Des auto-écoles ont été touchées par les intempéries survenues dans plusieurs départements entre fin mai et début juin. Après le constat des dégâts, parfois lourds, elles doivent se réorganiser et relancer leur activité.
Une partie du pays a pris l’eau entre fin mai et début juin. Des rivières ont débordé, des routes ont été coupées et des habitations ont été évacuées, causant de nombreux dégâts et des victimes. Plusieurs auto-écoles ont été sinistrées, alors que d’autres ont échappé de peu aux dégâts.
« Ni eau, ni électricité, ni téléphone pendant quatre jours »
À Nemours (Seine-et-Marne), Guillaume Buisson, responsable de l’auto-école Buisson, s’estime « particulièrement chanceux. Le sol et la peinture ont été abîmés, mais j’ai pu sauver le matériel. » Le local, remis à neuf pour l’ouverture de son auto-école, quelques jours avant le début des intempéries, fera toutefois l’objet de travaux. En attendant, « les élèves ont été contactés et nous essayons de nous organiser du mieux possible ».
Plus de peur que de mal à l’auto-école Les A Typics, à Romorantin (Loir-et-Cher). Marc de Manterola, le responsable de l’établissement, avait pourtant anticipé les crues en évacuant l’ensemble du matériel.
« Jusqu’à 1,30 m d’eau était annoncé près de l’auto-école. J’ai fermé pendant deux jours, le temps d’enlever les affaires et de les remettre. » Au final, l’eau s’est arrêtée à 4 m des locaux.
Pour sa part, Corine Bourdeaux a mesuré jusqu’à 1,20 m d’eau dans les bureaux de son auto-école CER AEB de Nemours. « On a eu ni eau, ni électricité, ni téléphone pendant quatre jours. Il faut commencer à se réorganiser, à prévoir certains travaux. Au final, je pense qu’on ne rouvrira pas avant le mois de septembre. »
« On a dû prendre un canoë pour constater les dégâts »
L’auto-école du Champ-de-Mars, elle, se trouve à quelques dizaines de mètres du Loing, à Nemours. « Nous sommes au front, indique Laurent Dillenschneider, responsable de l’établissement. L’eau est restée trois jours dans les locaux. Elle est montée jusqu’à 1,20 m. Nous avons dû prendre un canoë pour y accéder et constater la situation. » Dans l’urgence, l’équipe est parvenue à sauver du matériel, notamment un simulateur. Le parc moto, en revanche, s’est retrouvé sous l’eau. « On a perdu neuf deux-roues. Seul un scooter est en état de marche. »
Au final, l’auto-école aura été fermée pendant dix jours. Éclaircie dans la grisaille, ils ont pu sauver les dossiers, « ce qui a facilité la relance de l’activité. On a contacté rapidement les élèves pour planifier les leçons. »
Même si l’ensemble des dégâts n’a pas encore pu être chiffré, Laurent Dillenschneider estime le sinistre à environ 80 000 euros. « Nous avons rapidement débloqué des fonds auprès de l’assurance afin de rouvrir les locaux au plus vite. »
Quid des assurances ?
Patrick Crespo, président de CER, rappelle que « l’assurance relative aux inondations prend en charge les sinistres liés à la dégradation des locaux et du matériel. Pour les voitures, une assurance couvre également les dommages. Par contre, en ce qui concerne les pertes d’exploitation générées par une suspension de l’activité, il est nécessaire de souscrire à un contrat supplémentaire, ce qui n’est pas toujours le cas. »
Même si le coût engendré par les dégâts est pris en charge par l’assurance, « il faut prendre en compte la valeur dépressive des biens. À l’arrivée, les sinistrés ne seront pas forcément indemnisés intégralement par rapport à l’investissement de départ », juge Patrick Crespo. Des dispositifs existent pour venir en aide aux auto-écoles. Le CNPA, par exemple, dispose d’un fonds de secours alimenté par une partie des cotisations. Il sert à indemniser les adhérents victimes d’intempéries.
Plus de 800 communes ont été placées en état de catastrophe naturelle début juin, en attendant que d’autres demandes soient traitées. Cet arrêté pris en conseil des ministres devrait accélérer l’indemnisation des victimes des inondations et permettre aux auto-écoles concernées de se remettre à flot rapidement.
A. B.
Des auto-écoles au ralenti pendant la pénurie d’essence
L’attente a été longue, parfois pénible. Pendant une dizaine de jours, au mois de mai, les automobilistes ont dû faire face à une pénurie de carburant dans une partie du pays en raison de la grève dans les raffineries, les dépôts de carburant et les terminaux pétroliers. Les auto-écoles ont fait partie des secteurs les plus concernés. « En période normale, elles font un plein tous les deux à trois jours, rappelle Frédéric Martinez, directeur de l’ECF. Là, pendant dix jours, l’accès aux pompes a été compliqué, notamment en Bretagne, en Normandie et en Île-de-France. » Pas d’arrêt d’activité enregistrée, selon Frédéric Martinez, mais de nombreuses difficultés pour se réapprovisionner et pour assurer la totalité des leçons. « Une auto-école du 12e arrondissement de Paris, notamment, a dû mettre l’ensemble du personnel aux 35 heures et supprimer les heures supplémentaires. Ils ont envisagé de procéder à du chômage technique, mais la pénurie s’est arrêtée à temps. »
À l’arrivée, la situation a été gérée tant bien que mal. De quoi faire relativiser le directeur de l’ECF : « Ça a été l’occasion pour les enseignants d’insister un peu plus que d’habitude sur la pratique de l’éco-conduite. »