Le collectif (EECR) a contacté début mars les services administratifs d’une trentaine de départements. L’objectif ? Attirer l’attention sur les pratiques des enseignants indépendants.
Créé en février dernier, « avec l’objectif d’endiguer certains abus du secteur », selon Bernard Méténier, l’un de ses co-fondateurs, le collectif d’établissements d’enseignement de la conduite responsables (EECR) a lancé début mars une campagne de sensibilisation sur les pratiques illégales des enseignants indépendants. Au total, plusieurs centaines de courriers ont été expédiés aux services administratifs compétents dans une trentaine de départements.
Le collectif, qui compte actuellement une centaine de membres, souhaite que le message produise « un effet boule de neige », indique Valérie Durand, co-fondatrice d’EECR. « Nous avons alerté les services de manière individuelle, mais nous espérons qu’ils entreprendront des actions communes. Des maires nous ont déjà signalés qu’ils sont prêts à mener des contrôles de police en collaboration avec la préfecture. »
« Un faux flou »
À travers cette démarche, le collectif entend souligner l’urgence de clarifier la loi pour contrer efficacement la pratique des enseignants indépendants. « Il existe un faux flou, estime Bernard Méténier. Les enseignants de la conduite peuvent, par exemple, s’enregistrer au registre des métiers sous statut d’auto-entrepreneur, bien que l’activité soit illégale. Pour l’heure, malgré la volonté exprimée par le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, rien ne vient verrouiller leur essor. »
À l’avenir, le collectif souhaite procéder à l’envoi de « deux nouvelles vagues de courriers ». Il veut également exiger de la part du Bon coin qu’il assume « sa responsabilité d’éditeur » et retire de son site les annonces des enseignants indépendants. Et que les auto-entrepreneurs soient identifiés dans les bases des BER pour permettre de cibler les contrôles. Des revendications que le collectif a exprimé auprès de la DSCR et qu’il espère qu’elles seront rapidement suivies d’effet.
A. B.