Les centres d’instruction au Titre professionnel font appel à des élèves test dans le cadre de leurs formations. Une approche pédagogique enrichissante pour les futurs enseignants, mais aussi pour les candidats au permis.
Les centres d’instruction au Titre professionnel, anciennement Bepecaser, ont régulièrement recours à des cobayes dans le cadre des modules pratiques intégrés dans leurs formations. Ces élèves, qui profitent de cette opportunité pour développer gratuitement leurs compétences, se rendent disponibles pendant une ou plusieurs demi-journées, selon leurs possibilités. L’aspirant moniteur, lui, assimile les ressorts de l’enseignement de la conduite en conditions réelles, sous l’œil avisé d’un titulaire du BAFM.
Un large besoin
Au centre de formation Notre-Dame sécurité routière, à Longvic, en Côte d’Or, près de 30 stagiaires suivent chacun 10 cours pédagogiques par session. Soit, au total, 300 heures de conduite. « Pendant les trois premières leçons, le BAFM passe derrière le volant. Nous faisons ensuite appel à des élèves test », explique Nicolas Goerend, le directeur du centre. À l’Epmeca (École préparatoire au monitorat d’enseignement de la conduite automobile), au Mans, le besoin est discontinu. Des stages de formation au Titre professionnel sont planifiés « jusqu’à fin juin 2018. Il y a toujours une à deux voitures en circulation », précise Jérôme Amirault, responsable pédagogique au sein de la structure.
Pour trouver les élèves test, les centres de formation ont leurs techniques. Certains laissent une annonce à l’université, comme l’Epmeca, à la faculté du Mans, d’autres se tournent essentiellement vers un réseau d’auto-écoles. « Nous sommes en relation avec un établissement, qui dispose de cinq bureaux à Dijon », indique Nicolas Goerend. Plus simple, une salariée d’un centre de formation d’Île-de-France avoue que les élèves viennent directement à eux.
« Ils appellent la préfecture, qui leur communique notre numéro. Rapidement, le bouche-à-oreille prend le relais. »
Des élèves en difficulté
Les cobayes, inscrits dans une auto-école, sont étudiants, salariés ou demandeurs d’emploi. « En général, ils ont moins de 30 ans, sauf quelques-uns qui se lancent sur le tard », explique Jérôme Amirault. Ils doivent fournir une copie de leur livret d’apprentissage et du Cerfa 02 et justifier de quelques leçons en auto-école. Souvent, reconnait Jérôme Amirault, les élèves « ont déjà pris beaucoup de cours. Ils ont pu tomber dans une spirale négative et accumuler sans succès des heures de conduite supplémentaires ».
Les sessions avec un aspirant formateur peuvent être salvatrices pour les élèves en difficulté. « En auto-école, ils sont suivis par un même enseignement. Là, ils peuvent bénéficier d’un regard extérieur », explique la salariée d’un centre de formation d’Île-de-France. Ils sont également confrontés à des méthodes d’apprentissage différentes, avec un volet pédagogique « davantage personnalisé. On explique plus et on roule moins. Sur une heure, près de 40 minutes sont réservées à la conduite. Le reste du temps est consacré à l’évaluation », détaille Jérôme Amirault.
Varier les profils
Les formateurs stagiaires, de leur côté, doivent évaluer les besoins des élèves, apprendre à les connaître, et composer avec leur niveau. Sachant que leur degré de compétences varie selon les profils. « Nous discutons au préalable, afin de savoir où ils se situent. Nous prenons ensuite soin de ne pas programmer que des élèves en difficulté, pour que le stagiaire soit en capacité de mesurer réellement l’impact de son travail », souligne Jérôme Amirault. Pour lui, les élèves test sont « indispensables » au bon fonctionnement du centre de formation. Et à la réussite des futurs enseignants.
A. B.