Aujourd’hui, seuls les exploitants ont obligation d’effectuer des stages de réactualisation des connaissances. Mais l’aboutissement du titre professionnel va permettre à la profession de plancher sur la question de la formation continue pour les enseignants.
Certes, l'arrivée du titre professionnel en lieu et place du Bepecaser sonne le terme d'un des plus gros chantiers de révision de l'accès au métier d'enseignant de la conduite. Mais pour aller au bout de cette réforme, la profession va désormais devoir s'intéresser à d'autres projets, conformément à la mesure n°15 du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) de janvier 2009. Parmi les objectifs annoncés à l'époque par le gouvernement de François Fillon figurait celui de « rendre obligatoire la formation continue de manière à permettre un déroulement de carrière des enseignants de la conduite ». Car si cette obligation existe depuis l'arrêté du 18 décembre 2002 (paru au JO le 9 janvier 2003) pour les exploitants d'auto-école, ce n'est pas le cas pour les moniteurs.
Professionnaliser l'enseignement de la conduite
« C'est une aberration de constater que la formation continue ne concerne que les exploitants, tout autant qu'il est aberrant de ne toujours pas avoir de véritable déroulement de carrière pour les enseignants », se lamente Alain Catala, membre du directoire de l'UNIDEC et référent pour la formation des moniteurs. L'avis de ce dernier est partagé par Michel Schipman, vice-président du CNPA. « La formation continue est, avec la réforme du BAFM, l'un des 2 gros chantiers à venir maintenant que le titre professionnel a abouti, annonce-t-il. C'est un projet essentiel car on ne peut pas laisser les professionnels s'adapter tout seul aux nouveaux outils ou, pire, les laisser passer des années dans le métier sans se remettre à jour ». Néanmoins, instaurer ces stages obligatoires prendra du temps et en attendant que cette mesure ne soit officielle, les centres de formation constatent les lacunes accumulées par des moniteurs sur certains points du métier. « Par exemple, beaucoup utilisent des motos de catégorie A pour leurs cours alors qu'ils ne possèdent que le niveau A2. Pourtant, pour se mettre en règle, il suffit faire un « stage passerelle » de 7 heures. Cela fait partie des prestations que nous proposons », indique Michel Schipman, dont l'auto-école est affiliée à l'Anper.
Pour Hervé Baptiste, directeur de l’organisme de formation Davantages, il ne faut pas attendre l'obligation de formation continue pour effectuer des stages de perfectionnement.
Être proactif
« Il faut décorréler l'obligation de formation et l'acte de formation et penser que si l'on se forme, c'est d'abord parce que cela représente une utilité avant d'être une contrainte ».
Chaque année, plus de 500 moniteurs prennent part aux sessions proposées par Davantages, notamment concernant le REMC ou la nouvelle ETG. « On voit que même si notre stage sur le REMC reste le plus demandé, beaucoup nous ont sollicité en cette année 2016 pour les aider à s’adapter aux nouvelles questions du Code de la route, explique le directeur. Chez Davantages, nos formations ne sortent pas de notre chapeau mais répondent à une demande expresse de la part de nos stagiaires ». Afin de permettre au plus grand nombre de se former, l’organisme table sur des formats courts (deux ou trois jours) et des tarifs modérés. « Nous estimons qu’il s’agit du bon équilibre entre une durée permettant une formation de qualité et une facilité de libération du salarié par l’employeur », justifie Hervé Baptiste. D’autant qu’une partie du coût de ces stages peut être pris en charge par Pôle Emploi si le demandeur est entre deux contrats ou par l’Association nationale pour la formation automobile (ANFA) grâce aux cotisations de la profession à cet effet. En attendant l’obligation de ce type de démarche, les enseignants de la conduite sont prévenus : des solutions existent pour se perfectionner dès aujourd’hui.
B. V.
Le compte personnel de formation, késako ?
Entré en vigueur le 1er janvier 2015 en lieu et place du droit individuel à la formation (DIF), le compte personnel de formation (CPF) est un dispositif de financement de la formation continue. Celui-ci s’adresse à tout salarié et « concerne les formations courtes » comme le précise Hervé Baptiste, directeur de Davantages Formation. Alimenté à raison de 24 heures par an jusqu’à 120 heures pour un salarié à temps plein, le CPF facilite l’accès à la formation dans un but de sécurisation des parcours professionnels. À ce titre, l’aspect personnel du compte permet à tous de conserver les heures cumulées même si leur situation évolue. Quant à l’utilisation de ces heures, elle se fait au gré du titulaire du compte et peut être complétée par une aide de l’OPCA de sa profession ou du Pôle Emploi s’il est en recherche d’un travail. Plus d’informations sur moncompteformation.gouv.fr.