En complément de la formation en circulation, l’apprentissage virtuel gagne peu à peu du terrain.
Qui dit apprentissage virtuel de la conduite, dit simulateur. Il permet de réaliser les évaluations de départ et de peaufiner la maîtrise du véhicule hors des contraintes de la circulation réelle. Mais aussi de préparer les élèves à toutes les situations qu’ils seront amenés à rencontrer sur la route, par tous les temps (pluie, neige, brouillard…), la nuit comme le jour. Il permet aussi de gagner du temps sur la formation et de réduire le coût du permis pour l’élève, l’auto-école pouvant en outre réaliser des économies de carburant et d’assurance.
Selon l’arrêté du 22 décembre 2009, « 5 h sur les 20 obligatoires peuvent être effectuées hors-circulation », c’est-à-dire notamment sur simulateur, y compris l’heure d’évaluation. Il n’est pas interdit de calculer au prorata de cette base le volume d’heures réglementaires sur simulateur si l’élève effectue 30 ou 40 heures de leçons, le cas le plus fréquent.
Un investissement de poids
Acheté (de 17 000 à 60 000 euros) ou loué sur 3 ou 4 ans, un simulateur n’est pas donné. Ce n’est pourtant pas ce qui a freiné Yohann Berthe, directeur de l’auto-école Drive Innov’ (2 agences dans la Drôme), qui fonde même son concept pédagogique sur l’utilisation intensive du simulateur. En avril 2015, il a été le premier dans l’Hexagone à investir dans un modèle Develter Pro Evolution à plateforme dynamique (60 000 euros dans sa configuration la plus évoluée). « Sans regret, car ce simulateur reproduit à l’identique un véritable habitacle (volant, sièges…). Ses trois écrans de 160 cm de largeur, ses vérins, autorisent une conduite on ne peut plus réaliste, que l’élève butte simplement sur un trottoir ou soit victime d’un accident ».
De plus, précise Stéphane Develter, président de Develter, « un casque de réalité virtuelle Oculus Rift peut se raccorder à nos simulateurs, permettant une immersion en 3D à 360 degrés. L’élève peut ainsi se retourner pour effectuer une marche arrière ou vérifier les angles morts ».
Chez ECA Group (ex- ECA Faros), Bertrand Saint Jalme, responsable de la zone Afrique et Moyen-Orient, met l’accent sur l’avancée dans le domaine des simulateurs de véhicules militaires, « qui va rejaillir sur les modèles pour auto-écoles. Il sera ainsi bientôt possible d’utiliser plusieurs simulateurs dans le même environnement, sous la direction d’une seule personne ».
De constantes évolutions
Chez Codes Rousseau, le simulateur Oscar, lancé il y a un an et demi, se focalise sur les 5 ou 6 premières heures de conduite (maîtrise mécanique du véhicule). « Les élèves veulent rapidement conduire une vraie voiture », souligne Michel Goepp, président de Codes Rousseau. Nous envisageons cependant de lancer des modules spécifiques complémentaires, comme par exemple un parcours sur autoroute, afin d’aider l’enseignant à traiter ce qu’il n’a pas l’occasion d’appréhender en circulation. Oscar pourrait à l’avenir aller dans le sens de la DSCR, qui souhaite que le simulateur soit utilisé pour le post-permis ». Enfin, Oscar est relié au suivi pédagogique centralisé EasySystème, afin optimiser le suivi pédagogique.
De même, chez Ediser, les simulateurs sont également connectés au système de suivi pédagogique de la marque. Et désormais, souligne Xavier Consorti, président d’Ediser, « lorsqu’un élève a effectué toutes les phases d’apprentissage, sa fiche est automatiquement transmise à la banque de données de l’auto-école. Enfin, pour suivre le REMC, nous avons découpé le travail sur simulateur en deux parties : l’auto-formation (maîtrise du véhicule) et l’apprentissage des situations à risque (possible avec plusieurs élèves), avec un enseignant ».
Pour sa part, Sylvain Chaplain, technico-commercial chez ENPC, indique que si le modèle Sime Drive, lancé il y a un an et demi, « n’a pas connu d’évolution majeure, il devient de plus en plus proche de la réalité, grâce au travail effectué sur le réalisme des commandes ». Et pour un suivi pédagogique optimal, le Sim Drive communique avec les logiciels et tablettes embarquées Timéo de la marque.
C. S.
The Good Drive : bilan 1 an après
Le simulateur n’est plus le seul moyen d’apprendre virtuellement à conduire. Le « serious game », entre jeu vidéo et simulation de conduite, est apparu à l’été 2015 sous le nom de The Good Drive, la start-up qui l’a développé avec Renault et ECF. À l’auto-école ou chez lui, devant un écran d’ordinateur, l’élève dirige le véhicule à l’aide de son smartphone, qui remplace le volant. Le jeu intègre 15 étapes, les élèves devant notamment apprendre à maîtriser leur trajectoire et adopter une vitesse régulière et adaptée. Présenté comme un outil complémentaire à la formation à la conduite, The Good Drive permet notamment de baisser le coût du permis, en réduisant le volume d’heures de conduite.
Le président d’ECF, Bruno Garancher, dresse le bilan de The Good Drive, un an après son lancement. « C’est un succès, puisque près de la moitié des 400 agences ECF l’ont inclus dans le prix du forfait. Ce déploiement va se poursuivre durant l’été. De plus, cet outil pédagogique peut désormais être utilisé sur la quasi-totalité des ordinateurs, même anciens. Nous constatons que l’utilisation de The Good Drive permet de faire diminuer le nombre d’heures de 10 à 15% en moyenne, voire 25% pour les plus doués ».