Une étude de l’Association Attitude Prévention démontre un relâchement de la vigilance des parents conducteurs en présence de leurs enfants.
Les parents qui conduisent ne se rendent pas toujours compte de l’influence qu’ils peuvent avoir sur le comportement futur de leurs enfants au volant. En effet, dès le plus jeune âge, les enfants observent leurs parents et reproduisent plus ou moins inconsciemment le comportement de ces derniers. Or, une étude de l’Association Attitude Prévention révèle que 89% des parents interrogés reconnaissent avoir un comportement inadapté au volant en présence de leurs enfants. Un pourcentage extrêmement élevé et qui, malgré les diverses campagnes de sensibilisation à la prévention routière, a semble-t-il augmenté en cinq ans.
Dégradation des comportements en cinq ans ?
Pour rappel, dans la même étude menée en 2013, « seulement » 74% des parents déclaraient adopter de mauvais comportements au volant lorsque leurs enfants sont à bord. Ce chiffre de 3 parents sur 4 était déjà alarmant, mais tout de même moins inquiétant que celui dévoilé dans l’enquête de 2017. Est-ce à dire que les parents interrogés en 2017 sont plus sincères dans leurs déclarations ou que l’on assiste véritablement à un relâchement de l’attitude au volant ? Difficile à dire.
Six comportements à risque récurrents
Toujours est-il que l’étude de l’Association Attitude Prévention met en relief six comportements à risque principaux. Ainsi, 63% des sondés avouent s’être déjà emportés contre d’autres usagers, 61% avoir dépassé les vitesses autorisées, 59% avoir pris le volant en étant fatigué, 53% avoir conduit plus de 2 ou 3 heures sans s’arrêter pour faire une pause comme le recommande la sécurité routière, 43% avoir utilisé le téléphone portable tout en continuant à rouler et 17% à avoir conduit en ayant consommé plus de 2 verres d’alcool.
Toujours de bonnes excuses
Si l’étude démontre une aggravation des comportements à risque sur les cinq dernières années, certains le sont dans des proportions plus importantes que d’autres. C’est le cas de l’utilisation du téléphone portable au volant qui augmente de 153% en cinq ans, que ce soit pour passer ou recevoir des appels et pour envoyer et lire des textos.
Les parents interrogés tentent souvent de minimiser les faits en arguant que s’ils utilisent leur téléphone, c’est souvent lorsque le feu est rouge ou qu’ils sont coincés dans les bouchons.
Les mauvais comportements liés à la somnolence au volant enregistrent quant à eux une hausse de 136% en cinq ans pour la conduite en état de fatigue et de 96% pour la conduite pendant plus de deux heures sans effectuer une pause. Si sur ce point, les sondés semblent être plus conscients de leur vulnérabilité au volant due à la fatigue, ils justifient la décision de conduire malgré tout par la nécessité « d’être à l’heure » ou « d’arriver au moment que l’on s’est fixé », alors que dans de nombreux cas, arriver à destination n’a pas d’importance majeure (retour de week-end ou de vacances au domicile, par exemple).
Enfin, pour ce qui est du dépassement des vitesses autorisées, 52% des parents interrogés déclarent que cette infraction est due à l’inattention. L’Association Attitude Prévention souligne cependant que les excès de vitesse supérieurs à 20 km/h concernent tout de même plus d’un quart des conducteurs.
S. A.
À pied, les parents sont aussi indisciplinés
L’Association Attitude Prévention a également menée une enquête sur le comportement des parents en tant que piétons lors des trajets scolaires et périscolaires. Les résultats sont aussi inquiétants puisque 8 parents sur 10 admettent avoir déjà eu un comportement à risque dans la rue en présence de leur enfant.
Parmi les principales prises de risque, sans surprise, on retrouve l’utilisation du téléphone portable. Ainsi, 60 % des parents ont déjà utilisé leur téléphone portable pour passer/recevoir des appels en présence de leur enfant, 52 % ont déjà traversé en dehors des passages protégés, 47 % ont déjà utilisé leur téléphone portable pour envoyer/lire des textos ou des mails, 37 % ont déjà traversé lorsque le feu piéton était rouge, 31 % ont déjà marché sur la chaussée plutôt que sur le trottoir, 28 % ont déjà marché en regardant leur téléphone (applis, jeux…).
Cependant, les enfants ne sont pas dupes. 90 % d’entre eux ont déjà identifié un comportement à risque chez leurs parents dans la rue. 42 % des enfants déclarent même avoir déjà fait une remarque à leurs parents sur ces mauvais comportements, alors que seuls 28 % des parents reconnaissent avoir été repris par leurs enfants.