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groups Groupements — Mai 2017

- Pascal Pierre, président du réseau City’Zen -
« Se plaindre ne suffit pas, il faut agir »

Pour s’adapter aux évolutions du marché, le réseau City’Zen a misé sur une plateforme numérique destinée à ses auto-écoles. Pascal Pierre, son président, en détaille les enjeux.


La Tribune des Auto-Écoles : Comment se porte actuellement le réseau City’Zen ?
Pascal Pierre, président de City’Zen : Notre réseau d’entrepreneurs représentait en 2015 un chiffre d’affaires de 58 millions d’euros, à travers l’ensemble de ses franchises. Notre activité englobe le réseau City’Pro, spécialisé dans la formation professionnelle aux métiers du transport, de la logistique, des travaux publics et de la sécurité en entreprise, et le réseau City’Zen, dédié à l’éducation et à la sécurité routières, à la prévention des risques routiers et à la formation professionnelle. Ces deux activités n’ont ni les mêmes enjeux, ni les mêmes clients.


La Tribune : Comment a évolué le réseau depuis sa création en 2005 ?
P. P. : Notre activité City’Pro s’est développée très vite, dès sa création. Aujourd’hui, il compte 52 centres de formation, répartis sur l’ensemble du territoire. Nous avons été plus prudents concernant le réseau City’Zen, en raison de la crise de 2008. Dans ce contexte, nous n’avions pas particulièrement mis l’accent sur le recrutement de nouveaux enseignants. Actuellement, nous réunissons une centaine d’agences. Un nombre stable depuis près de deux ans.


La Tribune : Quels sont vos projets pour développer le réseau City’Zen ?
P. P. : Nous avons investi, depuis près de deux ans, environ 230 000 euros dans le développement d’une nouvelle plateforme numérique. Elle est en phase de déploiement progressif depuis fin 2016 dans l’ensemble des auto-écoles de notre réseau. L’application propose notamment aux établissements un système de réservation du planning, des alertes sms ou mails automatiques, des scoring nationaux en matière de ratios de gestion, du reporting qualitatif, des alertes de gestion, des fiches de suivi de formation sur tablette ou smartphone, mais aussi une solution de vente en ligne.


La Tribune : Cette stratégie est-elle une réponse au développement des auto-écoles en ligne ?
P. P. : Se plaindre ne suffit pas, il faut agir. Notre rôle est d’essayer d’anticiper l’avenir, de répondre aux nouvelles attentes. Il me semble indispensable qu’une auto-école soit en capacité de s’adapter à la demande. Je ne vois pas comment on pourrait aller contre l’orientation des consommateurs. La plateforme permet à nos agences de développer leurs capacités, d’être plus fortes. Les auto-écoles savent déjà renseigner les clients, former les élèves et leur permettre de réussir à l’examen. L’enjeu est désormais de mettre l’accent sur l’un de leur point faible : la vente en ligne.


La Tribune : Avez-vous rencontré des réticences des adhérents au sein de votre réseau ?
P. P. : Le déploiement de cet outil a suscité des interrogations dans les auto-écoles City’Zen. Les secrétaires se demandent, par exemple, si la réservation en ligne des leçons par les clients ne perturbera pas le planning. Elles craignent, en donnant la main aux élèves, de perdre une partie de leurs tâches. Mais elles auront toujours un rôle important. Elles doivent renseigner les élèves, les conseiller dans leurs démarches et les accompagner dans la réussite de leur formation. L’utilisation de la plateforme représente une révolution culturelle pour nos adhérents. Il y a un processus à respecter, dans la structure de l’information notamment. Mais, pour l’instant, les retours sont bons.


La Tribune : Ne craignez-vous pas que la dématérialisation mette en danger, à terme, l’activité des auto-écoles ?
P. P. : La dématérialisation a ses limites. Nous devons maintenir une relation avec les élèves pour comprendre leurs besoins. Nous avons constaté les difficultés rencontrées par les auto-écoles en ligne, avec la mise en redressement judiciaire de PermiGo. Cet exemple prouve que les établissements traditionnels ne doivent pas chercher à tout prix à baisser leurs tarifs. Ce modèle ne fonctionne pas. Une heure de formation assurée par un salarié qualifié avec une voiture à disposition pour moins de 40 euros de l’heure, ça n’existe pas ailleurs en termes de service. Il ne faut pas aller trop loin. Il faut conserver le local et maintenir le prix du forfait 20 heures, mais aussi se doter d’outils technologiques pour répondre aux changements sociétaux.


La Tribune : Comment souhaitez-vous positionner votre réseau à l’avenir sur le marché de l’enseignement de la conduite ?
P. P. : Nous avons pour objectif de fédérer 60 nouveaux adhérents dans les prochaines années et d’être présents dans près de 200 villes. Nous devons continuer à mettre en commun notre savoir-faire, nos moyens. L’enjeu sera de poursuivre la défense des acquis de la profession, tout en modernisant les établissements et en conservant un bon rapport qualité-prix. Il faut également s’appuyer sur nos compétences de gestion, qui font parfois défaut aux auto-écoles. Ainsi, nous n’avons pas de raisons d’être inquiets pour l’avenir.
Propos recueillis par Arnaud Botrel


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