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handshake Congrès professionnels — Juillet 2008

-CNPA-
Un 31e congrès placé sous le signe de la mobilisation !


Rapport Lebrun, affichage du taux de réussite, réforme du Bepecaser et du CSECAOP, manque de places d’examens… les sujets préoccupant la profession ne manquaient pas lors du 31e congrès CNPA.

Si le soleil n’était pas au rendez-vous pour ce 31e congrès CNPA qui s’est tenu du 8 au 10 mai, aux Sables d’Olonne, en Vendée, l’ambiance était chaude dans la salle du palais des congrès ! Plus de 400 auto-écoles avaient fait le déplacement. Un record selon les organisateurs. Il est vrai que la manifestation du 13 mars dernier a fortement mobilisé la profession. C’est donc une salle pleine à craquer qui a accueilli le sous-directeur à la formation du conducteur, Marc Meunier, venu s’acquitter de la délicate tâche qui consistait à répondre aux doléances d’auto-écoles très remontées sans dévoiler le contenu du rapport Lebrun (présenté à la profession quelques jours plus tard, le 19 mai : voire p. 6 à 8). Un pur exercice de style !

AFFICHAGE DU TAUX DE RÉUSSITE REPORTÉ
Le sous-directeur ne s’est cependant pas dérobé. Il a même débuté son intervention par une révélation ! Interrogé par Daniel Blot, président du CNPA formation du conducteur, sur l’affichage du taux de réussite qui avait été décidé lors du CISR du 13 février dernier, Marc Meunier a déclenché une salve d’applaudissements en déclarant : « Dominique Busserau, secrétaire d’État aux Transports, a annoncé que la mesure ne serait pas appliquée au 1er juin 2008, mais rediscutée dans le cadre de la refonte du permis de conduire ». Par contre, sur la question des délais, pas de miracle ! Marc Meunier a malheureusement reconnu son impuissance : « Il y a différentes options qui permettent de réduire le délai du passage de l’examen : augmenter le nombre d’inspecteurs, transférer leurs tâches ou encore redéfinir la carte des centres d’examens… Aujourd’hui, je n’ai pas la solution, mais il faudra apporter une réponse dans les mois à venir ».

RÉFORMES TOUT AZIMUT
Une lourde tâche en perspective qui s’ajoute à de multiples dossiers en cours. Ainsi, la DSCR travaille au remplacement des systèmes de gestion des examens Aurige et Euclide « devenus obsolètes, car ils ne permettent pas d’effectuer des analyses statistiques fines », a confié Marc Meunier. « Un nouveau système est actuellement en test dans cinq départements et devrait être généralisé en octobre » prochain.
Dans le cadre de la mise en conformité avec une directive européenne, l’examen au permis moto va être modifié avec l’instauration d’une épreuve de freinage de 50 km/h et d’un évitement à 40 km/h. Quant à l’obligation, à partir du 1er janvier 2009, pour les nouveaux obtenteurs du permis B de suivre une formation pour pouvoir conduire un 125 cm3, les 3 heures de formation initialement prévues ont été jugées insuffisantes. Selon le sous-directeur, le sujet devrait être abordé lors du prochain CISR pour tenter de faire passer cette formation obligatoire à 7 heures. Après les deux-roues, les poids lourds ne sont pas oubliés puisque le contenu de l’épreuve écrite et de maniabilité va être revu. Autre sujet brûlant : la réforme du Bepecaser. Devenue un véritable serpent de mer, elle semble cette fois bien enclenchée ! Michel Schipmann, vice-président du CNPA a expliqué avoir collaboré, l’été dernier, à la conception de 12 fiches portant sur le programme de formation et le contenu de l’examen. Pour sa part, Marc Meunier a assuré que la DSCR travaillait « sur l’élargissement des voies d’accès, notamment de niveau 4 et à une certification du diplôme par l’Éducation nationale et le ministère du travail ». Quant à la réforme du CSECAOP, elle est reportée à l’an prochain (voir p.12).

RÉFORME DU PERMIS : LES AUTO-ÉCOLES IMPLIQUÉES
Dernière réforme en vue et non des moindres : celle du permis. Sur ce point, Daniel Blot a été clair : « Touche pas à mon métier ! », s’est-il exclamé. Et de balayer l’idée de confier le passage du Code à l’Éducation nationale : « Cela ne sert à rien de retirer le Code aux auto-écoles pour rendre le permis de conduire moins cher, car c’est le Code et non la conduite qui permet aux établissements d’arriver à un équilibre financier. Si les auto-écoles n’ont plus le Code, elles devront augmenter le tarif de leurs heures de conduite ». Par ailleurs, le président du CNPA a fustigé le postulat de départ qui consistait à améliorer la sécurité routière. « Le Code sera passé à 14 ans et restera valable pendant plusieurs années… c’est absurde ! ». Très attentif aux revendications de la profession, le sous-directeur ne pouvant cependant en dire plus sur la réforme, s’est contenté de rassurer les congressistes. « Le permis de conduire n’est pas trop cher en lui-même et ce n’est pas démagogue de ma part, au vu du contenu de la formation, des tarifs qui se pratiquent en Europe et de l’investissement nécessaire pour l’achat et l’assurance du véhicule. Mais il faut trouver des moyens d’alléger le coût pour les personnes en difficulté ». Marc Meunier a donc rappelé quelques pistes déjà mises en œuvre comme le permis à 1 euro « qui a eu son succès et dont le système devrait être perfectionné » notamment pour aider les jeunes à cautionner leur dossier auprès des banques ; la bourse au permis dont la charte a été signée par l’association des maires de France en décembre dernier ; ou encore la filière de l’apprentissage avec la participation de la CAPEB. « Le rapport Lebrun devrait présenter une palette de possibilités de réformes. Vous allez être impliqués dans les réflexions ! Votre métier va évoluer. Ce n’est pas une réforme qui est destinée à vous retirer vos compétences sans rien vous donner en échange », a déclaré le sous-directeur à un auditoire dans l’expectative, avant de lancer : « On va rebattre les cartes ! Et vous avez une carte à jouer » !

Sandrine Ancel


SENSIBILISATION À L’ÉCO-CONDUITE
Après la tenue du Grenelle de l’environnement, auquel le CNPA a participé, l’éco-conduite* est plus qu’un sujet d’actualité. Jean-Vincent Malinowski, représentant de la France à la Cieca (Commission internationale des permis de conduire), a animé une conférence sur le sujet qui a remporté un franc succès. Constat : la population mondiale ne cesse d’augmenter, la pollution par habitant a été multipliée par 1 000 en 200 ans et la mondialisation ne laisse pas de place aux raisonnements à long terme car l’« on veut tout et tout de suite ». Conséquence : on assiste à un réchauffement climatique qui provoque divers changements graves et irréversibles pour l’environnement. La situation n’est cependant pas inéluctable, à condition de réagir a rappelé Jean-Vincent Malinowski, avant de citer Gandhi : « Nous devons être pour nous-mêmes le changement que nous souhaitons pour le monde ». L’utilisation de la voiture constitue un facteur de pollution sur lequel nous pouvons agir en adoptant une éco-conduite.


MODIFIER SON MODE DE CONDUITE
Déjà appliquée dans certains pays (Allemagne, Estonie, Finlande, Lituanie, Suède, etc.), l’éco-conduite permet non seulement de réduire la pollution, mais aussi la consommation de carburant (économies financières), de diminuer les nuisances sonores et les accidents de la route. Pratiquer l’éco-conduite implique juste de changer ses habitudes en roulant notamment « sur le couple », en passant rapidement les vitesses, mais aussi en vérifiant la bonne pression des pneus, en n’utilisant pas une galerie à vide, etc. Mais si ces gestes sont à la porté de tous, Jean-Vincent Malinowski, reconnaît qu’en France, l’examen du permis de conduire n’est pas adapté à de telles pratiques. En clair, « si un candidat appliquait l’éco-conduite à l’examen, il serait ajourné ». D’où la nécessité de modifier l’épreuve pratique pour y inclure l’éco-conduite comme cela se fait déjà dans certains pays européens.

 

S. A.

*À noter que l’Anper a mis au point un stage « éco-conduite ». Cette formation destinée aux enseignants de la conduite se déroule sur une journée et allie théorie et pratique. Le premier stage aura lieu en septembre 2008. Renseignements au 01 41 44 82 60 ou sur le site www.anper.info.



 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ANPER : UN BILAN 2007 POSITIF
Lors de ce 31e congrès, l’Anper a également tenu son assemblée générale. Avec une augmentation de 7 % du nombre de ses adhérents, l’année 2007 se révèle positive. Il est vrai que l’association n’a pas chômé puisqu’une cinquantaine d’opérations de sensibilisation à la conduite des cyclomoteurs, d’animation dans le cadre de la conduite accompagnée ou de voyages-écoles ont été organisées dans une trentaine de départements. Et environ cinquante autres opérations ont été menées auprès des entreprises. Parallèlement, l’Anper a dispensé divers enseignements dans le cadre de la formation professionnelle continue : réactualisations des connaissances pédagogiques pour les enseignants de la conduite dans le cadre du DIF, réactualisations des connaissances pour les gérants (l’association étudie d’ailleurs de nouveaux contenus pour le 2e cycle de ces stages désormais obligatoires), information sur la réforme du permis bateau, etc.


DÉVELOPPER LA COMMUNICATION
Le nombre de stages de récupération de points a augmenté de 5 % par rapport à 2006.
« C’est bien, mais on aurait pu faire mieux encore, a commenté le président de l’Anper, Loïc Turpeau, car au niveau national, la demande du public a enregistré une hausse de 20 %. Il y a des choses à faire et l’on attend également beaucoup de la mission du GEMA qui travaille à la redéfinition du permis à points. » Cependant, malgré les bons résultats de 2007 et la présence de 1 200 points de vente Anper répartis sur le territoire français, Loïc Turpeau a constaté que l’association était encore mal connue du grand public. « Il faut se faire connaître ! » a-t-il déclaré, avant de donner pour consigne aux adhérents d’apposer systématiquement le logo de l’Anper sur leurs vitrines et voitures, et, d’encourager vivement les gérants à créer leur propre site Internet arborant bien évidemment les couleurs de l’association. « On a du savoir-faire, il faut le faire savoir ! ».

ÉLECTIONS D’UN NOUVEAU BUREAU
Après l’approbation du rapport moral et financier, cette assemblée générale a également été l’occasion de renouveler un tiers du bureau du conseil d’administration. Patrick Bessone, Daniel Blot et Claudio Fabri (l’un des créateurs de l’association) constituaient les trois membres sortants. Ont été élus Nicolas Boissel et Yvette Siffointe, ainsi que Patrice Bessone qui s’était représenté à son propre poste.

S. A.



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