Le 22 mars dernier, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, a signé avec le Conseil national de l’ordre des pharmaciens une convention visant à renforcer la sensibilisation aux effets des médicaments sur la conduite.
Si la majeure partie des conducteurs a conscience que la prise d’alcool ou de drogue peut avoir un effet néfaste sur la conduite d’un véhicule, c’est nettement moins évidement pour la prise de médicaments. Pourtant, selon Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière,
« 3,4% des accidents mortels sont attribués à une prise de médicaments ». Et dans la moitié des cas, les traitements en cause sont des benzodiazépines (substance présente dans les anxiolytiques et les somnifères). Or, on estime à plus de 11 millions le nombre de personnes qui consomment des benzodiazépines, en France. D’où l’importance de sensibiliser les conducteurs sous traitement des risques encourus.
Trois pictogrammes de couleurs différentes
Depuis 2008, trois pictogrammes de couleurs différentes sont apposés sur les boîtes de médicaments et permettent d’alerter le patient des risques sur la conduite. Le niveau 1 (jaune) conseille d’être « prudent et de ne pas conduire sans avoir lu la notice ». Dans ce cas, le risque est faible et la prise de médicament ne remet normalement pas en cause la conduite. Le niveau 2 (orange) demande d’être « très prudent et de ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé ». Enfin, le niveau 3 (rouge) indique « attention, danger : ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite, demandez l’avis d’un médecin ».
Un message encore mal assimilé
Si ces pictogrammes existent depuis près de 10 ans, ils ne sont pas assez connus des patients ou du moins, pas assez pris en compte. Pourtant, selon Emmanuel Lagarde, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale INSERM), un conducteur qui prend un médicament de niveau 2 présente 25% de risques en plus d’avoir un accident et 50 % avec un médicament de niveau 3. L’impact est donc loin d’être négligeable.
C’est pourquoi le ministère de l’Intérieur et le ministère des Affaires sociales et de la Santé lancent une nouvelle campagne de sensibilisation du grand public. Cette dernière s’appuie sur les pharmaciens qui vont recevoir un kit d’information comprenant une affiche comportant comme slogan : « La sécurité sur la route commence sur votre table de nuit », un film d’information (pour ceux qui sont équipés d’un écran dans leur officine), une fiche mémo pour les pharmaciens et un dépliant destiné au public.
La même campagne devrait être menée avec les médecins et des fascicules devraient être créés pour les auto-écoles. Objectif : faire passer le message auprès du public par des professionnels reconnus.
S. A.