Dans ses locaux de Montpellier, l’éditeur pédagogique Ediser conçoit une quinzaine de simulateurs de conduite par mois. L’activité, lancée il y a une dizaines d’années, est aujourd’hui en plein essor. Visite en coulisses.
Le hangar s'étale sur près de 500 m2. D'un côté, les pièces détachées, entassées sur des étagères. De l'autre, les lignes de production, sur lesquelles s'affairent plusieurs employés. Le bureau d'études, situé en prolongement, imagine quant à lui les produits, les invente et les optimise. Ediser fabrique chaque mois une quinzaine de simulateurs de conduite dans ses locaux de Montpellier, où sont également conçus ses produits pédagogiques.
Au total, une quinzaine de salariés, pour un effectif de 80 employés, est affectée à la production des simulateurs. Ils assemblent les pièces, en partie fournies par des sous-traitants de la région, conçoivent les bases mobiles, intègrent le matériel technologique – qui supporte le logiciel, édité par les équipes d'Ediser à Marseille – et multiplient les tests. Avant de quitter l’atelier, le produit doit notamment pouvoir reproduire les sensations du véhicule (accélération, freinage…) et interpréter le comportement de l'élève (ceinture enclenchée, warning allumées…) grâce à la carte électronique « maison » intégrée dans le simulateur.
Une fois les simulateurs opérationnels, trois camions sont chargés de les livrer aux clients, de les présenter lors des démonstrations, mais aussi d'assurer leur maintenance. « En cas de dysfonctionnement, nous devons pouvoir dépanner les clients dans les cinq jours ouvrés. Mais, dans 50% des cas, nous prenons la main à distance », précise Xavier Consorti, président d’Ediser. La société a développé au fur-et-à mesure son service après-vente. Au total, six salariés sont chargés d’orienter les clients au besoin.
Un succès à l’export
En une dizaine d'années, Ediser a développé sept modèles de simulateurs, dont trois dédiés aux véhicules légers, trois aux poids lourds et un aux deux-roues. Elle s’est adaptée aux caractéristiques de différents corps de métier, comme la police, l’armée, les pompiers, les ambulanciers… Si aujourd'hui l'entreprise a conquis le marché français et se développe avec succès à l'export – elle est présente en Allemagne, en Hollande, en Belgique, en Italie, en Suisse, au Portugal… – Xavier Consorti reconnaît que les débuts ont été poussifs, notamment sur le marché auto-école. « Nous avons connu des difficultés pour nous imposer, pour trouver des auto-écoles qui y croyaient. »
Depuis, Ediser a équipé près de 1 000 établissements de la conduite. Son volume de production a doublé les douze derniers mois. Pour le président d’Ediser, le déclic remonte à la loi Macron et aux prémices de la libéralisation du secteur. « En France, nous sommes dans un système protectionniste, où les gens peuvent être réfractaires au changement. Mais il faut être conscient que la consommation évolue, que les jeunes souhaitent apprendre différemment. Les auto-écoles ont réellement pris conscience de ces enjeux lorsque la loi Macron est entrée en vigueur. »
Une « success story »
Pour étayer son argumentaire, Xavier Consorti explique que les deux logiciels développés par sa société ont prouvé leurs vertus en termes d’apprentissage de la conduite sur simulateur. Le premier permet de « de sensibiliser l’élève à l’utilisation du véhicule pendant cinq heures. Les compétences sont travaillées de façon indépendante, avant d’être assemblées. C’est un gain de temps, à la fois pour l’élève et l’auto-école. » Le second, précise-t-il, « offre des possibilités supplémentaires à la pratique sur route. L'élève aborde le freinage d'urgence, les dérapages et la perte d'adhérence, jusqu'à perdre le contrôle. Cette partie peut être effectuée par groupe de cinq à six élèves, ce qui permet à l’auto-école d’optimiser la rentabilité de ses leçons. »
Forte de sa position de leader sur le marché des simulateurs, Ediser regarde l'avenir avec sérénité. Aujourd'hui, cette activité représente un tiers du chiffre d'affaires annuel de la société, soit près de 2,7 millions d'euros. « Avant, la production de simulateurs représentait une composante de l’entreprise parmi les autres. Elle occupe désormais une place à part. À l’avenir, nous pouvons penser qu’elle représentera 50% de notre activité. » L'objectif, pour la société, est de continuer à accroître ses ventes à l’international, mais aussi d’élargir sa position sur le marché auto-école, fort de 11 000 clients potentiels, afin de « poursuivre la success story ».
A. B.