Une étude sur l’impact du manque de sommeil et de la fatigue sur les motards démontre, entre autres, que les risques de chute sont multipliés par quatorze !
Si l’on sait que la fatigue est l’ennemie des conducteurs, elle est encore plus redoutable pour les motards. C’est ce qui ressort d’une étude menée sur des simulateurs par l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) et le Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu, Université Paris-Descartes. Les chercheurs ont observé des modifications de conduite très significatives sur les cobayes en privation de sommeil. Ainsi, les motards fatigués effectuaient deux fois plus d’excès de vitesse et deux fois plus de franchissements de lignes inappropriés avec une durée de déviation trois fois plus longue. Surtout, ils présentaient quatorze fois plus de risque de chute.
« La somnolence a un impact direct sur les capacités de conduite des motocyclistes, explique Clément Bougard, responsable de l’étude. Les conducteurs de deux-roues motorisés en manque de sommeil ont en effet plus de difficultés à maintenir leur trajectoire et leur allure, alternant entre vitesses lentes et vitesses excessives. Ce comportement aléatoire est particulièrement dangereux puisque nous avons montré qu’il n’empêche en rien la survenue de micro-sommeils, limitant les chances de réaction face à un danger. »
Chronobiologie de la fatigue
Les tests menés ont permis de mettre en évidence une baisse des performances de conduite en fonction de l’heure de la journée. C’est en début de journée (7h-8h) que la vigilance est la plus faible et que le risque de commettre des infractions, voire d’avoir un accident, est le plus important. Les chercheurs ont observé un regain de vigilance en fin d’après-midi (18h-19h) qui se traduit par une amélioration des performances. Cependant, ce regain de vigilance observé en début de soirée coïncide avec une augmentation inquiétante de la vitesse (+7 km/h en moyenne, toute zone de conduite confondue et avec ou sans dette de sommeil). Un constat qui peut laisser craindre une plus grande prise de risque et une moins bonne capacité à réagir de manière appropriée aux évènements imprévus.
S. A.