Confrontées depuis plusieurs mois à une situation qui ne s’arrange pas, voire se dégrade, les auto-écoles girondines envisagent de mener des nouvelles actions de contestation…
Les jours passent et rien ne se passe. À Bordeaux et dans le reste du département, les écoles de conduite manquent cruellement de places d’examen pratique. Le problème n’est pas nouveau puisque des manifestations ont eu lieu en mars et en juin derniers pour dénoncer cette pénurie. Avec un résultat très mitigé. Certes, 300 places supplémentaires avaient été allouées en juin dernier, mais c’est loin d’être suffisant pour retrouver une situation normale. Et l’avenir ne semble pas très réjouissant puisque les coefficients pour décembre ont été annoncés : 0,58 pour le permis B et 0,56 pour les permis deux-roues…
Des examens annulés
En cause, un problème de gestion et de management semble-t-il au niveau de la préfecture. Du coup, si l’effectif de 29 inspecteurs pour le département devrait être suffisant, force est de constater que les arrêts maladie sont fréquents, ce qui provoque des annulations d’examen. « Il arrive parfois qu’un même candidat voit son examen annulé deux ou trois fois de suite, déplore Sandra Carasco, déléguée de l’UNIC dans le département de la Gironde. Cela provoque des tensions avec les élèves et leurs parents. On comprend leur désarroi, mais que voulez-vous que l’on fasse. Nous sommes tributaires de la préfecture. Si on ne nous donne pas de places, nous ne pouvons pas présenter des candidats. Malheureusement, les élèves ne le comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. »
Remboursement des élèves
À cela s’ajoute des soucis avec l’ANTS. « Les dossiers ne reviennent pas. Nous venons seulement de récupérer début novembre les dossiers qui ont été envoyé le 21 septembre, constate avec amertume Sandra Carasco. Résultat : non seulement nous n’avons pas assez de places d’examen pratique pour faire passer les candidats, mais nous ne pouvons plus non plus commencer les formations avec de nouveaux inscrits. Ça bloque en début et en fin de chaîne ! » La situation est tellement tendue, que certains établissements en sont arrivés à rembourser les élèves. « Ce n’est plus tenable économiquement », s’insurge la responsable de l’UNIC, qui craint que des auto-écoles ne soient obligées de mettre la clé sous la porte.
Une situation catastrophique
Interpellé sur le sujet lors des congrès du réseau CER fin octobre et de l’UNIC début novembre, le délégué à la sécurité routière, Emmanuel Barbe, a reconnu que la situation était « catastrophique » dans ce département. « Nous sommes parfaitement au courant et sommes en train d’apporter une réponse le plus rapidement possible. » Ainsi, Emmanuel Barbe a indiqué que deux délégués de la cellule audit allaient se rendre sur place pour étudier le problème. Par ailleurs, il est prévu de faire appel à la réserve pour tenter de redresser la situation au plus vite.
Fatiguées par des promesses non-tenues depuis des mois, les auto-écoles restent vigilantes et n’excluent pas de mener une nouvelle manifestation pour tenter de se faire entendre. « Il en va de l’avenir de nombreuses écoles de conduite »,
affirme Sandra Carasco.
S. A.