Une circulaire du ministère de l’Intérieur envoyée aux préfets de région demande le renforcement de la lutte contre l’insécurité routière.
Début avril, les préfets de région et les directeurs de la police et gendarmerie nationales ont reçu une note datée du 31 mars dernier et signée de la main de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. La directive fixe différents points de renforcement de la lutte contre l’insécurité routière suite aux 2 hausses successives de la mortalité routière de 2014 et 2015.
Alcool et stupéfiants : un dépistage élargi
Le ministre met particulièrement l’accent sur le dépistage des « conduites sous l’empire d’un état alcoolique et les conduites après usage de stupéfiants ». Selon les modifications du Code de la route dictées par l’article 45 de la loi Santé (loi n°2016-41 du 26 janvier 2016), le cadre permettant aux forces de l’ordre de procéder à ce type de dépistage est élargi. En effet, en dehors des campagnes de dépistage, policiers et gendarmes ne pouvaient jusqu’alors effectuer ces tests que suite à des infractions graves voire, dans le cas des stupéfiants, qu’après un accident corporel. Dorénavant, toute infraction pourra être suivie d’un contrôle d’alcoolémie et/ou d’usage de stupéfiants.
Les deux-roues dans le collimateur
Par ailleurs, la circulaire cible également les deux-roues. Ainsi, Bernard Cazeneuve demande expressément aux forces de l’ordre « de veiller à ce que des contrôles spécifiques des deux-roues motorisés soient mis en œuvre, portant sur le respect des vitesses pratiquées et des caractéristiques techniques d’homologation ». Une consigne injustifée selon la Fédération française des motards en colère (FFMC). « Depuis 15 ans, le nombre de décès sur la route dans la catégorie deux-roues motorisés enregistre une baisse de 35 % pour les motos et de 68 % pour les cyclomoteurs », précise la fédération dans un communiqué.
Enfin, la circulaire fait état d’un objectif de doublement « à très court terme » du taux d’utilisation journalier des voitures-radars. Une ambition que la privatisation future de ces véhicules devrait permettre de concrétiser.
B. V.