← Retour à la liste
school Formation — Mai 2017

- Permis am quadricycle -
La voiture sans permis joue dans la cour des grandes

Longtemps victime de son image, la voiture sans permis a amorcé une véritable mutation. Les véhicules se sont modernisés, gommant en partie leurs différences avec les véhicules traditionnels.


Les chiffres affolent les compteurs. Depuis plusieurs années, les ventes de quadricycles légers à moteur ne cessent de grimper. En 2016, 11 309 véhicules neufs ont été vendus, marquant une croissance de 6% par rapport à 2015. Encore mieux, au premier trimestre 2017, les ventes ont bondi de 12% par rapport à la même période de l’année précédente. Aujourd’hui, le parc roulant des voitures sans permis compte près de 200 000 unités.
Cette tendance, qui ne cesse de se consolider, est le fruit d’un travail colossal effectué par les constructeurs sur l’esthétisme de leurs produits et d’un nouveau souffle marketing insufflé pour redorer l’image de la voiture sans permis. Exit « le pot de yaourt »
plébiscité par une population âgée dans les zones rurales et péri-urbaines, place à une petite citadine au design séduisant et au confort optimisé qui peut se fondre discrètement dans la circulation des villes.


« Combler le déficit d’image »
« Nous avons réalisé d’importants investissements pour combler le déficit d’image par rapport à la voiture traditionnelle. Il existe encore, mais de moins en moins », atteste Régis Hucault, directeur des ventes chez Ligier group.
Même discours du côté d’Aixam. Pour Tom Faget, directeur des ventes du leader européen des voitures sans permis, « le client souhaite un produit similaire à une voiture, pour ne pas être stigmatisé ».
Résultat, l’offre s’est diversifiée – se positionnant même sur le marché de l’électrique –, pour répondre aux évolutions des attentes. Les véhicules ont gagné en confort. À l’intérieur, les équipements technologiques se sont multipliés. Surtout, une directive européenne, entrée en vigueur début 2017, a imposé de nouvelles normes aux constructeurs. La taille est désormais limitée à 3 m de long, 1,50 m
de large et 2,50 m de haut et le poids a été rehaussé à 425 kg. « Cette mesure nous a obligés à retravailler nos produits »,
concède Régis Hucault.


Un engouement auprès des jeunes
En se réinventant, la voiture sans permis a su attirer de nouveaux adeptes. « Il y a quinze ans, la moyenne d’âge de la clientèle était de 65 ans. Aujourd’hui, elle est de 50 ans », indique Tom Faget. « Désormais, 20% des ventes concernent les 14 - 25 ans », explique Régis Hucault.
Ce phénomène est particulièrement prononcé dans les zones urbaines ou sur le littoral méditerranéen, où, historiquement, le deux-roues est répandu. « Il y a véritablement un caractère culturel dans ces territoires, note Tom Faget. Les ventes de certains concessionnaires entre Marseille et Nice sur ce segment représentent près de 50% de leur chiffre d’affaires. »


L’atout sécurité
Outre le design du véhicule, les constructeurs jouent la carte de la sécurité. « Nos produits rassurent la clientèle qui cherche une réponse sécuritaire à un besoin de mobilité », explique Tom Faget. Une image positive qui a été renforcée par l’entrée en vigueur du permis AM, début 2013.
« Il a changé les termes de la conduite. Aujourd’hui, les personnes nées après 1988 doivent valider un diplôme pour circuler en voiture sans permis. Ça contribue fortement à améliorer l’acceptabilité du produit. »
Autre facteur de l’évolution du marché, le passage de 16 ans à 14 ans de l’âge minimum pour conduire un quadricycle léger à moteur. Ce changement réglementaire a apporté un nouvel argument marketing aux constructeurs, qui font valoir les bienfaits de pouvoir se sensibiliser plus tôt à la conduite. « Plus on commence à conduire jeune, mieux c’est, affirme Régis Hucault. La formation AM renforce la responsabilité du conducteur et s’inscrit comme un excellent complément à la conduite accompagnée. »


Une aubaine pour les auto-écoles ?
Les constructeurs, pour renforcer leur présence sur le marché, ont noué des partenariats avec des groupements d’auto-écoles. Ligier s’est rapproché d’ECF et Aixam de CER. « Le message de la sécurité et la formation doivent être véhiculés par les auto-écoles. Nous essayons également pour les personnes nées avant 1988 qui n’ont jamais conduit de les orienter vers les établissements de la conduite. L’enjeu est réel en termes de prévention et de qualité de la conduite », développe Tom Faget.
À travers cette démarche, les constructeurs peuvent accentuer leur visibilité, notamment en assurant des prêts de véhicules aux auto-écoles partenaires, avec l’espoir que l’élève restera par la suite fidèle à son véhicule d’apprentissage. Les auto-écoles, de leur côté, peuvent assurer la formation sans être obligées d’avoir un véhicule en propre. Et espérer, à terme, profiter du dynamisme du marché de la voiture sans permis, pour donner un nouvel élan à leurs formations AM.
A. B.


Dans le même thème

Titre Pro ECSR - Étude d’impact sur le transfert de la qualité de certificateur vers l’ANFA
Les organisations représentantes de la profession souhaitant que le Titre Pro ECSR ne soit plus géré par le ministère du Travail mais par l’ANFA, ont mandaté cette dernière pour réaliser une étude d’impact en cas de transfert de la gestion de ce titre.
CPF : explosion des demandes de formations au permis de conduire en 2024
La Caisse des Dépôts a publié le rapport annuel pour l’année 2024 du dispositif Compte personnel de formation (CPF). Quelle part représentent les formations à la conduite et pour quel coût moyen ? Réponses.
Conduite gagnante : La préparation mentale, un atout pour les enseignants et leurs élèves
« Conduite gagnante » ! À l’origine de ce concept, une rencontre entre Jean-Michel Vigié, enseignant de la conduite, puis inspecteur du permis de conduire et Christian Ramos, préparateur mental de sportifs de très haut niveau.