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school Pédagogie — Juillet 2016

- Boîte automatique -
L’avenir de la formation à la conduite ?

Se passer de pédale d’embrayage lors des leçons de conduite est un soulagement ou une nécessité pour de nombreux apprentis conducteurs. Selon certains enseignants, l’usage d’une boîte automatique pour l’apprentissage de la conduite gagnerait même à être élargi à l’ensemble des élèves.


Si les écoles de conduite utilisent encore en majorité des véhicules à boîte de vitesse manuelle, il existe des besoins nécessitant des voitures à boîte automatique. Premier usage, le permis spécifiquement boîte automatique, notamment destiné aux élèves qui rencontrent des difficultés avec la boîte mécanique (calages fréquents, démarrages en côte délicats). La boîte automatique est également adaptée aux personnes avec un handicap léger ou plus important. Les véhicules équipés d’aides à la conduite spécifiquement destinés à l’apprentissage des personnes à mobilité réduite sont d’ailleurs systématiquement équipés de boîtes automatiques.

Élargir l’usage de la boîte auto
En dehors de ces usages spécifiques, ne pourrait-on pas élargir l’apprentissage sur boîte automatique à la formation « classique » ? Certes, les mentalités sont encore réticentes à aller dans ce sens, mais elles sont en train d’évoluer. Pour preuve, la nouvelle ETG a intégré des questions sur les boîtes automatiques. Autre signe des temps, les taxis roulent désormais en majorité en boîte automatique. Enfin, les véhicules électriques (dont les Autolib) et les hybrides, dont l’utilisation progresse lentement mais sûrement, disposent systématiquement d’une transmission automatique.  

Un début d’apprentissage plus serein
En attendant que l’apprentissage sur boîte automatique se généralise, il est possible d’adopter une solution transitoire, qui consiste à effectuer les premières leçons sur boîte automatique, avant de continuer sur boîte manuelle. Cela permet de débuter l’apprentissage par un travail privilégiant l’anticipation, le regard sur l’environnement extérieur, l’insertion dans le trafic, ou encore la manipulation du volant. Éviter de se focaliser sur le maniement de la boîte manuelle permet d’amoindrir la « charge mentale » de l’élève (peur de caler, questionnement sur le moment le plus opportun pour changer de rapport).
C’est la méthode que privilégie Caroline Lemaire, gérante de l’école de conduite de Vaucresson (Hauts-de-Seine). « Un des principes de base de la pédagogie est d’aller du plus simple au plus compliqué, et non l’inverse. Commencer l’apprentissage de la conduite en boîte automatique est à mon sens plus aisé que de le commencer en boîte manuelle. Cela permet de gérer plus rapidement le plus important quand on est au volant d’une voiture, c’est-à-dire l’environnement. Car conduire, ce n’est pas uniquement savoir déplacer une voiture ! Et en termes de concentration, se focaliser sur le fonctionnement de la boîte manuelle est énergivore. De plus, les élèves se préoccupent davantage de la gestion de la boîte manuelle que de leur allure ! » Quant à la régularisation du permis automatique en permis manuel, poursuit Caroline Lemaire, « elle peut s’effectuer en candidat libre, même sur un véhicule non équipé de doubles commandes. L’inspecteur ne peut sanctionner l’élève sur sa conduite, puisqu’il a déjà le permis, mais uniquement sur sa capacité à bien manier la boîte manuelle. Pour toutes ces raisons, les  élèves qui acceptent de débuter sur boîte automatique le regrettent rarement. »

Une élève convaincue
Pour Camille, l’une des élèves de Caroline Lemaire, la méthode a porté ses fruits. « J’ai choisi cette formule car durant mon enfance, j’avais été traumatisée par un grave accident qu’avaient eu mes parents et j’appréhendais de prendre le volant. Il me fallait pourtant absolument décrocher le permis, et Caroline m’a conseillé de commencer sur un véhicule à boîte auto, afin de me concentrer davantage sur l’environnement de la conduite, et d’avoir à nouveau confiance en les autres usagers de la route. Je n’ai rencontré aucun souci avec cette formule, et j’ai même obtenu mon permis du 1er coup en mai 2016 ».
Cependant, les opposants à cette méthode font remarquer que le maniement d’une boîte mécanique est une compétence complexe, qui doit justement être abordée assez tôt. De plus, il faut investir dans un véhicule à boîte automatique, plus coûteux, ce qui n’est par exemple pas à la portée d’un enseignant-gérant seul aux commandes de son auto-école. Enfin, l’offre de véhicules d’apprentissage disponibles d’origine en boîte auto reste relativement restreinte, tout comme ceux proposés en LLD.

Vers la fin de la régularisation ?
Mais comme le souligne Bruno Garancher, président d’ECF, « l’usage croissant de la boîte automatique en auto-école va permettre de diminuer le nombre d’heures de conduite, car l’apprentissage de la boîte de vitesse mécanique prend de 25 à 30% du temps de formation. Dans cette optique, il se murmure qu’un texte est en préparation, qui supprimerait l’obligation de passer la régularisation avec un inspecteur, simplement remplacée par une formation « passerelle » en auto-école, suffisante pour être autorisé à conduire un véhicule à boîte manuelle avec un permis boîte automatique ».
C. S.


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