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school Formation — Janvier 2016

- Conduite au joystick -
Une association pour financer une mobilité rare et chère

Afin de financer son permis de conduire, son futur véhicule et aider d’autres personnes dans la même situation que lui, un jeune Lyonnais a créé une association pour récolter des dons.


L’association Indépendance et Solidarité est née en novembre 2014, fondée par Mehdi Belbachir, myopathe de 23 ans originaire de Lyon. Sa pathologie ne lui permettant pas de conduire un véhicule sans joystick ni fauteuil embarqué, il a mis sur pied cette entité afin de récolter des dons et trouver des partenaires pour l’accompagner financièrement dans sa quête de mobilité personnelle. Sans oublier les autres citoyens affectés par un handicap semblable au sien. « La formation coûte cher et pour des gens qui, comme moi, ont besoin d’une auto-école adaptée au joystick, contrôle vocal et autres, le choix est plus que limité, explique-t-il. Des centaines de personnes sont aujourd’hui dans cette situation en France et l’association est là pour sensibiliser l’opinion et les aider à financer leur accès à la mobilité ».

La cagnotte gonfle… doucement
Pour autant, si quelques pièces sont d’ores et déjà venues remplir la tirelire d’Indépendance et Solidarité, la somme est encore faible pour répondre aux besoins de son fondateur et, a fortiori, de ses homologues. « Pour l’instant, 4 000 euros ont été récoltés. Le chiffre n’est pas énorme mais il n’y a pas de petits dons », insiste Mehdi Belbachir. Néanmoins, les 130 000 euros que le jeune homme espère recueillir paraissent encore loin et ce malgré l’aide de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), laquelle est plafonnée à 5 000 euros.

Une formation onéreuse pour les candidats… et les auto-écoles
Si la mobilité des personnes n’ayant d’autre alternative que la conduite au joystick demande d’importants sacrifices financiers, il en va de même pour les auto-écoles souhaitant s’équiper pour proposer ce genre de formation très spécifique. Pour preuve, les établissements marchants incluant le joystick dans leur offre handi’conduite sont extrêmement rares. « Il m’a fallu aller en région bordelaise pour trouver une formation adéquate, raconte-t-il. Passer mon permis m’a coûté 5 200 euros et une cinquantaine d’heures de leçon avec des journées où je prenais le volant pendant 4 heures pour un tarif horaire doublé, atteignant 80 euros. Le permis coûte cher mais la mobilité est essentielle pour trouver un travail et, même si le chemin est long, le soutien des gens me pousse à aller jusqu’au bout de mon projet ».
Aujourd’hui, Mehdi Belbachir a son permis de conduire en poche après l’avoir décroché en octobre 2014. Il continue également de donner des nouvelles de son projet sur une page Facebook dédié et se montre confiant quant à l’acquisition d’un véhicule personnel et la possibilité d’aider quelques autres personnes. « C’est très fort de savoir que je peux réussir grâce à tous ces soutiens. D’ailleurs, je remercie encore le moniteur et gérant de l’auto-école qui m’a formé ».
Avant de rappeler à qui veut l’entendre que venir en aide à des gens dans sa situation est, certes, « un challenge pour une entreprise mais un vecteur de valeurs essentielles telles que la solidarité ».
B. V.


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