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school Formation — Janvier 2016

- Fondation hospitalière Sainte-Marie -
L’indispensable regard médical

Dans ses 2 établissements franciliens (Paris et Noisy-le-Sec), la Fondation hospitalière Sainte-Marie reçoit des personnes souhaitant évaluer leur aptitude à la conduite. Zoom sur une étape essentielle de la formation des personnes handicapées.


Depuis le 21 décembre 2005 sont arrêtées les affections médicales soumises à une visite médicale dans le cadre de l’obtention ou du maintien du permis de conduire. Au total, pour les permis du groupe léger, 6 catégories d’incapacités sont répertoriées : pathologies cardio-vasculaires, altérations visuelles, otorhino-laryngologie-pneumologie, pratiques addictives-neurologie-psychiatrie, appareil locomoteur et pathologies métaboliques et transplantations. Travaillant sur les rapports entre conduite et handicap depuis 15 ans, la fondation accueille des patients désireux d’évaluer leur aptitude à la conduite automobile.

Une véritable expertise dans le domaine
Le Dr Dominique Pailler, chef du service de médecine physique et de réadaptation de la Fondation Sainte-Marie, explique que le choix de proposer des évaluations est d’abord motivé par le manque de moyens des médecins agréés par la Préfecture.
« Ces généralistes ne sont pas toujours habitués à traiter ces questions autour du handicap et n’ont parfois pas les moyens de le faire correctement dans leur cabinet, détaille le Dr Pailler. C’est pourquoi des centres de rééducation et de réadaptation ont acquis du matériel pour proposer ce genre d’évaluation. Il arrive même que certaines unités comptent dans leurs rangs des médecins bénéficiaires de l’agrément préfectoral, comme c’est le cas au centre de Kerpape à Ploemeur (Morbihan) ».
À la Fondation Sainte-Marie, l’évaluation préalable à la visite médicale s’effectue en 3 temps. En premier lieu, le patient rencontre des médecins du service pour réaliser une étude de compensation du handicap.
« Il s’agit d’établir les besoins analytiques et fonctionnels du patient dans la cadre de la conduite, justifie le chef du service. Schématiquement, dans le cas d’un handicap moteur par exemple, on va regarder lesquels des 4 membres sont utilisables et fiables dans la durée, sachant qu’il en faut au moins 2 pour conduire ». Quant à la définition d’un membre utilisable pour conduire un véhicule, le spécialiste écarte immédiatement les prothèses. « Cela reste un objet, une technologie qui, par définition, peut casser ou dysfonctionner à tout moment. Je considère que ce n’est pas sécuritaire de prendre le volant dans ces conditions », martèle-t-il.
La deuxième étape du processus d’évaluation, prise en charge conjointement par un ergothérapeute et un médecin du service, dure environ une heure et consiste à déterminer les possibilités de conduite et les appareillages échéants. Enfin, ce n’est qu’à l’ultime stade du bilan que le patient se retrouve derrière un volant, accompagné d’un ergothérapeute et du moniteur auto-école spécialisé de la fondation. Pendant une nouvelle heure, les équipements préalablement envisagés vont être testés. « Au terme de la séance, un briefing est effectué avec le patient. Nous lui expliquons notre décision et rédigeons dans la foulée un rapport complet de nos conclusions à remettre au médecin chargé de la visite médicale », décrit Dominique Pailler avant de rappeler que la Fondation Sainte-Marie est « Centre Ressources régional dans le domaine de la conduite pour les handicapés ». Par ailleurs, le médecin rappelle que son établissement n’est en aucun cas une auto-école car « il ne s’intéresse qu’à l’aspect médical du handicap, y compris dans le cadre de la conduite » avant d’ajouter « qu’il arrive parfois que la fondation reçoive des gens envoyés par des auto-écoles dont le moniteur a un doute quant à la capacité de son élève à prendre le volant sans avis spécialisé ».
B. V.


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