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warning Sécurité routière — Avril 2017

- Infrastructures -
Supprimer les feux rouges, un bénéfice pour la sécurité ?

Dans l’optique de réduire les embouteillages et de faire chuter le nombre d’accidents, plusieurs villes ont décidé de retirer les feux à certains carrefours.


Les feux rouges sont-ils vraiment indispensables ? Ce n’est pas l’avis du Conseil de Paris, qui a voté le 30 janvier dernier l’expérimentation de l’abandon de plusieurs feux tricolores situés en zone 30 dans certains quartiers de la capitale, dès 2018. Cette expérimentation consiste à remplacer les feux par des stop, des cédez-le-passage ou des priorités à droite.
Cette idée originale a été proposée par le groupe écologiste du Conseil de Paris. « De prime abord, cette demande peut paraître étonnante », concède David Belliard, co-président du groupe. « Mais selon les études menées par le MIT (Massachusetts Institute of Technology), les feux tricolores sont source de dangers, car il est avéré que les conducteurs sont moins attentifs aux piétons, aux vélos ou aux autres automobilistes quand les feux balisent leur trajet ». En d’autres termes, les automobilistes seraient tellement accaparés par les feux rouges qu’ils en oublieraient de porter attention aux autres usagers de la route. Les élus verts soulignent également que la suppression des feux « permettrait de réaliser des économies d’énergie et budgétaires (achat et entretien des feux) ».


De nombreux exemples dans l’Hexagone
Paris n’est pas la seule ville à tester la suppression des feux rouges. Bordeaux, qui compte pas moins de 669 carrefours à feux tricolores, a décidé en 2015 d’en supprimer une trentaine, afin de fluidifier le trafic – tout en réduisant la vitesse – et de responsabiliser davantage les conducteurs. D’ici 5 ans, 300 carrefours à feux seront concernés.
« En l’absence de feux de signalisation, l’attention est beaucoup plus développée chez les usagers, estime Michel Duchène, vice-président de Bordeaux Métropole en charge des grands projets d’aménagement urbain. Car le sentiment un peu factice de sécurité est remis en cause et chacun doit faire attention à l’autre . »
Pour sa part, la commune d’Abbeville (Somme), qui compte 26 000 habitants, a également tenté l’expérience. Afin de fluidifier la circulation, les dix carrefours qui comportaient des feux ont été remplacés par des ronds-points et des cédez-le-passage. Il ne subsiste plus qu’un unique feu rouge, qui devrait d’ailleurs bientôt disparaître.
Enfin, à Toulouse, la suppression des feux rouges s’effectue plutôt au cas par cas, comme par exemple avec la création du rond-point de Jolimont, qui s’est accompagnée d’une diminution du nombre des accidents.
Mais il n’y a pas qu’en France que les feux rouges sont poussés vers la sortie. À Philadelphie (États-Unis), les intersections au sein desquelles les feux rouges ont été remplacés par des cédez-le-passage ont vu leur nombre d’accidents chuter de 25%.


Éviter les collisions frontales
Pour Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention routière, la suppression des feux rouges va dans le bon sens, « puisqu’elle semble entraîner une baisse notable du nombre des accidents, par exemple à Toulouse, où l’on a constaté une diminution de 78% des accidents depuis le remplacement de certains feux par des petits giratoires. Cela présente l’avantage de réduire la vitesse, mais aussi d’éviter les collisions frontales, les plus graves. Mais si cet aménagement est réalisable dans les environnements péri-urbains, il est plus difficile à mettre en œuvre dans les centres villes, notamment pour pouvoir assurer le passage des bus et des poids lourds. De plus, si les ronds-points sont très adaptés aux automobilistes, ils prennent moins bien en compte les piétons, pour qui traverser même sur un passage protégé demande une grande attention avant de s’engager ».
C. S.


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