Suite à sa mise en liquidation par le tribunal de Commerce de Lyon, la société PermiGo a été reprise par le groupe Arcan en mai dernier. Ronan Le Boulaire, président du groupe fait le point sur la situation.
La Tribune des Auto-Écoles : Lors de la reprise de PermiGo, vous aviez annoncé conserver les emplois d’enseignants de la conduite et assurer les formations qui avaient été payées mais pas dispensées. Qu’en est-il six mois après ?
Ronan Le Boulaire, président d’Arcan : Sur les 91 emplois, nous avons pu en préserver 59, dont tous les postes d’enseignants de la conduite. Les précédents dirigeants avaient fait l’erreur d’embaucher trop de personnes au niveau du siège ce qui grevait le budget au lieu de servir des prestations. Nous avons donc fait le choix de réduire le personnel au niveau du siège en optimisant le traitement des tâches et en privilégiant l’embauche d’enseignants de la conduite. Ainsi, non seulement nous avons conservé tous les postes d’enseignants, mais nous avons même recruté une vingtaine de moniteurs supplémentaires. Pour ce qui est des 5 500 clients, nous nous étions effectivement engagés à servir les heures payées et non effectuées. Et nous avons tenu notre promesse. Cette prise en charge des anciens élèves représente 3,3 millions d’euros. C’est beaucoup d’argent, je le reconnais. Mais c’est un pari que nous avons fait sur un modèle économique qui nous estimons intéressant, même s’il a été mal géré dans le passé.
La Tribune : Avez-vous conservé les quatorze agences réparties sur différentes villes de l’hexagone ?
R. L B. : Non. Après un état des lieux approfondis, nous avons décidé de conserver huit des quatorze agences initiales, à savoir celle de Lyon, ville d’implantation de PermiGo, mais aussi Bordeaux, Grenoble, Marseille, Nantes, Nice, Paris et Strasbourg. Nous rouvrons une agence à Saint-Étienne où nous avions conservé les salariés et les clients, mais dans un local différent de celui de la première agence. Petit à petit, nous souhaitons ouvrir ou rouvrir de nouvelles agences dans d’autres villes, notamment en franchise afin de nous appuyer sur un réseau d’auto-écoles solidement implantées dans la profession.
La Tribune : PermiGo s’était fait connaître auprès du grand public en pratiquant des tarifs bas. La viabilité de votre reprise passe-t-elle par une augmentation des prix ?
R. L B. : Tout à fait. Le tarif pratiqué était trop bas. Nous avons donc décidé d’augmenter les prix pour pérenniser un modèle économique fiable. Par ailleurs, nous avons décidé de tirer un trait sur le tarif unique. Désormais, le prix ne sera plus le même dans une ville où le coût de la vie est élevé comme à Paris et dans une ville de province où les salaires et les loyers sont plus faibles.
La Tribune : Finalement en quoi PermiGo se différencie d’une auto-école traditionnelle ?
R. L B. : Nous conservons notre concept hybride qui consiste à proposer une auto-école traditionnelle avec un local et une offre numérique avec une plateforme qui a été développée en interne. Cette dernière permet à l’élève d’apprendre le Code de la route grâce à une base de 2 500 questions maison, mais aussi de prendre des rendez-vous, etc. Nous proposons également des points de rendez-vous dans la ville, ce qui permet aux élèves qui le souhaitent d’être pris au passage par l’enseignant de la conduite au lieu de devoir se rendre à l’agence.
La Tribune : Développez-vous des nouveautés ?
R. L B. : Pour ce qui est de la pédagogie, nous testons actuellement un simulateur de conduite dans notre agence parisienne. C’est un outil pédagogique vraiment intéressant qui permet d’effectuer une partie du programme sur la machine et de travailler des situations de conduite que l’on ne pourrait pas forcément reproduire sur la route. Nous allons bientôt en installer un dans l’agence lyonnaise et peut-être dans d’autres villes. Par ailleurs, nous testons à Marseille, une offre de cours de conduite en illimité, baptisée Illimigo. Le concept est simple : pour un forfait de 1 690 euros, l’élève peut effectuer autant d’heures qu’il le souhaite pendant une durée de six mois. Cela inclut également deux premières présentations. Si ça s’avère concluant, nous étendrons l’offre à d’autres villes, mais pas forcément à ce tarif.
La Tribune : Quand pensez-vous retrouver un équilibre financier ?
R. L B. : J’espère que PermiGo sera à l’équilibre courant 2018.
Propos recueillis par Sandrine Ancel