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school Pédagogie — Juillet 2017

- Enseignement -
L’auto-école sociale, un choix « par conviction »

Enseignante de la conduite en Ille-et-Vilaine, Morgane Leray-Douablin a fait le choix de se séparer de ses établissements, fin 2016, pour créer une auto-école sociale et itinérante. Une aventure avant tout humaine.


Ancienne gérante d’auto-écoles traditionnelles en Ille-et-Vilaine, Morgane Leray-Douablin a négocié un virage professionnel. Elle a lâché ses quatre locaux pour créer l’association En route vers le permis, établie à Dol-de-Bretagne, non loin de Saint-Malo. Cette auto-école dite sociale et itinérante s’adresse aux personnes en insertion professionnelle ou sociale confrontées à des problèmes de mobilité. Elle compte aujourd’hui, en plus de sa responsable, deux enseignants et une secrétaire.
Pour Morgane Leray-Douablin, la transition a été progressive. Elle portait déjà la casquette « sociale » depuis six ans, en parallèle de son activité « commerciale ». Elle a décidé de s’y consacrer pleinement fin 2016, à la suite de l’obtention d’un appel d’offres lancé par le Centre départemental de l’action sociale (CDAS) du pays de Saint-Malo. « C’est un choix personnel, que j’ai fait par conviction. Je souhaitais avoir une activité plus humaine, explique-t-elle. Les établissements traditionnels ne s’adressent pas à tout le monde. Il y a tout un public dont on parle moins, mais qui existe. »


Un suivi extérieur
Dans l’association, les élèves ont tous tenté leur chance dans une auto-école classique auparavant, mais sans succès. « La formation ne leur convenait pas. Beaucoup d’entre eux ressentent des difficultés lorsqu’ils sont en groupe », indique Morgane Leray-Douablin. Pour bénéficier du dispositif, ils doivent avoir été repérés par des travailleurs sociaux, lesquels les accompagnent ensuite pendant l’heure d’évaluation. « Nous décidons ensemble si la personne poursuit l’apprentissage. Si l’avis est positif, nous reprenons ensuite contact pour le bilan intermédiaire et pour le bilan final. »
Chaque année, l’association accueille une douzaine de bénéficiaires. La formation dure en moyenne trois mois, selon les profils. L’enseignement théorique est assuré pendant deux demi-journées par semaine, avec un effectif de quatre personnes maximum par session. « Nous abordons toujours un thème précis, en présence d’un enseignant. » Particularité de l’association, les cours sont itinérants. Ils peuvent se dérouler dans différents locaux, en fonction de la localité des structures concernées.
« Nous nous déplaçons dans des centres sociaux ou des sièges de communautés de communes par exemple, mais nous avons aussi notre propre local, dans lequel nous pouvons assurer des leçons. »


80% de réussite
Côté coût, les formations sont financées en grande partie par le département, sur la base d’un forfait de 1 500 euros, comprenant 30 heures de conduite. Pour les élèves, la participation est de l’ordre de 10% du coût total, s’ils sont bénéficiaires du RSA, et de 20%, s’ils sont en chantier d’insertion. Et les résultats sont probants. L’association enregistre un taux de réussite de l’ordre de 80%. « Pour l’instant, on a eu que trois abandons, car ils ne se sentaient pas capables. Et seulement deux élèves ont échoué au Code. »
Aujourd’hui, l’association « a fait ses preuves, estime Morgane Leray-Douablin. Notre action est reconnue et la demande est très grande ». Elle reste toutefois prudente au sujet de la suite de l’activité, en raison de la nature de sa structure. « Nous nous inscrivons dans le monde associatif. Nous sommes dépendants des budgets des collectivités.
On est conscient que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. » Malgré tout, l’association entend tracer sa route le plus longtemps possible.
A. B.


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