Dans une étude publiée fin avril, la Ligue de défense des conducteurs pointe du doigt la limitation à 30 km/h en ville, loin d’améliorer la sécurité routière selon elle.
Souvent vanté pour ses vertus, l’abaissement de la vitesse de 50 km/h à 30 km/h en ville tend à se généraliser. Une centaine de communes en France l’appliqueraient dans l’ensemble de leurs rues. Une dizaine de villes ont même sauté le pas depuis le début de l’année et Paris prévoit de s’y mettre en 2020. Mais l’abaissement de la vitesse est-elle pertinente en termes d’amélioration de la qualité de l’air et de la sécurité routière ?
Pour la Ligue de défense des conducteurs, il n’en est rien. Dans son étude « La face cachée des villes à 30 km/h », publiée fin avril, l’association dénonce les effets nuls, voire négatifs, de l’abaissement de la vitesse à 30 km/h sur la pollution atmosphérique et sonore, ainsi que sur la sécurité routière. Dans les rues, la réorganisation de la circulation s’accompagne fréquemment de la mise en place de « double-sens cyclable », sources d’accidents selon l’association.
Un danger pour les piétons ?
D’après la Ligue, le danger s’étend aussi aux piétons. Pensant parfois se trouver dans une rue à sens unique, ils peuvent être amenés à regarder uniquement du côté d’où viennent les voitures avant de s’engager. « Alors, il ne verra pas le cycliste qui arrive de l’autre côté, à contre-sens, sans bruit. » Face à ces dangers, « certaines villes renoncent d’ailleurs à instaurer le double-sens cyclable », fait remarquer la Ligue de défense des conducteurs.
Autre facteur aggravant, estime l’association, la juxtaposition de panneaux, aménagements et marquages au sol pour faire respecter la limitation à 30 km/h. Cette configuration « noie l’important dans l’accessoire » et « crée de l’incertitude, qui ralentit la prise de décision ». À partir de ces éléments, la Ligue de défense des conducteurs dénonce donc la généralisation des zones 30, d’autant plus au regard du coût qu’elles engendrent, estimé à environ un million d’euros par kilomètre.
A. B.