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edit_note Examens — Janvier 2016

- Jean-Pierre Coldefy -
« Assurer plus d’équité en examen »

Gérant et moniteur d’auto-école pendant 40 ans, Jean-Pierre Coldefy revient sur son ouvrage Le permis de conduire : la loi du silence, dénonçant notamment les abus de pouvoir de certains IPCSR.


C’est après une longue réflexion que Jean-Pierre Coldefy, moniteur d’auto-école retraité, a décidé de rédiger Le permis de conduire : la loi du silence, paru aux Éditions Baudelaire. L’auteur revient sans détour sur son travail dénonçant, entre anecdotes et recherches, l’omerta régnant autour des examens pratiques.

La Tribune des Auto-Écoles : Quel objectif cherchez vous à atteindre en publiant un tel livre ?
Jean-Pierre Coldefy : Je voulais faire ressortir les coulisses des examens telles que je les ai vécues pour montrer la différence d’appréciation des épreuves qui apparait entre les inspecteurs, mais aussi la manière dont les relations entre les auto-écoles et les inspecteurs interfèrent dans la prise de décision de ces derniers. Aujourd’hui encore le candidat peut se retrouver otage des querelles entre les deux parties. Ce livre s’adresse d’abord à la profession pour tenter de faire bouger les lignes. Mais j’espère que cela alertera aussi les pouvoirs publics sur le fait qu’il existe énormément de facteurs susceptibles d’entraver le bon déroulement de l’examen pratique tels que les conditions météorologiques, l’accueil réservé à l’élève, l’humeur de l’IPCSR… et qu’il faut sérieusement se donner les moyens d’assurer d’avantage d’équité et de sérénité durant les tests pour améliorer la situation.

La Tribune des Auto-Écoles : Selon vous, la situation est donc inquiétante pour l’avenir ?
J-P. C. : Même si une majorité d’inspecteurs fait très bien son travail, il y a chez certains des incohérences flagrantes entre le déroulement d’un examen et le verdict rendu. Il me semblait donc important de dire ce que j’ai vu. Peut-être me trompe-je ? Mais j’assume et suis prêt à recevoir d’éventuels retours de bâton. Le dialogue est bien trop souvent étouffé dans ce milieu et quelqu’un se devait de dire tout haut ce qu’un bon nombre pense tout bas par peur de représailles. J’ai pris le risque d’être cette personne car, selon le passionné que je suis, les examens pratiques doivent évoluer sur ces questions bien que le taux de réussite national ne cesse de croître. À ce jour, cela reste aisé pour un IPCSR de « couler » un établissement, par exemple en refusant des candidats pour faire chuter le taux de réussite de l’auto-école et ainsi le nombre de places qui lui est
alloué.

La Tribune des Auto-Écoles : À quels ajustements pensez-vous ?
J-P. C. : Il faudrait donner la possibilité aux élèves de contester une décision qui leur paraît biaisée comme cela se fait en Belgique où un recours existe. De la sorte, si une grande quantité de recours visant un seul inspecteur était déposée, cela alerterait les autorités sur les cas à contrôler plus sévèrement. Je suis conscient de l’important budget que cela représenterait pour l’État mais cela marquerait une progression essentielle pour le futur.

La Tribune des Auto-Écoles : Y compris pour la sécurité routière ?
J-P. C. : Bien sûr ! D’ailleurs, dans mon ouvrage, je m’interroge ouvertement sur la qualité de ma formation sur ce point en posant la question suivante : « Aurais-je enseigné la conduite à mes élèves de la même façon si je n’avais pas eu à me soucier de la gestion des examens mais uniquement de leur sécurité ? ». Il est probable que la réponse soit négative et je fais volontiers mon mea culpa sur cet aspect. Heureusement, l’obligation actuelle de mener l’épreuve à son terme permet une évaluation plus globale de la conduite et non une recherche scrupuleuse d’erreurs éliminatoires.
Propos recueillis par Benjamin Vidal


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