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handshake Congrès professionnels — Juillet 2016

-53e congrès CNPA -
« Agir pour votre avenir »

Le 53e congrès du CNPA-ER s’est tenu du 13 au 15 mai dernier, à Deauville, dans le Calvados. Si la destination incitait à la détente, ce congrès s’est révélé très studieux. Il est vrai que l’on assiste actuellement à une mutation sans précédent de la société qui n’est pas sans conséquences pour le secteur de la formation à la conduite.


De prime abord, cela ne saute pas forcément aux yeux. Pourtant le logo du CNPA-ER a légèrement évolué. Il adopte désormais une signature : « Agir pour votre avenir ». Une petite phrase qui claque comme un slogan, mais qui en dit long sur la volonté d’action du syndicat. Il faut dire qu’à l’heure du tout numérique, la société est en pleine mutation économique. Une révolution extrêmement rapide que beaucoup n’avaient pas vu venir et qui touche désormais nombre de métiers, dont l’auto-école. Un bouleversement des valeurs fondamentales de notre société qui n’est pas sans poser question comme l’a fait remarquer Francis Bartholomé, président du CNPA national (toutes branches confondues) : « Il y a des professions réglementées comme les auto-écoles et on ne peut pas tout changer d’un coup de pied dans la fourmilière. Qui va payer les retraites et la santé des Français s’il n’y a plus de cornichons, à savoir nous, pour payer des taxes ? »

Le modèle low-cost sur la sellette
Une interrogation avec en ligne de mire à peine déguisée : les auto-écoles numériques accusées de pratiquer du low-cost. Si la notion de low-cost n’est pas nouvelle, ce phénomène a touché récemment le secteur de la formation à la conduite. Lors d’un atelier, Maître Denis de la Burgade a présenté une analyse de ce modèle économique. Ainsi, le low-cost est une nouvelle manière de produire sans être forcément hors-jeu. Il s’agit de dépouiller l’offre en revenant à la structure originelle du produit, ce qui permet de standardiser le produit et d’en réduire les coûts, tout en respectant la loi, notamment le droit du travail.
« Dans le cas de l’auto-école en ligne, la règle n’est pas forcément respectée », souligne Denis de la Burgade, rappelant que pour obtenir un agrément, un établissement de formation à la conduite doit avoir un local. Mais le low-cost fait sa révolution dans l’auto-école. Il faut dire que le développement de ces auto-écoles, dites low-cost, « s’appuie sur la rupture avec l’auto-école traditionnelle qui est présentée comme « immobile, désuète, voire inadaptée ».
Denis de la Burgade distingue deux modèles. Le premier est celui de l’auto-école 100% en ligne qui propose de mettre en relation les élèves avec des moniteurs équipés de leur propre véhicule-école. L’élève se présente alors seul à l’examen. « C’est le modèle d’Ornikar. Et là, on assiste à l’uberisation de la formation à la conduite », estime l’avocat. Le second modèle est la plateforme de réservation en ligne, adoptée par PermiGo, auto-école.net ou le permisenligne, par exemple. Si le ministre de l’Économie « Emmanuel Macron est défavorable aux plateformes, il a cependant un regard bienveillant et souhaite faire évoluer les textes. Il faut donc rester très vigilant », prévient Denis de la Burgade, avant d’énumérer quatre points essentiels à faire respecter pour éviter tout dérapage :
- L’agrément doit être délivré au niveau départemental. Cela évite qu’un seul agrément permette à une plateforme de couvrir toute la France.

- L’évaluation préalable doit être réalisée de visu. Mais il aurait fallu spécifier qu’elle doit être faite dans les locaux de l’auto-école et non pas dans le véhicule. Car si un local est fixe, un véhicule peut bouger et se déplacer d’un département à l’autre.
- Les véhicules d’apprentissage doivent tous être rattachés à l’auto-école nommée. Encore une fois, cela permet d’éviter qu’un véhicule ne se balade sur le territoire.
- Enfin, le personnel doit être également attaché à l’auto-école dans laquelle l’élève est inscrit.
Des mesures que revendique bien évidemment le CNPA-ER. Pour autant, le syndicat n’est pas réfractaire à toute évolution.
« Non, les auto-écoles ne sont pas ringardes », s’est exclamé le pétulant président du CNPA-ER, Patrice Bessone.

Création d’une commission nouvelles technologies
Pour preuve, une « Commission nouvelles technologies » constituée de Nicolas Boissel, Stéphane Croci, Yann Le Dantec, Emmanuel Masson, Alain Martin, Yvette Siffointe, Loïc et Nicolas Turpeau, réfléchit actuellement à l’auto-école digitale 2.0. L’objectif est d’optimiser le temps de l’exploitant grâce à l’utilisation optimale des nouvelles technologies. Pour ce faire, la commission travaille avec les éditeurs pédagogiques Codes Rousseau et ENPC pour développer des logiciels de gestion qui centralisent toutes les tâches – ce qui est déjà le cas pour nombre de fonctionnalités.
Le CNPA croit également au label green 2.0 qui préfigure l’auto-école de demain et qui s’inscrit dans la lignée de la COP21 durant laquelle le CNPA s’est engagé à prendre soin de la planète via la mise en place de diverses actions.
Enfin, signe qu’il faut vivre avec son temps, le CNPA national a inauguré le 2 mai dernier sa Web TV qui présentera une émission à chaque fois que l’actualité de la branche automobile en fera sentir la nécessité. Et actualité oblige, c’est le CNPA-ER qui a ouvert le feu avec une interview de Patrice Bessone et un reportage sur la manifestation du 29 février dernier.

Retour sur l’échec de la mise en place de la nouvelle ETG
Car si l’on ne peut occulter les nouvelles technologies, il ne faut pas non plus oublier la réalité du terrain. En l’occurrence, Patrice Bessone n’a pas manqué de faire remarquer à Emmanuel Barbe, délégué à la sécurité et à la circulation routières, venu rencontrer les congressistes, que la chute vertigineuse du taux de réussite de l’ETG était prévisible. « Je rappelle que le CNPA a tiré la sonnette d’alarme dès le 29 février, lors de notre manifestation, car nous craignions que la mise en place hâtive de la nouvelle ETG ne provoque un échec massif à l’examen ».
Sur ce point, Emmanuel Barbe a reconnu : « Nous nous attendions à une baisse mais pas d’une telle ampleur. Nous avons alors réagi très rapidement en retirant les questions sur lesquelles on constatait le plus d’échec et le taux de réussite est remonté à 70% en deux semaines. Pour autant, nous n’avons pas bradé l’examen ». Selon le délégué, les questions retirées ne présentent pas de difficulté particulière, mais ont pu surprendre les candidats pas assez préparés à cet examen d’un genre nouveau. Après étude des problèmes posés, « les questions seront réintroduites ». Furieux d’avoir été tenu à l’écart avant la mise en place de la nouvelle ETG, le CNPA demande, cette fois, à voir les questions avant qu’elles ne soient réintroduites.

Un fond de solidarité pour le permis à 1 euro par jour
Dans cette actualité très chargée et souvent sombre, le CNPA peut cependant se réjouir de quelques bonnes nouvelles. C’est le cas du CECUR (Continuum éducatif du citoyen usager de la route) qui a pour vocation d’instaurer une formation post-permis obligatoire. Ce dispositive semble avancer doucement mais surement et « devrait permettre aux professionnels de l’auto-école d’exercer le cœur de leur métier », a déclaré Patrice Bessone. Ce dernier a par ailleurs précisé que le CNPA demandait qu’il soit mis en place dès le 2e semestre 2016 avant de préciser que si le CNPA est favorable au CECUR car il s’inscrit dans une démarque qualité du métier, le syndicat refuse la mise en place de contrôles d’auto-écoles effectués par des inspecteurs du permis de conduire.
Autre point positif : un fonds de solidarité pour le permis à 1 euro par jour que le CNPA propose d’abonder par la profession elle-même devrait enfin voir le jour. En effet, le dispositif lancé en 2005 pour venir en aide aux plus démunis avait quelque peu manqué sa cible. En cause, la garantie financière exigée pour obtenir le prêt. Comme dit le dicton populaire, « on ne prête qu’aux riches ». En d’autres termes, les jeunes les plus concernés par le système n’arrivaient souvent pas à convaincre les banques de leur capacité à rembourser le prêt et ne pouvaient pas bénéficier du permis à 1 euro par jour. La création de ce fonds permettrait de remédier à cet écueil. Patrice Bessone a profité de la présence d’Emmanuel Barbe pour demander d’accélérer le processus afin que le fonds de solidarité puisse être mis en place au 1er septembre 2016. Sans prendre d’engagement sur une date précise, le délégué s’est montré très attentif à cette requête.
Enfin, Emmanuel Barbe s’est dit très inquiet concernant les centres PAP qui pratiquent des prix bas et a rappelé qu’une vaste vague de contrôles avait été lancée pour vérifier que le cahier des charges était bien respecté. De quoi redonner du baume au cœur aux auto-écoles qui font correctement leur travail.
S. A.





Nouvelle présentation gratuite après un échec à l’ETG
Une semaine après la tenue du congrès, la DSCR a indiqué dans un communiqué que « les candidats ayant échoué à la nouvelle épreuve théorique, entre le 2 mai (date de mise en place de la nouvelle banque de questions) et le 12 mai (date à partir de laquelle le taux de réussite est revenu au niveau habituel) », peuvent « se représenter, une fois suffisamment formés, dans un centre d’examen non externalisé, pour lequel l’État ne requiert aucun paiement. Des places supplémentaires ont été ouvertes à cet effet ».


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