Les élèves des écoles de conduite de Seine-Maritime ont eu la surprise d’être contrôlés par la police pendant leurs heures de conduite, à des fins pédagogiques, et avec la complicité de leurs moniteurs.
Une fois le permis de conduire en poche, un jeune conducteur se fera un jour ou l’autre contrôler par les forces de l’ordre, que ce soit pour un simple contrôle de routine (papiers du véhicule, vérification du permis de conduire…), un test d’alcoolémie ou un dépistage de stupéfiants. Mais il ne sera pas préparé à ce contrôle, cette thématique étant généralement rarement abordée lors de l’enseignement de la conduite.
Un double objectif
Pour sensibiliser les élèves des écoles de conduite aux contrôles de police, mais également pour les informer en amont du permis des risques liés à l’alcool, aux stupéfiants et à l’usage du téléphone au volant, la coordination départementale de la sécurité routière de la DDTM 76 (Direction départementale des territoires et de la mer de Seine-Maritime) a décidé de se mobiliser, en partenariat avec la gendarmerie. Dans le cadre du plan départemental d’actions de sécurité routière (PDASR), elle a pris l’initiative de procéder, le 20 octobre dernier, à des contrôles spécifiques sur les véhicules-écoles du département. Si toutes les écoles de conduite avaient été sollicitées, huit ont finalement pris part à l’opération. Leurs enseignants de la conduite avaient été prévenus en amont des contrôles, mais, bien entendu, pas leurs élèves ! Sur la route départementale 6015, sur la commune de Sainte-Marie-des-Champs, des contrôles de routine ont été effectués, avec vérification des papiers, du véhicule et du livret d’apprentissage de l’élève. Puis, un test d’alcoolémie a été effectué, aussi bien sur l’élève que sur l’enseignant de la conduite.
Comme le souligne Éric Royer, coordinateur sécurité routière à la DDTM 76, « cette première action de sensibilisation sera amenée à se renouveler régulièrement, car la prévention et l’éducation des jeunes conducteurs est une priorité dans le département. C’est grâce à ce type d’action que les messages de conduite apaisée et de conducteur responsable sont véhiculés efficacement ».
Une auto-école enthousiaste
Valérie Michel, gérante et enseignante de l’auto-école des Hautes Falaises, sise à Épreville, détaille sa participation à l’opération. « Trois élèves sont partis avec moi en leçon de conduite, avec au volant, une jeune fille qui suit la filière AAC, plus expérimentée. Cela ne l’a pas empêchée d’être un peu paniquée lors du contrôle ! Le policier lui a demandé de présenter son livret d’apprentissage, a exigé de voir mon autorisation d’enseigner, puis nous a même présenté les véhicules banalisés et les radars. Nous avons enfin eu droit à un test d’alcoolémie, bien entendu négatif ».
Des ateliers pour compléter les contrôles
Les contrôles routiers ont été suivis d’ateliers tenus par des intervenants de sécurité routière de la DDTM 76 et des gendarmes, dans les locaux du peloton motorisé de la commune d’Écalles-Alix, afin de sensibiliser les élèves des écoles de conduite aux risques liés à l’alcool, aux stupéfiants et aux distracteurs de conduite (téléphone, GPS…).
« On nous a notamment présenté les lunettes simulant l’alcoolémie, indique Valérie Michel. Elles permettent de se rendre compte des conséquences de l’état d’ébriété sur la conduite. Convaincue par cet outil pédagogique, je vais en équiper mon établissement. »
L’initiative de procéder à des contrôles routiers a également séduit de nombreux internautes sur la page Facebook de La Tribune des Auto-Ecoles, qui ont exprimé leur souhait qu’elle soit également mise en place dans leur département.
C. S.