Le 33e congrès de CER Réseau s’est tenu du 20 au 23 octobre à Bordeaux, en Gironde. Un événement très festif qui n’a cependant pas occulté les préoccupations des congressistes quant à l’avenir de la profession.
Pour ce 33e congrès, CER Réseau avait mis les petits plats dans les grands : animation du hall d’exposition par une chanteuse et un groupe de danseurs polynésiens, soirée cabaret, soirée de gala dans un château avec dégustation de vins et journée en mer dans le bassin d’Arcachon avec dégustation d’huîtres. De quoi donner le sourire aux congressistes venus en nombre.
Pour autant, l’ambiance était également au travail. Et pour cause, « entre la loi Macron, la concurrence du web avec des start-up qui disposent de moyens financiers pour avancer, la baisse des tarifs due à des casseurs de prix, mais aussi des candidats de plus en plus nombreux à venir en auto-école sans être intéressés par la conduite, il y a eu plus de changements en trois ans que durant ces trente dernières années », a déclaré Patrick Crespo, président de CER Réseau. Fort de ce constat, le président de CER Réseau estime que l’on ne peut pas arrêter l’histoire lorsque cette dernière est en marche. Mais il convient bien évidemment de s’interroger sur les évolutions et de proposer des mesures qui assurent la pérennité de la profession.
Investir pour survivre
« Jusqu’à récemment, la clientèle arrivait à l’auto-école sans que cela nécessite trop d’effort. Maintenant, il va falloir aller la chercher », a martelé Patrick Crespo. Pour cela, le président de CER Réseau propose plusieurs axes de développement. Ainsi, pour contrer la concurrence des auto-écoles en ligne, il lui semble indispensable d’opter pour « des locaux adaptés » avec « des vitrines qui attirent le regard » et « d’investir dans le digital ». Il convient notamment de « travailler avec les éditeurs pédagogiques pour être le plus opérationnel possible », mais aussi de revoir les « offres commerciales en proposant des prestations à l’unité plutôt que des packages ».
Une nouvelle identité visuelle
Selon Patrick Crespo il est également important de « faire évoluer la charte graphique ». Les congressistes ont pu découvrir la nouvelle identité de CER Réseau, notamment sur une Renault Clio et sur un panneau auto-école. Ainsi, les trois couleurs de CER Réseau sont conservées, mais le rouge et le noir de la route stylisée sont plus présents sur le capot et les flancs de la voiture, ainsi que sur le panneau de toit, afin de se voir de loin. Le slogan « CER, c’est être responsable » est abandonné au profit de « C’est réussir ». Une notion volontairement plus marketing que pédagogique pour interpeller le futur élève qui se focalise souvent plus sur le taux de réussite que sur l’aspect pédagogique de la formation.
Miser sur la labellisation
Enfin pour lutter contre la concurrence, Patrick Crespo prône la labellisation afin de mettre en avant la qualité. Une idée qui avait été évoquée au sein de CER Réseau dès 2014, mais qui devrait prendre véritablement corps dès l’année prochaine, avec un audit du réseau par un organisme extérieur indépendant, prévu pour le printemps 2017. Une charte avec un système de points devrait alors être élaborée. Mais Patrick Crespo se veut rassurant et assure qu’il y aura « un seuil minimum à la portée de tous ». D’un point de vue financier, cette qualification aura un coût puisque les établissements labellisés devront s’acquitter d’une contribution mensuelle.
Si la plupart des congressistes s’accordent sur la nécessité de proposer un enseignement de qualité, certains ont émis des doutes quant à l’intérêt de cette labellisation, arguant notamment que cette notion étant prévue dans la réforme du permis de conduire, les futurs élèves ne feraient pas forcément la distinction entre les différents niveaux de labellisation.
Nomination au sein du CSER
Mais CER Réseau dispose également d’une nouvelle arme pour défendre les intérêts de la profession. En effet, le 29 juillet dernier, Patrick Crespo a été nommé en qualité de président des CER au Conseil national de l’Éducation routière (CSER) en tant que personnalité qualifiée, par Emmanuel Barbe, délégué à la Sécurité et à la circulation routières. Une nomination qui lui permettra de participer aux réunions et de faire entendre la voix de CER Réseau auprès du gouvernement. Tout un symbole qui, comme le souhaite Patrick Crespo, participe à « affirmer l’identité du réseau CER ».
S. A.
Hommage à Rolland Dupuy
C’est non sans une certaine émotion que Patrick Crespo, mais également tous les anciens présidents de CER Réseau (Jean Darrigrand, Michel Malbert et Alain Dauchez) ont rendu hommage à Rolland Dupuy. En effet, le président fondateur de CER Association en 1983 est décédé le 11 janvier dernier, à l’âge de 84 ans.