Depuis plusieurs mois, les auto-écoles martiniquaises traversent d’importantes turbulences. La faute, selon les professionnels de la conduite, aux dispositions de la loi Macron, tel que l’encadrement des frais d’accompagnement à l’ETG.
En Martinique, les auto-écoles craignent pour leur survie. Elles enregistrent depuis la mise en application des dispositions de la loi Macron une baisse de leur fréquentation et une érosion de leur chiffre d’affaires. La raison, selon les enseignants de la conduite ?
L’encadrement des frais d’accompagnement à l’ETG, désormais plafonnés au montant d’une heure de conduite.
Avant l’entrée en vigueur de la loi Macron, certaines auto-écoles martiniquaises facturaient les frais de présentation « à hauteur de 135 euros, précise Grégoire Galot, président du syndicat UMICA SR (Union martiniquaise des indépendants de la conduite automobile et de la sécurité routière affiliée à l’Unic). Aujourd’hui, ils ne peuvent pas excéder 35 euros, soit le prix généralement pratiqué en Martinique pour une heure de conduite. Le manque à gagner est donc important. »
Des auto-écoles contraintes de fermer
Pour Grégoire Galot, la loi Macron discrimine certains territoires, comme la Martinique, où, notamment, « les charges sont plus importantes, le leasing inexistant et le prix de l’heure de conduite plus faible qu’en métropole ». Avec les autres syndicats de l’île, il a interpellé les autorités, en vain. « Elles nous demandent de fournir des dizaines de liasses fiscales pour justifier de la baisse du chiffre d’affaires. Mais nous pensons que ces documents n’auront aucun impact. »
Même s’il se félicite de l’annulation par un arrété du 14 octobre dernier de l’ancienneté maximale, soit 6 ans, pour les véhicules d’apprentissage en Martinique, Grégoire Galop tire la sonnette d’alarme : « Des auto-écoles ont déjà mis la clé sous la porte. Celles qui résistent ne parviennent pas à dégager des bénéfices. » Dans ce contexte, il réclame « une dérogation » accordée aux auto-écoles martiniquaises qui permettrait de s’affranchir de l’encadrement des frais d’accompagnement. « C’est une question de survie », prévient-il.
A. B.