais surtout à se conduire en citoyen sur la route. C’est exactement la raison pour laquelle l’État a mis en place des règles strictes ». Et de rappeler que « l’enseignement de la conduite ne peut pas être dispensé par un indépendant, fusse-t-il diplômé, comme vous le soulignez dans votre reportage, qui travaillerait mandaté par une plateforme. Pourquoi ? Parce que l’apprentissage à titre onéreux de la conduite ne peut se faire que dans le cadre d’une école de conduite agréée par son préfet départemental. Si une école de conduite agréée a recours à un indépendant, cela ne peut se faire qu’à titre exceptionnel, sinon son contrat doit être requalifié en salarié et l’école de conduite doit payer ses cotisations sociales et patronales. » Avant de conclure : « Difficile de proposer des heures de conduite à un tarif bradé, quand on ne brade pas le modèle social, quand on ne triche pas avec la loi, quand on respecte les règles et la sécurité routière ! ».


S. A.


Dans le même thème

Pénurie de places d’examen - L’intersyndicale reste mobilisée
Face à une situation qui n’a cessé de se dégrader, les organisations professionnelles ont décidé de s’unir en intersyndicale pour faire pression sur le gouvernement et obtenir la mise en place de mesures pour endiguer la crise des places d’examen. Le point sur les avancées et sur les actions à venir.
Benjamin Panis devient président de l’UNIC
Benjamin Panis succède à Sandra Carasco à la présidence de l’Union nationale des indépendants de la conduite et dévoile sa feuille de route.
Christelle Oberholz, présidente de l’UNIDEC « La profession s’est complexifiée, adhérer à un syndica
Lors de la réunion du Comité directeur de l’Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite qui s’est tenue le 8 juillet dernier, Bruno Garancher a officiellement transmis la présidence de l’UNIDEC à Christelle Oberholz. Elle nous présente sa feuille de route.