Jean-Sébastien Coppin, enseignant de la conduite dans le Nord et président des Rubans Verts, qui rassemblent les écoles de conduite en restant critique vis-à-vis des réformes en cours, fait le point sur l’association 2 ans après sa création.
La Tribune des Auto-Écoles : Où en sont les Rubans Verts 2 ans après leur création ?
Jean-Sébastien Coppin : Fondés en septembre 2014, les Rubans Verts sont une association de type loi 1901, qui a pour but de fédérer les professionnels de l’enseignement de la conduite, notamment face aux réformes engagées par le gouvernement, et de revaloriser la profession. Nous n’avons sans doute pas le poids d’un syndicat mais davantage de liberté de parole. L’association, ouverte à tous (exploitants, enseignants, secrétaires, syndiqués ou non), regroupe aujourd’hui 62 adhérents dans une vingtaine de départements. En plus de nombreuses réunions locales, notre AG annuelle, le 23 juin dernier à Bondues (Nord), nous a permis de procéder à la réélection de notre bureau et de transférer notre siège social à Marcq-en-Barœul (Nord).
La Tribune : Pour tirer la profession vers le haut, vous avez mis en place deux chartes qualité pour vos adhérents…
J-S. C : Cette double charte qualité (établissements et enseignants) a pour but la revalorisation mais aussi l’uniformisation de l’enseignement. La charte qualité pour les établissements insiste par exemple sur l’obligation de réaliser l’évaluation de l’élève avant la signature du contrat. On exige aussi que les écoles de conduite labellisées Rubans Verts donnent de vrais cours de Code, et ne se contentent pas de faire tourner un DVD. La charte qualité enseignants implique le respect de la loi, de l’élève, du temps de conduite sans usage à des fins personnelles, etc. Comme il est difficile de contrer les auto-écoles en ligne prônées par le gouvernement, les auto-écoles traditionnelles doivent se différencier par la qualité.
Nous avons aussi le projet de créer une chaîne Youtube (vidéos prises lors des leçons, conseils pour effectuer les vérifications du véhicule ou prendre un giratoire…), accessible aussi bien à la profession qu’aux élèves ou au grand public, dans le but de montrer la réalité de notre métier afin de le revaloriser.
La Tribune : Êtes-vous favorables à la privatisation de l’ETG ?
J-S. C : Nous y sommes défavorables, car cela va coûter cher aux candidats, puisqu’ils doivent payer 30 euros à chaque passage. Et si les élèves peuvent s’inscrire seuls à l’examen, seront-ils vraiment prêts ? Le taux de réussite va chuter et les élèves devront repayer des places d’examen à l’ETG. De plus, une école de conduite fait principalement son bénéfice sur l’enseignement du Code. Donc, si elle n’a plus ce dernier, elle va répercuter ce manque à gagner sur le prix des heures de conduite, ce qui sera encore préjudiciable aux élèves.
Nous pensons que d’une manière générale, le gouvernement veut se débarrasser de l’examen du permis de conduire, afin de faire des économies. Cela va mener à la privatisation des examens pratiques poids lourd et moto, puis ce sera au tour du permis B.
La Tribune : La nouvelle méthode d’attribution des places d’examens, prévue pour le
1er janvier 2017, va-t-elle dans le bon sens ?
J-S. C : Prendre en compte le nombre d’enseignants dans le calcul des places n’est pas une mauvaise idée. Mais cette nouvelle méthode risque de creuser un fossé entre les grosses et les petites auto-écoles, pénalisant notamment les gérants qui travaillent seuls. La MNA augmentera sans doute le nombre de places, mais si le coefficient d’attribution des places baisse, en cas de manque d’inspecteurs, elle ne changera rien au final.
Propos recueillis par Christophe Susung
Le bureau
Président : Jean-Sébastien Coppin
Vice-président : Arnaud Vandermessinck
Secrétaire : Virginia Courtin
Trésorière : Nathalie Lequien